« On se tue au boulot pour acheter des objets de merde qui transforment votre maison en cimetière des éléphants »

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Bon j’ai un peu honte de n’avoir pas mis ce blog à jour juste après ma lecture d’un Marie-Aude Murail. Heureusement que je suis pas payée pour ça hein…

Mais me voici !

Histoire :

Pauvres Doinel ! Ils s’aiment, mais n’ont pas le temps de se le dire. Ils ont chacun leurs angoisses, leurs soucis mais les gardent pour eux. Le père n’ose pas parler du rachat de sa boîte, la mère de sa lassitude devant les fiches de compétences de ses maternelles, la fille de son sentiment de transparence au collège et le fils de sa solitude.

Pourtant, en feuilletant un magazine, chacun d’entre eux tombe en arrêt devant la même photo. Celle d’une yourte mongole plantée dans une clairière bretonne.

 

Avis :

Démarrons sobrement par un peu de jalousie teintée d’admiration : comment faites-vous Madame Murail ? Comment faites-vous ??

Le récit a beau suivre un rythme parfait, assez rapide pour enchaîner les pages, assez lent pour passer tranquille de l’un à l’autre des membres de la famille… Chacun voit sa psychologie très creusée. C’est assez incroyable de se retrouver à ce point dans ces personnages très différents les uns des autres ! Assez admirable que l’auteur ait réussi à passer de l’un à l’autre alors que leur âge, sexe, métier et préoccupations sont tous parfaitement différents !

Ayant traversé le collège en partageant les sentiments de Charline, et travaillant avec des enfants comme la mère, je pensais ne pas trouver d’attache avec Marc Doinel. Quelle erreur j’ai fait là, et c’est aussi la force de ce livre : se prendre d’une totale empathie pour un milieu qu’on ne connait pas. Parce qu’au final, les sentiments de frustration, d’agacement et de provocation qui en découle eh bien… on les connait tous.

C’est un peu ça, l’écriture de madame Murail, c’est universel. On rit, on pleure mais, surtout, on compati. On s’émeut aussi, devant cette famille qui n’arrive pas à trouver une minute pour se dire « je t’aime » et on en vient à se demander si nous, de notre côté, on a pris aussi ce moment pour nos proches.

Papa et maman sont dans un bateau est un texte d’une grande délicatesse, aux répliques piquantes, à la tendresse certaine. A lire, absolument !

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