Archives de Tag: Alexiane de Lys

Méli et Mélo sont sur un bateau

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Y’a plusieurs romans pour lesquels je n’ai pas fait de fiche individuelle. Parce qu’ils étaient sympas mais sans plus, parce que ça date, parce que ça n’aurait pas été long ou parce que c’était trop mauvais : voici l’occasion d’en toucher un mot tout de même.

(Pendant ce temps-là, niveau lecture, je stagne un peu sur « tant que nous sommes vivants« , c’est pas nullissime mais ça me passionne pas (j’accuserais bien Pokémon Lune, mais faut se rendre à l’évidence, je bloquais déjà avant sa sortie))


҉   Broken Soup de Jenny Valentine

Rowan, 14 ans, élève seule sa sœur depuis la séparation de ses parents. Un jour, un inconnu lui tend le négatif d’une photographie qu’elle aurait tout juste laissé tomber. Bien que ce négatif ne soit pas à elle, il va éclaircir sa vie d’un jour nouveau.

J’ai volontairement retiré le morceau du résumé qui spoilait un détail que j’ai aimé découvrir (donc je vous conseille de ne pas le chercher). Une lecture assez mignonne et porteuse d’espoir. J’ai souvenir d’avoir trouvé le twist de la fin un peu too much, mais en ce qui concerne Rowan, c’était une héroïne touchante. Le développement est sympa et les passages sur… sur la raison qui a mené les parents de Rowan à ce séparer étaient très forts.

 

҉    L’Océan au bout du chemin de Neil Gaiman

Un homme, suite à un enterrement, retourne sur les lieux de son enfance. Là, assis sur le banc, il se rappelle Lettie, la jeune voisine.

Une lecture-conte. Peut-être pas mon Gaiman préféré, mais l’univers était prenant, et cette famille uniquement composée de femmes détonne. On retrouve sa capacité à nous plonger dans un univers improbable sans que l’on sourcille. C’est un conte, on prend tout avec le sourire et l’inquiétude du jeune héros.

 

҉   U4. Yannis de Florence Hinckel

Après les ravages du Virus U4, Yannis quitte Marseille pour se rendre à Paris. Il compte bien assister au rendez-vous de Kronos, maître d’un jeu en ligne, qui promet à ses joueurs Experts de pouvoir « remonter dans le temps ».

Je n’ai volontairement pas détaillé ce livre parce que je l’avais déjà fait pour Jules et Stéphane. Je crois que mon préféré restera Jules (je n’ose pas me lancer dans Koridwen à cause de ma mauvaise impression sur Nox, d’Yves Grevet…). Mais Yannis était vraiment chouette pour la notion de traumatisme visible qu’il apporte à l’histoire. J’étais triste qu’elle disparaisse un peu au milieu (en recoupant tous ces récits il y a malheureusement un effet d’accélération au bout d’un moment. On saute d’une scène à l’autre pour se recouper avec un autre roman)

Ce sont quand même de très chouettes persos et un beau projet ! (je vais me lire Contagion maintenant, le recueil de nouvelles)

 

҉   L’exil (les ailes d’émeraude #2) de Alexiane de Lys

Non je ne l’ai pas acheté, une amie a eu la bonté de me le trouver (elle-même l’a regretté ahaha)

Au village des Myrmes, personne n’aime Cassiopée. Elle pourrait cependant vivre avec Gabriel, son grand amour, mais celui-ci a été envoyé en mission loin d’elle. Elle finit par partir.

… Non mais j’avais promis que je ne referai pas de critique complète. Que vous dire ? C’est le même éditeur qui n’en a rien à cirer, donc ça n’a pas été relu, donc c’est une broderie de scènes illogiques et de réflexions incohérentes (je pense qu’il est même pire que le 1 à ce stade. Ça va du lino au plafond d’une grotte aux longues conversations qui se contredisent.) Le tout sur un petit fond sexiste pas piqué des hannetons.

Sur ce point, franchement, je ne crois pas que l’auteur s’en soit elle-même rendue compte. Cette histoire à tout d’une très jeune histoire, on sent que son auteur s’est fait très plaisir (l’héroïne est belle et forte et un homme très beau, on s’envoie des piques à tout va parce qu’on est trop une bande de potes et les personnages secondaires s’effacent dans le fond. Ah, et ça cause aux animaux aussi), tous les ingrédients d’une histoire jeune sous une plume jeune, quoi. Je ne vais certainement pas reprocher à quelqu’un qui aime écrire d’écrire ce qu’il ou elle veut.

Mais on parle d’une édition papier ici, et Nouvelles Plumes devraient peut-être reconsidérer leur travail, on dirait…

Je sais que ça trouve son public, mais c’est le genre de lecture qui me met en colère (ou alors c’est Cassiopée… ses réflexions de la fin m’ont particulièrement donné envie de l’étrangler je dois avouer). Si j’en crois les remerciements, des gens ont relus. Je pense que ça vaudrait le coup de chercher des personnes en plus, des gens qui ne sont pas trop proches de l’auteur (parce qu’à moins d’avoir la BL idéale qui ose te dire quand ça va pas du tout, c’est difficile de corriger ses amis)

(Juste au cas où, après petite recherche je ne crois pas qu’une personne puisse survivre 12 ans dans le coma. Et si elle est vivante, il y a une activité cérébrale active, pas un sursaut pour glisser des coordonnées. Voilà, je m’arrête là.)

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Trop de sapins.

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Voici venir la plus longue critique de mon existence… elle m’a un peu échappée, je l’avoue…

Histoire :

À 18 ans, Cassiopée est contrainte de quitter l’orphelinat dans lequel elle vit depuis ses 6 ans.
Seule au monde, l’adolescente est lâchée dans la ville. Alors qu’elle vient de se faire violemment agresser par deux inconnus, elle fait la connaissance du mystérieux et séduisant Gabriel. Grâce à lui, Cassiopée découvre sa véritable nature : elle fait partie des Myrnes, un peuple ailé doté d’incroyables pouvoirs sensoriels…

 

Avis :

Dans le cadre d’un concours, France Loisir et Nouvelles Plumes ont sortit ce livre. Le résumé présentait une faute sur le site et l’extrait était ma foi… étrange. Je me suis donc arrangée pour me procurer la bête et ma lecture fut laborieuse. Je tiens à préciser que je ne l’ai pas lu seule, je n’ai donc pas le monopole des blagues. Sur ce…

Laissez-moi d’abord vous faire une présentation exhaustive des principaux personnages des ailes d’émeraudes (l’histoire se passant aux État-Unis, on est en droit de se demander pourquoi certains prénoms ont des accents (Cassiopée, Marlène, Manassée). On peut aussi se demander pourquoi leurs surnoms sont Gab et Cass et non pas Gabe/Gaby ou Cassie… mais nous ne le ferons pas) :

Tout d’abord nous avons Cassiopée, la fille douce-mais-forte (oui, comme le PQ) qui ne sait jamais ce qu’elle veut, ne pose jamais de questions sauf quand c’est pas le moment et qui a de sérieux penchants pour la violence (elle traite tout le monde de psychopathe mais, en fait, c’est elle qui l’est…). Cass a les cheveux marrons, est « maigre avec une poitrine proéminente » mais ne se trouve pas belle (bien sûr). Le but ultime de chaque perso de ce livre sera de lui rappeler à quel point elle est maigre (mais bien foutue. Garce.)

Gabriel le Cabillaud, l’Homme du livre qui passe de « grand » à « gigantesque » (j’estime donc qu’il atteint les 3 mètres entre le début et la fin du bouquin), dont la peau devient soudain mate à la page 450 (pour coller avec ses origines Espagnoles et son nom de famille « Paricio » (qui pour le coup fait surtout Italien)), qui est trop fort, trop beau, trop vilain mais qui aime les enfants.

Camille le Gentil mais Rival. Camille est grand (lui aussi), beau (lui aussi) mais Camille est gentil donc non, c’est pas le même que Gabriel.

Saphira l’Insupportable, dont les monologues peuvent aller jusqu’à une demi page de rien du tout (mais on essaye de nous faire avaler qu’elle est très intelligente. Je suppose que le pari est louable, d’une certaine façon…). Saphira sait calculer de la mitose… si c’est pas une forme de génie ça.

L’histoire commence sur un pont. Cass, notre héroïne, a 6 ans et compte le temps que mettra le feu rouge à passer au vert. Il pleut, en face y’a un camion, sa moman aime sa petite fille et tout va bien. Mais tout d’un coup la maman parfaite se met à conduire comme une folle (on veut nous faire comprendre qu’elle a peur du gars dans le camion et qu’elle le fuit… mais personne ne conduit comme elle le fait quand on fuit), du coup sa voiture fait des roulés-boulés (sur un pont, oui), casse la rambarde (en fait ce devait un tank-twingo) et plonge dans l’eau (ballot).

Là, Cass est en mauvaise posture : la vitre arrière s’est brisée et un gros éclat s’est coincé dans son ventre, juste sous la ceinture de sécurité qui le pousse consciencieusement ! Ohlala va-t-elle survivre ?

Ce qui est surtout intrigant, en fait, c’est cet éclat à tête-chercheuse… Dans les voitures les vitres se cassent pas comme une fenêtre, justement. Et vous allez nous faire croire qu’un morceau de l’arrière s’est glissé devant, a trouvé la ceinture, est passé dessous juste pour que Cass ait une vilaine cicatrice sur le bidou ? On doit en être à la page 2 ou 3…

Le temps a passé et, orpheline de mère depuis l’accident, Cass souffre dans un orphelinat de style victorien. C’est abominable, ça lui donne l’impression d’être une sans-abris avec les tapis persans du salon, les canapés en velours et les salles de bain en marbre. En plus, les fenêtres sont mal isolées ! (je tiens à signaler que je cite ce qu’elle dit, là. Elle se compare vraiment à une sans-abris dans un logement précaire). Dans son orphelinat disposant de fenêtres à tous les étages (précisé dans la description, oui oui) où elle a passé son enfance à s’amuser à grimper dans le sequoia jouxtant le chêne du grand parc (sans commentaire…) Cass souffre.

Mais Cass est une fille forte qui ne pleure jamais, que tout le monde aime, sauf les gens de son âge parce que, vous comprenez, elle n’est pas branchée mode et fringues et petits copains comme TOUTES les ados de 18 ans qui logent avec elles !

Oui, Cass est un cliché. Et nous annoncer tout ça d’entrée de jeu ne l’empêchera pas :

  1. de chialer à TOUS les chapitres.
  2. d’être aimée par des gens de son âge en plus des enfants.
  3. De s’organiser une séance shopping « parce qu’on est une fille, on se refait pas » (citation exacte ou presque) quand elle sera poursuivie…

Ce qui en arrive à un autre détail de ce texte… Non, pas les listes comme je viens de faire, même si elles pullulent, mais à l’esprit de contradiction de Cass. Cette fille n’aura jamais le même avis de la page 1 à la page 700. Et c’est pas de l’évolution, mais de la méconnaissance (ou de l’emmerdement, je me tâte encore…)

La directrice veut la convoquer et, pfff, Cass râle parce que la directrice la gonfle mais elle l’aime bien. Elle lui en est reconnaissante mais scrogneugneuh comment lui être reconnaissante de sa vie ? C’est comme grandir sans maman mais en fait la directrice fait un peu la maman de tout le monde alors peut-être grandit-elle comme avec une maman ? Contradictoire, vous disais-je…

« La directrice était grande et mince » (les descriptions, c’est pour les morts…) et conversation :

  • Cass, ma p’tite Cass. Il va falloir que tu te barres bientôt. Tu es trop vieille.
  • Je sais. Et je peux pas poursuivre mes études parce que cet orphelinat n’est pas géré par l’état, vous utilisez votre seul argent d’héritière richissime qui a décidé de construire un orphelinat comme d’autres aurait envie d’aller au cinoche.
  • Exactement. Du coup, maintenant, mes moyens sont limités.
  • J’aurais dû faire un CAP…
  • Mais je te chasse pas, hein ? Oh et au fait, tu te souviens de Martin Kirk ? Le gars qui conduisait le camion à cause duquel ta maman est morte ? Il est sortit de prison pour bonne conduite.

Cass a donc compris : elle devra partir le lendemain matin. Le soir, comme elle est trop gentille et aimée de tous, elle s’occupe de tous les marmots de moins de 13 ans et leur raconte une dernière fois l’histoire qu’elle-même entendait avant de dormir. L’histoire d’un peuple dont des ailes de papillon leur poussaient au contact d’une fleur : OHO.

Un câlin à Tiphaine, sa petite sœur de cœur qu’elle aime trop, et au lit. Mais les adieux en plein jour, Cass est pas sûre de les supporter, alors Cass se barre en plein milieu de la nuit.

Cette fille est une sale égoïste…

Cass se carapate à Philadelphie pour faire sa vie. Elle trouve un job de caissière en claquant des doigts et crèche dans un motel miteux parce que… … bah on sait pas trop pourquoi : pour le plaisir d’être un motel pourri ? Nous découvrons alors une face insoupçonnée de Philadelphie : rues glauques qui se suivent, sales odeurs, clodos qui pullulent, jeunes avec mine patibulaire et chaînes autour du cou (on a UNE description de la populace locale et c’est celle-là quand même : magique. Même les feuilletons de TF1 ne nous offre pas tel cliché), chats faméliques, ruines et j’en passe… Oui, Philadelphie c’est en fait une espèce de vaste téci où le trafic de drogue et la prostitution semblent des boulots tout à fait honorables.

On en est presque déçu que Cass ne soit que caissière, tiens.

Après moult agressions de jeunes et la découverte qu’un type magnifique la zieute quand elle mange le midi à la cafét’ du coin, Cass rentre un soir chez elle. Enfin, à son motel. Elle prend alors la rue glauque et dangereuse de base et tombe sur… sur deux clodos qui veulent la violer et la voler (ou l’inverse, ils avaient pas l’air frais. Je pense qu’ils se partageaient un neurone)

Cass s’y oppose. Cass a peur. Et comme les clochards deviennent un peu trop entreprenants elle leur… casse la gueule…

Genre vraiment. Genre tibia explosé, mâchoire déboîtée et côtes brisées : VRAIMENT. Puis elle se prend un trop sale coup, s’effondre et un gus en marcel surgit de l’obscurité pour achever les deux types.

Laissant deux clodos pour morts il l’embarque plus loin : c’est le beau gosse du Casino-Cafétéria ! Là il l’engueule pour s’être mise en danger et s’en va.

La vie reprend son cours, parce qu’on est d’accord qu’elle va pas s’arrêter pour si peu (…) et… pardon ? Cass a-t-elle prévenue les autorités qu’un homme la stalke (un homme beau, certes, mais quand même ?) et que deux clodos lui ont sauté dessus dans la rue ? Non. Pourquoi me demandez-vous ? « Parce que » répondrait l’auteur. Reprenons :

Cass n’ose plus aller dans les ruelles glauques et dangereuses, ce qui est embêtant parce que c’est plus rapide pour atteindre le motel dans lequel elle sera sûre de chopper une maladie sous peu. Donc, elle décide d’affronter sa peur et de retourner sur le lieu de son agression : là le beau-gosse surgit à nouveau (je répète qu’il est beau à peu près aussi souvent que Cass tient à nous le rappeler) :

  • Mais t’es conne de traîner dans les rues qui craint ! Tu veux te refaire faire le portrait ?
  • Tu me suis, non ?
  • Oui.
  • OMG alors tu les as regardé me tabasser sans rien faire la dernière fois ?
  • Bah, tu te débrouillais bien. Tu les as pratiquement tué. J’ai attendu que tu sois au sol pour intervenir parce que bon, quand même, voilà.
  • Oh, OK. T’es vraiment trop con, je te hais, t’es con !
  • Un « merci » ça passe aussi.
  • Je ne te dirai jamais « merci » en 700 pages de bouquin. Et ce même si tu me sauveras encore 30 fois.
  • Me voici prévenu.
  • Tu t’appelles ?
  • Gabriel.
  • Moi c’est…
  • Cassiopée O’Brien. Ouais j’te salke depuis longtemps en fait. Je sais plein de trucs sur toi sauf ton âge, c’est bête, hein ? Allez, bye bye !

Et à peine a-t-elle le temps de voir que ses yeux sont bizarres qu’il disparaît. Wouah. Quel homme.

Dans un sursaut d’on ne sait trop quoi, Cass décide de partir définitivement (trop d’agressions certainement). Elle retourne donc à l’orphelinat pour voir Tiphaine. Ti… qui ? Mais si, Tiff, sa petit sœur de cœur qu’elle aimait tellement qu’elle est partie sans lui dire au revoir. Attention, hein : elle va pas voir la dirlo et les autres avec qui elle a grandit. Juste Tiff. Qui, c’est ballot, lui fait la tronche : mais deux minutes suffisent à les rabibocher et Cass part.

Elle longe euh… à la lecture ça ressemblait à une autoroute, quand Gabriel surgit dans une bagnole (mais où a-t-il eu son permis au fait ?) :

  • Vas-y grimpe.
  • En voiture avec toi ? Toi le salaud trop magnifique qui me stalke ?
  • Zy-va grimpe.
  • Je t’ai dit que je te déteste ?
  • Oui.
  • Que tu es immonde ?
  • Oui.
  • Que je te fais pas confiance et que tes yeux sont louches ?
  • Ouais.
  • Bon je grimpe, mais parce que je sais pas où aller.

Gabriel la conduit jusqu’à un hôtel de luxe et la lâche là en lui disant que c’est déjà payé, qu’elle doit lui faire confiance et n’ouvrir la lettre qu’il lui met entre les mains qu’une fois dans la chambre. Là, sûrement, elle aura des explications. Cass prend l’enveloppe et pénètre le Ritz.

Après une description incompréhensible d’un escalier décoratif (on a vérifié sur le site du Ritz (que l’auteur a dû consulter) et l’escalier est parfaitement praticable), Cassiopée est conduite à sa suite royale effectivement réservée (et maintenant que j’y pense je me demande bien où ils ont trouvé le fric pour ça…). La chambre est magnifique, une baie vitrée qui va du sol au plafond couvre le salon (et on s’en fiche que ce soit la description même d’une baie vitrée, dans le doute on précise).

Cass estime que les explications, bah, c’est pas pressé (n’est-ce pas… toi ça fait déjà 200 pages que tu veux te tirer une balle mais non, prenons d’abord une douche…). Après une description de l’enveloppe (oui.) où tu ne sais plus dans quel sens elle finit par la prendre, Cass y découvre une fleur fanée scotchée dans le fond. Elle la touche et VLAN : piqûre.

Elle lâche l’enveloppe, va se pieuter, et se réveille plus tard malade comme un chien. Nous sommes ravie d’apprendre qu’elle dégueule et se tape une chiasse de tous les Diables (encore une fois, malheureusement, je n’invente rien). Le lendemain soir elle va un peu mieux mais quelqu’un entre dans la chambre.

S’en suit une rencontre fumeuse avec une armoire à glace russe qui l’agresse et tente de la tuer. Cass riposte avec son tazer, qui fonctionne, et s’enfuit par la fenêtre à l’aide d’un drap.

Oui oui oui… n’allons pas plus loin dans les détails.

Ah oui, elle a brûlé la fleur avant. Bref, Cass se barre et va… dans un motel miteux… …

Cass doit se cacher. Elle rencontre Bob-le-clochard n° 33 (c’était pas Bob mais on s’en fiche) à qui elle file sa carte de crédit pour qu’il retire un peu partout et qu’on perde sa trace. Avant ça elle a passé la JOURNEE à faire du shopping et traîner chez le coiffeur ou Mike, gay cliché de son état, refuse sa demande de la teindre en rousse pour lui faire une teinture noire et lui couper les cheveux au carré.

Fa-sci-nant. Épique. Ridicule au possible.

Durant la journée, quelque chose gêne Cass dans le dos mais bon, comme à chaque fois, elle s’en fout et attend le soir, dans son motel qui craint, pour vérifier ça avant de prendre sa douche.

Cass a des ailes. De grandes ailes de papillon vert émeraude (oh tiens, le titre) qui font l’épaisseur d’une main, ont des os (…) mais qu’elle ne… sent pas… Genre… rien du tout. (plus tard on apprendra que ce sont des muscles qui fonctionnent pas comme les autres muscles et que c’est comme Peter Pan, il faut une pensée heureuse pour qu’elles battent. Des ailes vachement pratiques donc)

De grosses recherches ont été menées sur cette histoire.

Cass cache ses ailes sous son t-shirt (oui mais oui BIEN SUR. Remarquez ce sera de pire en pire ces ailes. Jusqu’au pull « Tiendé » qui est en fait un gilet à l’envers.) et file vers sa chambre où elle n’est pas au bout de ses surprises. Un mal de crâne horrible la frappe et, quand elle s’en remet, elle voit vachement mieux. Elle compte les pattes de la mini-araignée au plafond, détaille la poussière par terre et voit les… les acariens sur le lit ?

L’auteur elle-même aura trouvé ça too much parce qu’on parlera plus d’un seul acarien après ça. Sa vue revient à la normale et Cass s’endort. Narmol.

Dans l’enveloppe, avec la fleur, y’avait un bout de papier avec des indications incompréhensibles. Mais, à l’aide de sa super-vue, Cass y lit une adresse. L’adresse d’un hangar sur le port (on connait tous l’adresse des hangars sur les ports) et la miss retour à l’orphelinat dire adieu à Tiff avant de s’y rendre.

Là, Gabriel ne lui apprend… rien. Tout ce qu’on peut constater c’est que ses yeux font nawak : Cass dit que la pupille fait comme celle des chats mais, en fait, lumière ou pas, les yeux de Gabriel sont juste noirs quand c’est classe qu’ils soient noirs. Logique. Mais Cass voit aussi très bien dans le noir maintenant… et elle accepte que Gabriel lui explique tout.

Du coup, Gabriel l’assomme et lui plante une aiguille pour la droguer. Hem.

Elle ouvre les yeux un coup en bagnole, mais il la re-drogue aussi sec.

Elle se réveille dans un, OUI, vous avez deviné ! Un motel miteux. Attachée au lit, avec Gabriel qui la regarde à côté. On a tous pensé ce qu’on vient de penser.

  • T’es VRAIMENT un salaud en fait !
  • Nan mais c’est la procédure normal pour pas que tu saches où on va.
  • Et tu pouvais pas me prévenir ?
  • Ah ouais didonc, j’y ai pas pensé. Dans la formation on trouve ça plus drôle d’agresser.
  • Nan mais je serai sage maintenant. Me drogue pas.
  • Hmmm non.
  • ARG, bon OK, mais je le fais.
  • Tu t’es déjà piqué ?
  • Nan, mais je le fais quand même.
  • OK.

Donc Cass se drogue et se rendort.

Elle se réveille dans un chalet, en pleine tempête de neige, sous les yeux d’un môme qui se met à brailler « ELLE EST REVEILLEE ». Voilà, vous venez de rencontrer Max, 7 ans, incarnation même du gamin insupportable.

Sa mère débarque, Marlène (tiens, encore un prénom avec un accent), 25 ans. Marlène explique à Cass qu’elle est en sécurité, qu’elle lui ferait bien visiter mais qu’il y a trop de neige, qu’elle a accepté de l’héberger et que tadah ! Bienvenue dans ton nouveau chez-toi.

Entre alors Camille. Camille à la vingtaine, Camille est blond, Camille est magnifique, mais Camille doit être le mari de Marlène, non ? Et bah non ! C’est son fils !

  • Mais on dirait que t’as juste 25 ans ! s’exclame Cass.
  • Oh bah ihihih oui c’est vrai mais euh voilà tu verras que je suis pas la seule comme ça ici.
  • Comme quoi ?
  • Comme… ohlala non je peux pas dire.
  • Moi je serai ton Tuteur, intervient Camille.
  • Donc toi tu peux me le dire ?
  • Non. Ce sera ton prof. Dans une semaine, à la rentrée. Oui, tu vas en classe.
  • Mais alors à quoi tu sers si tu réponds pas à mes questions ?
  • Oh, sur le papier c’est ce que je dois faire ! Mais en vrai je te répondrai pas pendant 700 pages.
  • Oh.
  • De toute façon tu vas vite arrêter de poser des questions.
  • C’est vrai. Hop, voilà, plus de questions ! C’est coquet chez vous.

Bon j’exagère, on apprend quand même finalement un truc : la fleur qui était dans l’enveloppe s’appelait la Caïna (ou caillette pour les intimes) et a permis à Cass sa métamorphose… en Myrme. Les Myrmes sont un peuple de gens aux ailes de papillons avec des super-sens. Comme ils ne sont pas humains, ils se cachent dans cette zone sujette aux tempêtes de neige : on sait pas où c’est, mais le « village » (qui est en fait une série de chalets) s’appelle Tornwalker.

Ce sera le nom le plus anglais du livre, ce qui le rend étrangement ridicule… (enfin c’est « Tornwalker » quoi… « tordu qui marche » ?)

Cass a donc atterrit dans l’endroit où les hommes sont les moins virils possibles (sérieux, des gus avec de grosses ailes de papillons dans le dos !). Enfin des ailes de mites plutôt, parce que Cass apprend les ¾ des gens ont les ailes grises/argentés. Ceux qui, comme elle, ont de belles ailes colorées sont appelés Siléas et, très souvent, les Siléas disposent de plusieurs « Sens-Phare ». Plusieurs sens exacerbés.

  • Mais moi j’ai que la vue, assure Cassiopée.

Mais oui, une Mary-Sue comme toi qui sera une Myrme de base ? Bien sûr.

Camille explique qu’il ne faut surtout pas sortir en pleine tempête de neige. Au contact de la neige, les ailes s’émiettent.

Oui oui. Mais pas de l’eau, hein ? Juste la neige. C’est bien connu que c’est pas pareil. Vous êtes donc sensibles à l’eau (pardon, à l’eau très froide) mais vous vivez au nord, dans les région enneigées. On apprendra d’ailleurs à la toute fin, entre « passe moi le sel » et « y’a plus de PQ » que les Myrmes ne supportent pas la chaleur.

Votre propre corps essaye de vous flinguer en fait.

Mais au final, on s’en fout, parce qu’ils passent leur temps à rouler dans la neige et ça ne fait rien. Pourquoi sortir cette info alors ? Bah on sait pas. Comme la majorité des détails de ce livre, ils sont malheureusement balancés sans logique et, surtout, sans relecture. Les explications s’annulent dans ce livre, c’est fantastique.

J’envisageais de continuer et de faire tout le livre mais… soyons francs… ça va être très long. Là j’ai pas résumé la moitié de la chose, et j’en suis déjà à 5 pages open office, cessons le massacre.

Je n’évoquerai donc que très brièvement les chapitres qui ne servaient à rien, avec en tête celui du match de basket. Cass et ses potos font un match de basket ball et c’est tout. Ça ne mène à rien, ça n’arrive à rien, on apprend rien.

J’aurais pu vous parler de Jeanne, Espagnole de 1500 qui ne tue pas les araignées (passionnant hein ?), de Nathan a qui on a coupé les cordes vocales (sans lui ouvrir la gorge et sans le tuer, chapeau les mecs), de la copine d’enfance qui roule des patins à son copain d’enfance comme ça, sans raison, et du sapin tombé inopinément sur son chalet et qui la pousse à pieuter chez le-dit copain.

J’aurais pu parler des descriptions qui ne vont jamais plus loin que « la forêt est verte et marron et la neige est blanche », des loups qui ne comportent pas en loups (à savoir attaquent des humains sans raisons), de Goliath l’ours que Cass sauve du piège d’un trappeur à 100 mètres du village hyper-caché (mais non, c’est pas grave, ça inquiète personne) et qui devient son meilleur pote (l’ours, pas le village). Il y avait aussi le GPS magique qui permet de cacher complètement le village des Myrmes aux yeux du monde entier (satellites compris). Il y avait aussi Tiphaine qui se glisse dans la voiture de Gab, débarque chez les Myrmes et y crèche parce que c’est vachement mieux que chez nous…

Il y avait les super-sens mal utilisés qui fait que certains entendaient ce qu’ils devaient pas entendre et vice-versa. Les scientifiques fous surgit du néant. Les révélations qu’on avait deviné en page 5. Le couple insupportable que Cass forme avec… allez, vous le savez je suis sûre. J’aurais pu aussi longuement m’attarder sur les tests permettant d’identifier la puissance du Sens-Phare des nouveaux Myrmes (et qui n’étaient ni plus ni moins que des missions commandos : mais là encore, sans réelles raisons). Il y avait Morgane, qui devenait Morgan le temps de deux paragraphes, comme si l’auteur s’était souvenue que son histoire se passait aux États-Unis. Il y avait LUC Skywalker et FranCKstein…

Et depuis que j’ai écris cette critique, il y a eu la fin. A ce stade je me permet de spoiler, si vous n’y tenez pas, passez de suite au paragraphe suivant. Mais comme ne pas réagir à cette… non-conclusion ? Jusqu’au bout il n’y aura pas eu de but, pas d’objectif, pas d’accomplissement. Par contre, l’Homme aura demandé Cass en mariage (lui, 25 ans, elle 18. Ils se connaissent depuis 4 mois, sont sortit ensemble 1 jour avant qu’ils ne se perdent de vue 3 mois. Par pitié dites-moi que vous comprenez à quel point ça me hérisse le poil !). Cass bien sûr, hésite un paragraphe puis dit oui. A aucun moment elle ne réalise que… je ne sais pas… que vous ne vous connaissez pas ? Le mec à le nom d’une fille tatoué sur la peau mais on s’en fiche. Il roule des patins à son amie d’enfance mais… mais non.

C’est l’un des gros soucis de cette histoire, cette absence de réflexion et de logique. Comme si chaque chapitre n’était pas lié aux précédents, comme si chaque piste sous-entendue mourait la seconde d’après. C’est un livre avec des idées, je ne le nie pas, mais trop mal-exploitées et encore trop peu travaillées pour en faire un vrai bon livre qu’on aime, auquel on repense et qui nous fait voyager.

Mais, surtout, ce qui est affligeant, c’est qu’il n’y a eu aucune relecture. Les ailes d’émeraudes sont issus d’un concours qui, si j’ai bien compris, était basé sur le vote des lecteurs. Pour faire simple, avec beaucoup d’amis, il était possible de gagner.

Ça, d’accord. Je trouve ce système bancal dans la mesure où, si la maison d’édition ne se réserve pas le choix final ou la possibilité de mettre un véto sur le gagnant, c’est très risqué. Mais certes, c’est un choix.

Ce qui est plus grave c’est que rien n’a été relu. L’histoire ne marche pas, les incohérences se succèdent, les fautes de français s’empilent et ne parlons pas des répétitions. C’est un premier roman à qui on a même pas daigné offrir de vraies corrections. Pour France Loisir et Nouvelles Plumes, c’est du suicide-marketing (vous pouvez être sûrs que je n’achèterai plus de livres Nouvelles Plumes après ça… surtout que j’ai lu que laisser des fautes était courant chez-eux (y’a mieux comme marque éditoriale, non ?…)).

Pour l’auteur c’est horriblement triste et dégradant. Pour les lecteurs c’est du gaspillage d’argent. Bravo les gars.

Mais je suis d’autant plus surprise du succès de ce livre et du nombre d’excellentes critiques que j’ai pu lire. Vous voulez de la jeunesse déjà un peu plus réfléchie ? Quelque chose de bien écrit, avec de vraies descriptions et des personnages qui vous laissent une marque ? Lisez la 5éme Vague, Hunger Games, Divergent, Harry Potter, Nos étoiles contraires, Hantée, Instinct, la Passe-Miroir, Dis-moi qu’il y a un ouragan, Saskia, BZRK, Gone, Percy Jackson… puis repensez à ce que vous avez dit.