Archives de Tag: amitié

Au cas où vous vous poseriez la question : non, les trèfles à quatre feuilles trafiqués à la colle, ça ne marche pas.

Par défaut

Histoire :

Jude et Noah sont jumeaux. Elle est sociale et radieuse, il est observateur et timide. Elle se dispute de plus en plus avec leur mère, il tombe amoureux de leur nouveau voisin. Ils partagent un amour pour la création – sculpture et dessin – et visent l’école d’art de leur ville.

 

Avis :

Écrire ce résumé a été une vraie plaie car je ne voulais pas trop en dire. L’histoire est partagée entre deux timeline ; l’été de leurs 13 ans avec la voix de Noah et leurs 16 ans du côté de Jude. Le soleil est pour toi parle de famille et d’amour, parle de la vie et du nombre de fois où on se casse la figure.

Le tout est raconté avec une grande sensibilité et de belles images. L’esprit de Noah est un véritable musée, à travers ses yeux les scènes se peignent et s’ornent de nouvelles couleurs, d’une seconde lumière ; Jude fait preuve de sarcasmes et d’une colère rentrée extrêmement touchante. Les deux, incontestablement, se complètent.

La lecture est porteuse d’espoir malgré tout ce qui peut s’y passer et fait du bien. Je ne dirais pas que tout le monde s’y retrouverait, mais les situations de Noah et/ou de Jude ont de quoi réveiller les souvenirs. Premiers émois, perte de courage, chagrins, inquiétudes pour ceux qu’on aime… l’une des situations fera forcément écho.

Sans en faire un récit fantastique, on le sent planer au-dessus des personnages, comme près à les récupérer au besoin. Ça rend l’ensemble intrigant et poétique. Ça adoucit peut-être l’aspect réaliste, mais nous rappelle en même temps qu’il ne tient qu’à nous d’ajouter une goutte d’improbable dans notre univers cartésien. Le monde est libre d’interprétation, et ça peut être très doux.

Publicités

Féo aurait aimé pouvoir lui expliquer que la beauté du monde est en elle-même une sorte de compagnie

Par défaut

 

Histoire :

Féo habite avec sa mère, au milieu des bois, là où la neige peut lui parler et où hurlent les loups. Elles sont maître-loup, leur travail consiste à rendre sauvages des bêtes élevées dans des salons mondains pour amuser la galerie.

Mais quand le terrible général Rakov vient les menacer toutes deux, ainsi que les loups qu’elles ont sauvés, leur monde change brutalement.

Avis :

Le livre est BEAU. Si le thème me plaisait beaucoup, ce qui m’a décidé à l’acheter immédiatement et pas plus tard c’est le soin apporté à la couverture (si belle, si douce, sans surajout de paillettes sur le titre), mais aussi à l’intérieur du livre. Chaque chapitre est orné d’une illustrations, et d’autres pavent le récit (quand ce n’est pas des dessins de jolis flocons ou de sapins en bas des pages <3)

Mais ç’aurait été tout naze si l’histoire ne suivait pas, hein ? Eh bien l’histoire suit. Elle a l’allure d’un conte, clairement, mais les rapports entre les personnages et le temps consacré à l’histoire de chacun offre davantage de profondeur. C’est un très joli mélange bercé par le hurlement des loups.

Féo est une gamine sauvage et sûre d’elle qui m’aurait fasciné étant gamine. Je suis sûre que j’aurais joué à être elle, à braver le froid et la peur au nom de mes convictions. C’est le genre de jeune héroïne qui font voyager. Elle est en plus accompagnée de ses loups, quoi de mieux pour rêver ?

Le récit parle et dénonce l’oppression, les meurtres, le désir d’impressionner autrui en arrachant des animaux sauvages à leur monde. Féo n’a pas la langue dans sa poche et entraîne pleins de monde derrière elle.

Une belle histoire, à lire sous la couette pour se protéger du froid.

« J’ai inscrit nos prénoms dans le sable »

Par défaut

Histoire :

C’est l’histoire de la famille Sinclair ; la grande, belle et riche famille Sinclair qui possède Beechwood, une île paradisiaque.

Pour Cadence, Johnny, Gat et Mirren, c’est une île hors du temps. Tous les étés ils s’y retrouvent et refondent leur groupe, les Menteurs.

C’est leur histoire, mais aussi celle d’Harris Sinclair et de ses trois filles.

Chez les Sinclair il n’y a pas de drogués, pas de laideur, pas de pauvreté ; juste des menteurs.

Avis :

« Qu’importe si l’un d’entre nous est terriblement, désespérément amoureux.

Amoureux

au point

que des mesures tout aussi désespérées

s’imposent.

Nous sommes les Sinclair. »

Il faudrait vraiment que je me prépare une PAL annexe, une dans laquelle il n’y aurait QUE des trucs drôles pour me remettre de ce genre de lecture.

Nous les menteurs est un déchirement à de multiples points de vue, mais c’est surtout une lecture puissante.

Difficile, après quelques chapitres, de trouver les véritables protagonistes. À travers le groupe uni des Menteurs, c’est toute la famille qui est dépeinte, adorée, détestée, mise à nue. Le regard de Cadence, de plus en plus froid, est perturbant : doit-on la croire ? La traiter de vilaine ado ? Doit-on plaindre cette grande famille ou les envier ?

C’est cette oscillation constante qui en fait une lecture si forte (ça et le nœud de l’intrigue, bien sûr, mais je vais y revenir). Plus les chapitres s’enfilent, plus on a l’impression de creuser dans un marasme sans possibilité de marche-arrière. Il est à la fois impossible de se comparer à la famille Sinclair (enfin, personnellement, ma famille ne possède aucune île privée, domestiques et dépendances, hein) et à la fois impossible de ne pas s’y voir. Au moins un peu. Parce qu’avant d’incarner une famille riche, belle et respectable… ils sont une famille avec des morts dans le placard (l’expression, n’est-ce pas ; je ne dis pas qu’on a tous des cadavres sous nos éviers)

 » -Je me demande comment il est possible d’affirmer que votre grand-père possède cette île. Pas au sens légal, mais concrètement.

 -Pitié, ne recommence pas avec la cruauté des premiers colons, a gémi Johnny. »

En ce qui concerne le nœud de l’histoire, la vérité que Cadence apprend petit à petit, je l’ai deviné assez vite. Dur de dire si c’était voulu par l’auteur (je le pense quand même) ou si c’est à force de lire et d’écrire ; le fait est que ce n’est pas un problème du tout. Et c’est ce qui m’a le plus accroché. Tu as beau sentir la vérité gonfler sous tes yeux, prendre la place, menacer de te bouffer… tu ne peux pas t’empêcher de lire. Parce que c’est beau, c’est triste, ça fait mal… ça fait aussi du bien.

Une lecture coup de poing qui te laisse en miette, mais avec un souvenir impérissable.

Encore merci pour le cadeau, Ery <3

« – Tu te souviens de la fois où on est venus ici ? me demande-t-il. Quand on est allés sur ce rocher plat ? »

Par défaut

(Je reprends ici mon article posté au prélable sur le Journal de la Plume d’Argent ; il est un peu différent de d’habitude parce que j’ai eu l’occasion de rencontrer et discuter avec l’auteur (résumé de la rencontre dispo sur le journal de PA, du coup))

Histoire :

Lou aime Kosh et Kosh aime Lou. Cela est une certitude. Leurs frères ne se supportent pas, ça aussi c’est une certitude ; comme le fait qu’il pleut sans interruption depuis huit mois. Eux qui, jusque là, n’étaient pas encore concernés par les refuges et les inondations, doivent soudainement fuir face à la brusque montée des eaux.

 

Avis :

Discuter de son livre avec un auteur change forcément votre vision dudit livre. Ce commentaire aurait été légèrement différent si elle n’avait pas eu lieu (attention, rien de radical, mais tout de même ; je ne mentionnerai pas un ou deux points qui me manquaient à lecture, c’est tout).

Du coup, est-ce que j’ai aimé les Pluies ? Oui, j’ai aimé les Pluies !

Ce matin-là, en se levant, Kosh Kamiesh regarda par sa fenêtre et songea comme chaque jour aux yeux de Lou. […] Kosh n’avait jamais vu leur couleur dans le soleil.

J’ai aimé parce qu’après un moment il casse les codes qu’on croyait avoir trouvés. Ce n’est pas une romance entre deux lycéens qui se le sont avoués – Kosh et Lou sont étonnamment jeunes en vérité – ce n’est pas juste une romance en fait. Si cet amour très fort, un peu incroyable (mais très joliment décrit) porte le personnage de Kosh, il ne supporte pas l’histoire.

Les piliers du roman sont les relations fraternelles – de sang ou de cœur, l’amour – au sens très large histoire de tout brasser, et le voyage. J’ai dû admettre que nos héros bougeaient beaucoup et que ça faisait partie du livre.

Amour et mouvement, donc, draguent l’histoire de son point A à son point B.

Demain probablement, on débarquerait à VillerDams, ce serait de nouveau le règne du chacun pour soit, mais en attendant…

Le changement de point de vue est vraiment agréable (d’autant plus agréable que je sais éventuellement comment ça se bouclera au tome 2) et pose tous les personnages à égalité. Une belle surprise, ça aussi !

Il ne me reste qu’une déception, en réalité. C’est qu’un événement important se produise pendant l’intermède (cet intermède ayant une forme particulière, il marque un rythme différent). C’était très bien écrit, il n’y a pas tergiverser, très touchant aussi à certains moments, mais ce point là… j’ai eu l’impression qu’on le mettait au même niveau que tout alors qu’à mes yeux c’était surprenant que ça arrive et fondamental pour la suite.

Bon, honnêtement, c’était un petit point noir dans un déluge de plaisir (mais quelle poète !).

Les Pluies est un beau roman d’apprentissage. Apprendre à aimer, à protéger, à se responsabiliser, à grandir, à accepter ses mauvaises décisions… Un sacré roman d’aventure, aussi.

J’ai bien hâte de pouvoir poser mes yeux sur le tome 2, il ne me reste qu’à faire des suppositions dans mon coin en attendant !

Ils flottaient au-dessus de la vie d’avant. L’eau était claire, tiède comme celle d’un lagon.

« Je parie qu’on trouve tous les mystères de l’univers dans la main de quelqu’un. « 

Par défaut

Histoire :

Ari, quinze ans, est un adolescent en colère, silencieux, dont le frère est en prison. Dante, lui, est un garçon expansif, drôle, sûr de lui. Ils n’ont a priori rien en commun. Pourtant ils nouent une profonde amitié, une de ces relations qui changent la vie à jamais…

C’est donc l’un avec l’autre, et l’un pour l’autre, que les deux garçons vont partir en quête de leur identité et découvrir les secrets de l’univers.

 

Avis :

Oh mon Dieu, ça m’a fait tellement plaisir de découvrir ce livre ! Je ne sais même pas comment résumer ce qui m’a plu… parce que c’est dur de mettre les mots sur l’immense tendresse que cette lecture m’a inspiré.

La justesse de ces deux personnages qui discutent de pleins de choses (de tellement de choses : eux, le temps, les livres, leurs parents, l’école…) était touchante. L’auteur a su faire un roman de ces conversations parfois profondes, parfois anodines et parfois silencieuses que l’on a avec ses proches. Il a su se mettre dans la tête d’un ado de 15 ans taiseux, qui aime ses parents et les couvre de reproches.

Il a su parler de la vie, en fait. De ses bouleversements et de ses riens.

J’éprouve un amour immense pour ce livre et ses protagonistes. Il fait parti de ceux qui m’auront marqué et je ne m’y attendais vraiment pas.

Donc, pour faire court : lisez ce livre ! (et je vous dit ça avec tout l’amour du monde)

 

« Mais j’ai mieux à te raconter : le soir, je suis allé dans le désert. Je me suis allongé à l’arrière de mon pick-up et j’ai regardé les étoiles en écoutant la radio. Il n’y avait aucune pollution lumineuse. Dante, c’était vraiment magnifique.« 

« Je dois dire que je ne connais rien au monde de plus stressant qu’un réveil. »

Par défaut

Boarf, je vous l’accorde – et m’en excuse – j’aurais mis le temps à la faire celle-là !

Histoire :

Quand Jack Spark, adolescent insomniaque de 15 ans, arrive au ranch de Redrock, Colorado, il ignore que sa vie est sur le point de basculer. Car les méthodes de rééducation appliquées dans ce camp de vacances dédié aux « cas » difficiles ont des effets effroyables. Surtout chez Jack, dont le corps semble subir d’inquiétantes mutations chaque fois qu il est soumis aux séances de thérapie…

 

Avis :

J’aime bien entrer totalement à l’aveuglette dans un bouquin (tout ce que j’en savais c’est ce qu’on m’avait dit pendant mon stage en librairie, entre deux rangements, « oh lui il était sympa ») et y prendre plus de plaisir que prévu ! L’achat s’est fait sur un coup de tête, au salon de Montreuil, alors que nous étions en mission interviews d’auteurs avec une amie. Je me désespérais d’attraper Victor Dixen mais, miracle, nous avons dû tomber sur un fin de dédicace car il était seul ! J’hésitais depuis deux jours, alors j’ai attrapé le cas Jack Spark et voilà !

Le livre fleure bon les débuts littéraires et les maladresses qu’on trouve souvent en romans jeunesses. Les monologues « posons-nous, je vais te raconter ma vie » qui tombent mal à propos (pas tous, mais un particulièrement, malgré les efforts, sonne forcé), les méchants un peu bêbêtes…

Et pourtant, on se laisse embarquer. Et pourtant, on touche du bout du doigts des sujets très variés et des situations presque glauques. Le héros, Jack, est pas courant dans son genre, et ça m’a agréablement surprise. J’ai beaucoup aimé le suivre en tant que narrateur, ainsi que la brochette de personnages qui le suivent. Ce premier tome en huis-clos prend bien son temps, trop peut-être ? Je ne saurais le dire, en fait, car la longueur ne m’a pas tant dérangé en réalité. Elle permettait de poser chaque personnage tranquillement, ce qui fonctionne plutôt bien.

C’était donc un très bon moment, que j’ai passé à Redrock, et il me faudra mettre la main sur la suite !

 

Lecture :

« Si on veut que quelqu’un nous connaisse, il faut lui parler. « 

Par défaut

 

Histoire :

Quand sa prof d’Anglais donne comme devoir d’écrire une lettre à quelqu’un de décédé, Laurel choisit Kurt Cobain. Mais, plutôt que rendre son travail, elle continue. Par le biais de ces étranges destinataires, Laurel raconte : son nouveau lycée, sa famille, ses sentiments, cette nuit-là…

 

Avis :

Beaucoup de douceur dans cette histoire, et une fin qui, même attendue, ne peut que retourner tout en faisant sourire. Love Letters to the Dead aborde des sujets difficiles, mais parfois grâce au filtre du lycée et le choix épistolaire (qui fonctionne vraiment bien !) trouve peu à peu sa force.

Laurel ne parle pas que d’elle, elle a même tendance à éviter d’aborder le fond du problème. Laurel parle de ses nouvelles amies, de ce garçon qui lui plaît, de leurs problèmes à eux ; à travers ces personnages il est question de nostalgie, d’amour et de souffrance.

Mais à côté, petit à petit, Laurel se dévoile. Elle dévoile sa famille éclatée et cette douleur qu’elle tente de cacher au fond d’elle.

En bref, un roman très juste et très beau. Il y a une belle alchimie qui s’opère entre ces lettres et les personnages qui y sont dépeint. On se sent comme ces stars décédées qui ne peuvent que recevoir sans répondre, ça donne de l’importance au lecteur, ça le rend présent sans devenir actif.

C’est embêtant d’en dire si peu alors qu’il y aurait de quoi s’attarder sur pas mal de choses, mais je refuse de vous spoiler (j’encourage même à ne pas lire le résumé qui se trouve sur le rabat du roman, histoire de s’immerger totalement et de TOUT découvrir via le contenu des lettres).