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« Aprire la porta » (avec accent français, s.v.p.)

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« J’ai trouvé ce truc par terre, je le laisse là où… ? »

Histoire :

Par un monstrueux hasard, Gia découvre qu’elle est une Sentinelle qu’on a un peu oublié depuis 5 ans. Elle a le pouvoir et la mission de voyager dans les bibliothèques du monde, utilisant son italien LV1, pour les protéger de l’invasion de créatures magiques. Mais Gia est aussi l’élu de la Prophétie, l’agent de l’Apocalypse. Dur dur.

 

Avis :

Avertissement : Cet avis sera basé sur le spoil et le rejet. Si vous avez adoré ce livre (…) passez votre chemin, cela m’embêterait que vous le preniez trop mal.

Faisons un point sur la couverture, déjà : non. Le vieux filtre Photoshop violet flouté qui fait mal aux yeux avec l’incrustation de bulles lumineuses, c’est pas heureux. L’adolescente bouche entrouverte c’est pas mieux. Sa tenue ne correspond d’ailleurs pas à ce qu’elle est censée porter. Bref, cette couverture est plutôt dégueu, faut l’avouer.

Mais l’histoire ? C’est très difficile d’en parler. Concrètement, il ne se passe pas grand chose, c’est pourtant extrêmement long. Le cadre d’Asile (je déconne pas, c’est le nom du lieu où nos principaux protagonistes ont fait leurs… études ? Où ils ont vaguement appris à se battre, mais surtout à assumer le port de heaumes ridicules (chaque fois que je parle de « Sentinelles », visualisez-vous l’épisode de Kaamelott avec la réunion de la table ronde en armure complète. Voilà, c’est ça.)

Bref presque tout se passera à Asile (la fin de notre vie sera aussi dans un asile après ça) mais je suis INCAPABLE de vous dire où c’est. Très honnêtement. Je crois que c’est dans une ville magique mais alors où, quoi, comment… je ne sais pas.

Parce que c’était un constat tout au long de la lecture mais nous avons dû en faire la conclusion : l’histoire est mauvaise (les dialogues sont pas naturels, les personnages au mieux fades mais plutôt très absent, l’héroïne est nouille au possible…) mais c’est aussi super-compliqué !

Je ne compte plus les monologues qu’on a relu et repris à trois pour les démêler. Au final, tous les personnages sont consanguins, je vois que ça. On a l’héroïne, son beau-père, le bau-frère de sa mère, amie avec la mère de son meilleur amie, elle-même marié avec Untel mais amoureuse du beau-frère de la mère de l’héroïne, sans compter l’arrière grand-père (magicien de la tapisserie, de son surnom. Je sais, c’est la classe. J’ai toujours voulu comme pseudo « magicienne de la carpette »), l’arrière grand-père donc qui a un lien avec Mykyl que je sais déjà plus qui c’est, qui était le père d’un gus qu’il aura transformé en bête capable de parler…

STOP. Vous avez compris ? Non ? Voilà, c’est l’idée. C’est typiquement le genre de livre où l’annexe arbre généalogique se fait vital, pas juste sympatoche. Peut-être qu’il y en a une dans le tome 2, quel dommage, nous ne le saurons jamais.

Bon, un point personnages. Parlons de Gia (Gianna de son nom complet), notre héroïne. Gia est une fille ordinaire, qui habite Boston et démarre le livre en allant retrouver ses deux meilleurs amis : Nick (qui s’introduira tout seul comme le gros lourdingue insupportable qui lorgne sur les jambes de sa meilleure amie, puis sur les seins d’une statue, puis sur une meuf en train de travailler à la bibli (au point de lâcher ses potes avec qui il est venu bosser pour rester avec la-dite meuf.)) et Afton (comme Ashton avec un cheveux sur la langue. On aurait pu faire le livre entier sans elle, et ç’aurait été mieux. La moitié des remarques sexistes aurait disparue)

Bon, il se trouve que Gia a déjà fait de la magie quand elle était petite mais qui ça intéresse ? Y’a des chats à fouetter plus important (pour citer les ailes d’émeraudes. Je me le devais, la Voleuse est bourrée de points communs avec, histoire d’ajouter à notre peine).

Gia et ses potes se rendent à l’Athenaum, la plus belle bibliothèque de Boston. Afton a même forcé Gia de porter une jupe pour l’occasion (« tu as de très belles jambes mais c’est dommage, tu marches comme un garçon »), alors qu’il pleut à verse et que Gia passe une page et demi à nous dire qu’il fait froid, que c’est humide, que ça lui dégouline le long des jambes, que c’est mouillé et j’en passe (Mais Gia n’a pas juste dit « non » à Afton hein ? Gia a les réaction d’une moule morte, sachez-le. Tout lui passe dessus). Après l’abominable épreuve du traversage de route (un gros paragraphe pour figurer un traumatisme dont nous n’entendrons plus jamais parler) elle se fait accueillir par Afton : « ohlala mais laisse tomber la queue de cheval, t’as plus douze ans. »

Si vous aussi vous voulez déjà lui crever les yeux, pensez qu’on se l’est farcie sur 600 pages.

A l’Athenaum, la vie (palpitante) de nos héros (si fades) va basculer. Tout le livre repose sur le fait que les personnages vont passer d’une bibliothèque du monde à une autre (« library jumpers » ça s’invente pas comme titre). On peut donc décemment s’attendre à un tour du monde des plus belles bibliothèques existantes, avec des descriptions qui vont nous faire voyager et… oui ben non, oubliez de suite. Les descriptions sont vides. Attendez je vous en ponds une là, à chaud : « la salle était immense comme deux stades de foot, avec un plafond très haut, en verre. C’était magnifique. » Et voilà. On saura que c’est beau mais on saura pas en quoi (et puis, désolée mais dire qu’un lieu est superbe et préciser juste en-dessous que le lino est marron, ça casse le tout (véridique. On parle du lino marron.))

Dans une salle, le regard de Gia croise celui d’un jeune home brun, beau et brumeux (le « mystérieux » de l’allitération en « b »). Spoiler alert : ils vont s’aimer. Voilà, ça c’est fait. (en vrai ils s’aiment dès cet échange de regard car ils se citent mutuellement le passage de leur livre préféré tel deux animaux étranges entamant la parade de l’amour la plus pourrie que j’ai lu)

C’est assez beau d’ailleurs, même les avis les plus positifs sur ce bouquin (et il y en a tellement…) disent qu’ils ne comprennent pas à quel moment les deux héros tombent amoureux. Je me le demande encore.

Pour la faire courte, Gia et compagnie découvrent un papier avec une phrase italienne. Ils la lisent et se font aspirer (avec force couleurs et tourbillons) dans le livre des plus belles bibliothèque du monde. Ils atterrissent à la BnF (sexy) dans une salle de la BnF trouvable sur la première bande de Google image et certainement interdite au public. Là, ils se font poursuivre par une espèce de sanglier qui grogne et qui pue. On nous parlera au moins 10 fois des sandalettes d’Afton (qu’on lui propose de lâcher en pleine poursuivre parce qu’elle arrive pas à courir, mais elle répliquera que non, ce sont ses chaussures préférés. Jusqu’au bout on aura ces dialogues improbables et ridicules entre elles, JUSQU’AU BOUT)

Mais tout d’un coup, surgit d’un tourbillon de lumière et de couleurs (et de paillettes très certainement, mais l’auteur s’est peut-être dit que ça c’était too much (j’ai envie de croire qu’il lui reste un peu sens commun)) des… gens. Des gens habillés « en attirail de chevaliers » (je suis allée vous rechercher le terme quoi…) (et ça ne veut rien dire parce que si le premier porte heaume ridicule et armure, la suivante est en samouraï).

Pour que ce soit top kikinou, précisons que chaque armure, épée, bouclier, chaussette sera sertie de pierres précieuses. Ça fait riche, ça fait chic, mais on ne saura jamais d’où ils nous sortent tout ça.

Ils sont tout un groupe et on ne s’intéressera à presque aucun d’entre eux. Y’aura ceux qu’on confond et qui ne serviront qu’à faire du nombre en combat de fin. Y’a Jean-Jacques le drôle, Jean-Jacques le gay, Jean-Jacques qui sert le discours sur l’amour de la famille et Lei et Arik. Lei est la seule fille (…) et Arik est le beau gosse de la bibliothèque.

Niveau représentation féminine, nous aurons ça :

  • Lei, la super combattante un peu hautaine qui viendra causer garçon avec Gia. Elle lui dira qu’elle « sous-estime sa beauté » et qu’on l’autorise à flirter à Asile tant qu’elle « reste pur jusqu’au mariage ». Cool.

  • Gia et sa profondeur d’huitre, donc. Gia qui n’aime pas le shopping et les fringues mais qui regrettera à la fin, après le combat final où elle a failli mourir, de ne pas porter un soutien-gorge en dentelle. Parce que le soutif de sport blanc c’est ridicule quand un beau garçon te soigne. Voilà voilà (je vous l’ai dit, on dirait Cassiopée… c’est la même absence de logique)

  • Faith. Elle n’est pas humaine et Gia et Nana passeront une heure avec elle pour la laver (…). Faith a eu un grand amour dans sa vie, Ricardo, mais Ricardo était un coureur de jupons mais à la fin on apprend qu’il a toujours gardé le collier de Faith avec lui alors ça va. Il le portait donc sûrement en couchant avec d’autres mais bon. Trop triste que Ricardo meurt deux chapitres après son apparition.

  • Nana. Une grand-mère qui drague, ce qui révulse Gia (parce que hein, elle est vieille elle a fait son temps (je crois qu’elle lui dit ou pense un truc de ce genre)

  • Une meuf dans une vision qui se tord la cheville sur une motte de terre.

  • Afton. La babouche.

  • Sinead, qui aime Carrig, le papa de Gia.

  • Véronique la vilaine, qui couche avec Olivier le vilain (et c’est la scène de sexe la plus courte du monde. Ils doivent passer quinze minutes dans la chambre, autant dire qu’ils ont enlevé un pull et ont perdu l’envie)

Et voilà… Tout le reste ce sont donc des hommes. Carrig le papa très beau et très fort. Arik l’homme très beau au passé torturé (qu’il déballera en haut d’un escalier, comme ça, parce que Gia et lui sont… parce qu’il devait vider son sac je suppose). Bastien, le français très beau. Nick la « fashion victime que du coup tout le monde le croit gay » (c’est à peu près la phrase qu’on sort). Philipp Atwood le tonton chaud lapin qui flirtait avec Jacqueline la maman de Nick (vous la sentez, la complexité généalogique dans ce bordel ?). Mykyl le super magicien. Conemar, le super-méchant dont la seule description sera « un petit homme flamboyant », j’imagine donc une espèce de Gimli hyper-actif à chaque fois. Pop, le beau-père de Gia auquel elle pense BEAUCOUP TROP. Sean, le double (changelin, dans le texte) de Carrig (PARCE QU’EN PLUS ILS ONT DES DOUBLES. Comme si y’avait pas assez de monde…). Merl, le… le directeur d’Asile je crois ? Tous les Jean-Jacques qui se battent.

En court, les hommes sont beaux et fort. Les filles sont chic et parlent de garçon (ou sont guérisseuses. Sans déconner, on nous apprend qu’il n’y a que des femmes qui soignent. C’est bien connu le mâle ne soigne pas, il attaque.)

Toute l’histoire n’est qu’un gros prétexte pour caser Gia avec un homme intéressant dans une même pièce. Très souvent Arik, bien sûr, qui s’allonge dans son lit à sa première visite. Ça donnait à peu près ça.

  • Toc toc.

  • Ciel ! Qui tape au carreau de ma fenêtre à une heure du matin après que j’ai passé la journée à échapper à un monstre ?

  • C’est Arik, celui qui t’a sauvé.

  • Entre, tu… mais pourquoi tu t’allonges dans mon lit ?

  • Je sais pas. Pour discuter ?

  • Okay. Tiens, faisons une bataille de polochon et rions comme deux amis d’école primaire !

A toutes celles et ceux qui ont aimé ce livre… ceci n’est pas romantique. Ceci est terrifiant. Ceci ne se fait pas.

Arik entrera à nouveau dans sa chambre pour s’asseoir sur son lit. Il chauffera Gia comme jamais à coup de roulage de pelle, de poutous sur le lobe, de renversement sur le lit… puis partira parce qu’ils doivent s’entraîner.

Et Gia de rire parce que ahaha les garçons alors.

Mais le top de la romance sera le moment où il emmène Gia dans des ruines pour l’entraîner à maîtriser son globe magique (chut.) Il a acheté des tuc et :

  • Mince, j’aurais dû prendre des serviettes. Ces biscuits font des miettes. Tu as des miettes au coin de la lèvre.

OWI MON FANTASME DEVIENT VRAI. ESSUIS-MOI DES MIETTES DE TUC AVEC LE POUCE.

Et je vous parle même pas de Bastien, le magicien trop fort, promis à épouser Gia (tout ceci a pour fond une sombre histoire de fin du monde, au fait. Moi-même je l’oublie) Bastien est beau. Bastien fait chavirer le cœur de Gia mais non, son cœur, c’est Arik qui le possède et personne ne lui dira qui épouser « même si elle pourrait regarder Bastien pendant des heures ».

Bastien, en grand seigneur, prendra quand même 5 minutes pour parler avec elle à la fin :

  • Tu sens le lien entre nous ?

  • Oui. Mais personne ne me dira avec qui aller.

  • Je te fais confiance Gia. Amuse-toi avec Arik tant que tu veux, mais nous serons ensemble à la fin.

Okay mec, ma vie sexuelle ne te regarde pas alors TU TE CALMES.

Faut aussi savoir que comme Bastien est un magicien, il vivra des siècles (mais pour l’instant il a le même âge qu’elle donc ils… grandissent au même rythme que les autres mais en fait non ? Ça me rappelle une histoire de vampires qui arrêtent commodément de grandir vers 17 ans). Bastien aura donc plein de femmes. On explique à Gia qu’elle sera que la première d’une longue lignée.

Le romantisme est mort avec ce livre.

Ça pourrait être intéressant mais c’est tout sirupeux et ridicule et tellement ponctué d’allusions sexistes qu’on ne devrait pas publier ça…

Je vous ai pas parlé des globes magiques, du surveillant d’Asile qui se trouve être un cacatoès blanc aveugle (dans une autre ville, le gardien magique est un perroquet, okay les gars). J’ai rien dit sur les changelins, ces doubles qui naissent dans des cocons dans le Jardin de la Vie, au Royaume du Crépuscule, cultivés par des fées-jardiniers. J’ai pas parlé des 4 hommes mi-bêtes, mi-géants qui partagent un seul esprit et veulent se taper une nana à 4. Je préfère ne pas m’attarder sur la page entière d’explication du feu rouge des voiturettes dans un tunnel magique. Ne mentionnons pas que les méchants sont allemands, russes, ou s’appellent Véronique. J’ai pas parlé de la prophétie qui fait de Gianna une élue trop forte, de la recherche de clefs magiques dont une cachée dans un parapluie, des choses qu’on devine au début mais dont on ne parlera qu’à la toute fin (alors qu’il n’y a aucun mystère cultivé, c’est juste raté).

Un jour, je ferai comme le merveilleux Odieux Connard avec Grey : je vous ferai une lecture suivie.

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Méli et Mélo sont sur un bateau

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Y’a plusieurs romans pour lesquels je n’ai pas fait de fiche individuelle. Parce qu’ils étaient sympas mais sans plus, parce que ça date, parce que ça n’aurait pas été long ou parce que c’était trop mauvais : voici l’occasion d’en toucher un mot tout de même.

(Pendant ce temps-là, niveau lecture, je stagne un peu sur « tant que nous sommes vivants« , c’est pas nullissime mais ça me passionne pas (j’accuserais bien Pokémon Lune, mais faut se rendre à l’évidence, je bloquais déjà avant sa sortie))


҉   Broken Soup de Jenny Valentine

Rowan, 14 ans, élève seule sa sœur depuis la séparation de ses parents. Un jour, un inconnu lui tend le négatif d’une photographie qu’elle aurait tout juste laissé tomber. Bien que ce négatif ne soit pas à elle, il va éclaircir sa vie d’un jour nouveau.

J’ai volontairement retiré le morceau du résumé qui spoilait un détail que j’ai aimé découvrir (donc je vous conseille de ne pas le chercher). Une lecture assez mignonne et porteuse d’espoir. J’ai souvenir d’avoir trouvé le twist de la fin un peu too much, mais en ce qui concerne Rowan, c’était une héroïne touchante. Le développement est sympa et les passages sur… sur la raison qui a mené les parents de Rowan à ce séparer étaient très forts.

 

҉    L’Océan au bout du chemin de Neil Gaiman

Un homme, suite à un enterrement, retourne sur les lieux de son enfance. Là, assis sur le banc, il se rappelle Lettie, la jeune voisine.

Une lecture-conte. Peut-être pas mon Gaiman préféré, mais l’univers était prenant, et cette famille uniquement composée de femmes détonne. On retrouve sa capacité à nous plonger dans un univers improbable sans que l’on sourcille. C’est un conte, on prend tout avec le sourire et l’inquiétude du jeune héros.

 

҉   U4. Yannis de Florence Hinckel

Après les ravages du Virus U4, Yannis quitte Marseille pour se rendre à Paris. Il compte bien assister au rendez-vous de Kronos, maître d’un jeu en ligne, qui promet à ses joueurs Experts de pouvoir « remonter dans le temps ».

Je n’ai volontairement pas détaillé ce livre parce que je l’avais déjà fait pour Jules et Stéphane. Je crois que mon préféré restera Jules (je n’ose pas me lancer dans Koridwen à cause de ma mauvaise impression sur Nox, d’Yves Grevet…). Mais Yannis était vraiment chouette pour la notion de traumatisme visible qu’il apporte à l’histoire. J’étais triste qu’elle disparaisse un peu au milieu (en recoupant tous ces récits il y a malheureusement un effet d’accélération au bout d’un moment. On saute d’une scène à l’autre pour se recouper avec un autre roman)

Ce sont quand même de très chouettes persos et un beau projet ! (je vais me lire Contagion maintenant, le recueil de nouvelles)

 

҉   L’exil (les ailes d’émeraude #2) de Alexiane de Lys

Non je ne l’ai pas acheté, une amie a eu la bonté de me le trouver (elle-même l’a regretté ahaha)

Au village des Myrmes, personne n’aime Cassiopée. Elle pourrait cependant vivre avec Gabriel, son grand amour, mais celui-ci a été envoyé en mission loin d’elle. Elle finit par partir.

… Non mais j’avais promis que je ne referai pas de critique complète. Que vous dire ? C’est le même éditeur qui n’en a rien à cirer, donc ça n’a pas été relu, donc c’est une broderie de scènes illogiques et de réflexions incohérentes (je pense qu’il est même pire que le 1 à ce stade. Ça va du lino au plafond d’une grotte aux longues conversations qui se contredisent.) Le tout sur un petit fond sexiste pas piqué des hannetons.

Sur ce point, franchement, je ne crois pas que l’auteur s’en soit elle-même rendue compte. Cette histoire à tout d’une très jeune histoire, on sent que son auteur s’est fait très plaisir (l’héroïne est belle et forte et un homme très beau, on s’envoie des piques à tout va parce qu’on est trop une bande de potes et les personnages secondaires s’effacent dans le fond. Ah, et ça cause aux animaux aussi), tous les ingrédients d’une histoire jeune sous une plume jeune, quoi. Je ne vais certainement pas reprocher à quelqu’un qui aime écrire d’écrire ce qu’il ou elle veut.

Mais on parle d’une édition papier ici, et Nouvelles Plumes devraient peut-être reconsidérer leur travail, on dirait…

Je sais que ça trouve son public, mais c’est le genre de lecture qui me met en colère (ou alors c’est Cassiopée… ses réflexions de la fin m’ont particulièrement donné envie de l’étrangler je dois avouer). Si j’en crois les remerciements, des gens ont relus. Je pense que ça vaudrait le coup de chercher des personnes en plus, des gens qui ne sont pas trop proches de l’auteur (parce qu’à moins d’avoir la BL idéale qui ose te dire quand ça va pas du tout, c’est difficile de corriger ses amis)

(Juste au cas où, après petite recherche je ne crois pas qu’une personne puisse survivre 12 ans dans le coma. Et si elle est vivante, il y a une activité cérébrale active, pas un sursaut pour glisser des coordonnées. Voilà, je m’arrête là.)

« Chacun de nous vit un nombre potentiellement infini de vies. »

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Histoire :

Alex vit en Italie, Jenny en Australie. Il fait du basket et elle de la natation. Ils n’ont aucune raison de se connaître, mais ils partagent le même secret : depuis quelques années, ils souffrent tous deux de crises.

Ces crises les font trembler et s’évanouir, mais pas seulement. Durant leur période d’inconscience, ils peuvent communiquer entre eux.

 

Avis :

Cette chronique spoilera allègrement. Vous ne voulez rien savoir ? Ne la lisez pas (en même temps, je ne vous conseille pas non plus de lire Multiversum)

Je réalise en démarrant cet article que mon cerveau a pris grand soin d’oublier un maximum de détail de cette lecture. Ça augure du bon, hein ?

En empruntant ce bouquin, je savais que ce ne serait pas excellentissime. La couverture est très jolie, le thème des univers parallèles (ah, ces résumés de bouquin qui racontent tout !) avait tout pour me plaire… Mais un bouquin vendu par l’amûr surpuissant qui unie la fille et le garçon… Tout de suite, ça vend moins de rêve.

Franchement… je ne sais par où commencer.

Par le fait qu’ils tombent raides dingues l’un de l’autre en… allez, dix pages. Le livre démarre quand même à un moment où ils n’arrivent pas encore à se parler. Ils sentent la présence de l’autre, mais Jenny souffre LE MARTYR quand elle tombe inconsciente. Mais par la force de… de… des… de je ne sais pas quoi d’ailleurs, la poudre magique du scénario, ils arrivent soudain à se parler 30 secondes sans plus rien ressentir d’autre que l’allégresse et PAF c’est l’amour. C’est comme un bilboquet.

Moi si j’entendais un gus qui me causait italien dans ma tête, c’est pas dit que j’en tomberais amoureuse en une semaine. Déjà je prendrais une méthode de langue pour capter ce qu’il me dit. Je dis ça…

Là encore, la magie du scénario fait qu’on nous tricote que « Alex se débrouille correctement en anglais » (moui là d’accord mais bonjour l’accent australien, hein. C’est pas le plus connu) et que « Jenny avait de la famille italienne donc le parle couramment »… Moi j’ai de la famille italienne, mais la LV3 était pas vendu dans le package génétique.

Dans ces cas-là tu te casses pas la tête à mettre deux origines aussi différentes quoi… Si c’est pour se taper cette explication, bon…

***

Je pourrais aussi parler du fait qu’Alex se barre en Australie grâce à son pote trop fort en ordinateur qui lui pirate des comptes pour lui obtenir assez d’argent pour le voyage + l’hôtel. Cela parce que, rappelons-là, il parle dans sa tête à une fille dont il est trop in love.

Dans la catégorie « je jarte le quota familial de mon texte et je glisse le hacker pro », c’était bô.

***

J’aimerais aussi mentionner que ces deux ado font ce qui ressemble TRES FORT à des crises d’épilepsie mais qu’aucun n’a jamais été à l’hosto. Ça leur arrive toutes les semaines mais le premier est soigné à la tisane et la seconde continue la natation… (non mais, il suffisait juste de dire que tu faisais du tennis et ça passait quoi. Là le « heureusement qu’elle n’avait jamais fait de crise dans l’eau » m’a fait beaucoup rire)

***

J’ai aussi été assez estomaquée de lire régulièrement « le garçon de couleur » dans la narration quand on croisait un personnage secondaire (qui du coup semblait remplir la case « quota » du texte). Ce… ça ne veut rien dire, en fait… Ça n’indique pas s’il est Indien, Arabe, Inuit, Africain… Et puis accessoirement, les Italiens ont le teint halé donc Alex est déjà un « homme de couleur ». Si l’être humain était monochromatique ça se saurait.

***

Niveau mondes parallèles on traverse le traditionnel univers gouverné par les nazis (avec une jolie incohérence du héros qui cause pas allemand alors que l’Italie est allemande depuis sa naissance). Et comment voyagent-ils, ces deux coquinous ? En regardant la… ceinture d’Orion.

C’est mi-classe mi-foireux parce que… bon, contextualisation (SPOIL) :

Jenny et Alex ne vivent pas dans le même univers (je vous laisse imaginer les longues pages de désespoir. Je ne l’ai pas mentionné mais ils sont extrêmement lyrique (du style « je suis ton rêve » « oh alors je ne veux jamais me réveiller » « mais le réveil c’est l’aube des rêves vrais », ce genre de chose (j’exagère presque pas, c’est le plus triste))). Tandis que Jenny se convainc qu’elle est vraiment folle, Alex a des flash-back… Il finit par se souvenir (entre une apparition d’une Jenny enfant et le t-shirt d’un motard au Mc Do (…mais qu’ai-je lu ??) que la ceinture d’Orion lui permettait de voyager quand il était gosse.

Il sort sur la plage, matte le ciel et PAF il change de monde (son corps restant sur la plage, gare à la marée)

Il intègre le corps et les souvenirs du Lui du monde de Jenny (vous suivez ? …) et la retrouve et ils s’aiment et c’est dingue et ils… vont au planétarium.

Sinon, les gars, vous pourriez parler de votre don. Mais bon.

Donc planétarium où on leur montre la ceinture d’Orion, ce qui fait que Alex…

Oui.

C’est pas une blague.

Il re-change d’univers.

***

En ce qui concerne la fin c’est… c’est pas mal. Dans l’idée (parce que l’écriture, hein…).

SPOIL AGAIN

Le monde est détruit. Une histoire de météorite. Mais Jenny et Alex se réveille comme si de rien n’était dans leur monde. Ils peuvent encore communiquer mais toute cette histoire de fin du monde semblait n’être qu’un mauvais rêve.

Sauf que non.

Un mois plus tard (un mois, bon Dieu) ils réalisent qu’ils se sont enfermé dans une bulle. Un monde clos, avec juste leurs souvenirs dedans. Le monde de Memoria.

Et je ne lirai jamais la suite. Désolée de vous lâcher avec ce suspens insoutenable.

 

Anecdote de fin : Je cherchais à agrémenter l’article de citations. Comme j’ai rendu le bouquin à la bibli depuis un moment, je fouillais comme souvent sur Babelio. Les extraits m’ont fait beaucoup rire. Genre rire nerveux. Genre « mon Dieu mais c’est pas beau, je prends quoi ? ». Alors j’opte pour la simplicité :

Alex et Jenny avaient aboli les frontières spatio-temporelles, ils étaient finalement ensemble.
Ils auraient pu croire que c’était un point final, un aboutissement, mais ce n’était qu’un point de départ.

WTF en Finistère

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Ce titre était trop tentant. C’est pas très sympa mais c’était un peu mon état à la lecture du livre :

Histoire :

C’est la fin de l’été. Joachim prend son dernier bain de mer. Une mélancolie lui serre le coeur : la rentrée approche et il craint d’être rejeté, comme il l’a toujours été. Depuis l’enfance, Joachim est en proie à des crises et des visions étranges, qui font de lui le souffre-douleur idéal.
Une année particulière commence pour lui. Il a dû quitter sa mère malade et partir vivre avec son grand-père. C’est l’occasion d’un nouveau départ. Mais l’accueil qu’il reçoit au collège Saint-Pol-Roux est glacial. Il se réfugie alors dans la poésie, les récits de marins et les promenades sur la lande. Il fait aussi la connaissance de Stéphane, une fille énigmatique et attirante qui ressemble à une princesse gothique.
Un jour, Joachim la surprend aux abords du château en ruine dont il a fait son repaire. Elle se cache, elle a peur. Elle est poursuivie par des assaillants inconnus. Joachim l’emmène à la Salle Verte, un endroit propice aux secrets. Cela pourrait bien être le début d’une belle histoire d’amour. Ou alors… le début d’une haletante course-poursuite.

 

Avis :

J’avoue redécouvrir le résumé à la lumière du récit et… et j’ai un peu l’impression d’avoir eu une version tronquée de l’ouvrage.

Bon, déjà, j’ai du mal avec les histoires où le héros se fait rejeter unanimement par ses camarades (on est d’accord que les taiseux ne sont pas d’un grand soutien, mais quand ta première rencontre déclenche directement des « Oh blaireaux ! Toi je t’aime pas ! » c’est un peu ridicule…). J’ai trouvé ça d’autant plus bof que même le personnel enseignant s’y met…

Le type est nouveau, avec un lourd traitement pour se soigner, et l’accueil qu’on lui fait c’est « les racailles dans ton genre je sais les mater ! » (c’est peu ou prou ce que lui sort le directeur au jour 1…). Donc bon, niveau cadre scolaire réaliste, on repassera.

Pour les personnages secondaires, ils ne sont pas creusés mais le grand-père était sympa, les autres sont plutôt inexistants. Même Stéphane, pourtant deuxième personnage principal, ne vole pas bien haut (première scène, elle insulte Joachim. Deuxième scène elle l’embrasse. Alors en fait… non. Juste non.)

Cette histoire m’a donné l’impression d’être recoupée à coup de machette. Aucun développement de personnages, pas de réel but, pas de réelles péripéties, les opposants n’ont pas l’air réels…

ATTENTION SPOILER

SPOILER

(Je vous aurais prévenus)

Si j’ai bien compris l’histoire, des pirates chercheraient à mettre la main sur une île secrète et fantastique dont le grand-père de Joachim possède les coordonnées. Après des scènes improbables dans le lycée (où le directeur de l’école, prenant les pirates pour des policiers, causent avec eux je-ne-sais-plus-où pour dire que « oh la petite Stéphane a disparu ? Ah oui mais elle passe son temps à boire, c’est une vilaine. Et le nouveau, là, Joachim, vous dite qu’il est méchant ? Ah je le savais ! » (QU’ON LE VIRE)), Joachim tombe sur la… sœur jumelle de Stéphane, qu’il traîne dans son dos comme un boulet mou jusqu’à chez lui.

Bref ! Les pirates sont chez lui, Stéphane aussi. La sœur de Stéphane (Ombelle) griffe le chef pirate jusqu’ sang (lui crève les yeux d’ailleurs, normal) et nos trois ploucs s’enfuient. Ils arrivent sur l’île où…

Où tout est beau, parfait et magique. Sur cette île il y a tout, ils s’aiment, Stéphane et Joachim sont passés de « connaissances » à « amants/amantes » (vous avez pas l’impression de sauter des étapes, non ?). Mais sur cette île il y a surtout un grand secret, derrière une grosse porte blindée et, au terme de deux chapitres très longs sur l’amour, la vie, la perfection et les petits oiseaux, les pirates attaquent (pour vous donner une idée, c’est un peu la Team Rocket). Vite, vite, découvrons le grand secret de l’île !

Des homards. Des homards qui portent en eux la vie éternelle. Des homards dans une cuve où Joachim doit plonger pour presser un gros bouton rouge qui lèvera l’ancre pour que l’île puisse se déplacer.

Là mon cerveau m’a supplié d’arrêter mais il restait genre 10 pages, alors j’ai tenu.

Joachim plonge, appuie, se cogne et meurt.

Mais en fait il est pas mort, on le retrouve sur une plage bretonne.

Il retourne vivre chez sa mère, écrit de la poésie, remporte un succès phénoménale parce qu’il a connu l’Amour (le grand le vrai le beau).

Puis un jour il redescend sur la plage et entend la voix de Stéphane qui était partie avec l’île mais l’a retrouvé.

Tada.

 

Je ne sais pas si ça transparait dans mon résumé mais ce texte était vide de tout. Les pirates sont totalement inexistants. On les cite, on te sort des trucs improbables du genre « oh tient ma maison brûle, ils sont morts »… oui bah bien sûr, la maison s’est enflammée toute seule et eux ont oublié de sortir…

La langage, rien que ça, était un énorme problème. Pour un type de 17 ans, Joachim s’exprimait comme un vieux romantique du XIXéme. Je ne résiste pas à vous retrouver deux petites phrases magnifiques :

Situation : Ombelle, en courant, s’est foutue un gros caillou dans sa basket. Joachim l’aide

« Il saisit le talon d’Ombelle. Celui-ci frissonna d’être délivré, comme une colombe qui s’ébroue. »

« Elle le fixait de son drôle d’air de regard d’agate polie »

Ah et pour conclure ! Les méchants appartiennent à « la fleur de Lys à la lune levante » et les gentils à la « confrérie du crapaud d’or ».

On a le swag ou on l’a pas.

« Endgame est une réalité. Endgame a commencé »

Par défaut

Histoire :

Quand les météorites tombent sur Terre, certains savent ce que ça veut dire : Endgame, le Jeu qui décidera quelle portion de l’humanité survivra, a commencé. Ils sont douze, entre 13 et 18 ans, entraînés depuis l’enfance à être des assassins et des cryptologues. Leurs lignées remontent à la naissance de la civilisation, et chacun compte bien se battre pour être le ou la seul(e) à survivre.

 

Avis :

Par où commencer ? Après plusieurs pages (disons 50) j’ai commencé à me dire que j’accrochais pas des masses. L’écriture restait très en surface, je voyais pas trop où on allait, ça manquait encore d’explications sur le but d’Endgame et ses origines (oui, j’avoue, pour moi « ça a commencé je vais tuer tout le monde pour que seule ma lignée survive ! » c’est un peu léger comme explication). Mais bon, ça, je me disais que ça viendrait plus tard. Mais quand même… Tous ces points de vue un peu identiques, cette écriture pas exceptionnelle… Pour un grand succès, ça me laissait coite.

Puis j’ai eu la brillante idée de lire la notice sur l’auteur « James Frey a écrit plusieurs bestsellers (…) dont Numéro quatre, sous le pseudo de Pittacus Lore ». Ahaha…aha…ah… Merde. Numéro quatre, je le rappelle, fait partie de mon top 5 des bouses (si je vous le résume ça donne : gentil extra-terrestre se cache sur Terre pendant que méchants extra-terrestres cherchent à la tuer. Gentil E.T tombe amoureux et développe ses super-pouvoirs qui le rendent trop fort et trop puissant » → vous verrez qu’on retrouve ce schéma dans Endgame)

A partir de là, je vous avoue que la qualité d’Endgame venait de trouver son explication. Mais vous vous demandez donc « ce n’est pas Numéro quatre, c’est pas pareil, pourquoi t’as pas aimé ? Juste à cause de l’écriture ? »

Non.

Déjà, j’ai eu l’impression que le résumé me mentait. Un jeu d’énigme avec la survie d’une fraction de l’humanité en jeu ? Une course haletante autour de la planète ? (je déconne pas, c’est dans l’accroche française du bouquin) Des trahisons, des alliances… Bref un Hunger Games mondial sur fond de vieilles civilisations (et donc de décors mystique, de lieux magnifiques et exotiques) ?

Moi je m’attendais à une version hyper classe de la Carte au Trésor de France 2 (je SAIS que vous aussi vous aimiez voir ces gus en hélico parcourir la France avec leurs énigmes !). Eh ben Endgame… C’est pas ça.

Pour les énigmes, oubliez. Elles sont télépathiquement implantées dans le cerveau des joueurs (…) quand ceux-ci se présentent tous à la Pagode de l’Oie Sauvage, en Chine, pour être fourré dans des sacs congélo par un Alien qui les téléporte jusqu’à une pyramide blanche je-ne-sais-où pour leur parler des règles d’Endgame.

Oui oui un sac congélo. Ils se zippent dedans, s’endorment de froid et se réveille ailleurs.

Ils ont donc chacun un indices différents que vous n’aurez pas vraiment le plaisir de les voir résoudre. Généralement ça donnera « Ah ! J’ai trouvé ! Faut aller en Turquie ! » et pwet. On ne vous dira pas comment ils ont tiré ça de la série de chiffres et de lettres soit-disant incompréhensible. Parfois ce sera un peu plus folklorique du genre :

« -Allo papy ? Voilà mon indice c’est 1909145678.

  • Oh mais c’est la date de mort de ton père dans le désordre ! Reviens de suite aux State, rdv sur sa tombe que je te raconte un truc. »

Ou mon préféré :

« – Ahlala j’y comprends rien à mon indice. Bob, sers-moi une pinte s’il te plaît !

  • Bonjour, je suis Dave, un touriste américain. C’est un jeu ?
  • Je te passe 50 000 dollars si tu résous cette énigme. »

Dois-je vraiment préciser que c’est le touriste qui décode ? Que ces jeunes sont entraînés toute leur vie pour ce moment ? Hem.

Petite note sur l’écriture ensuite. Il y a une tendance à la répétition et au retour à la ligne qui frise le ridicule.

Qui frise le ridicule.

Voilà.

Y’a pas d’enjeu là.

Hein ?

Ça sert à rien.

Ça sert à rien.

Du coup c’est moche.

Et un peu chiant.

Je sais que vous me comprenez maintenant hehehe.

Hehehe.

Les personnages maintenant. Endgame se pratique à douze Joueurs (chut espèces de coquins). On les présente pas tous tout de suite. Le livre s’ouvre avec Marcus qu’on peut résumer par « ahaha je vais tous les buter j’ai été entraîné à tuer j’ai déjà beaucoup tuer je vais les tuer ». Le genre antipathique donc. On voit ensuite Jago (qui s’annonce aussi comme un gros tueur parce que, hé, le but d’Endgame c’est d’être le seul survivant donc prout), Chiyoko, muette, toutafé prête aussi à buter tout le monde (c’est Endgame, pas de quartier, que sera sera (oui on le dit assez souvent ça aussi)). Baitsakhan, 13 ans, tueur psychopathe (et en fait le seul personnage qui ne m’est pas entièrement antipathique. C’est le seul, en fait, pour lequel on sent le gros conditionnement de l’effet Endgame. Le seul pour lequel on sent que sa vie ne tourne vraiment qu’autour de « un jour tu devras buter tes adversaires »). Puis Sarah, qui devient un peu l’héroïne du tome.

Sarah n’a pas été élevée comme les autres pour Endgame. Son frère aurait dû être le Joueur, mais il a perdu son œil 3-4 ans plus tôt (pour des raisons TRES connes…) du coup elle a dû rattraper sa formation en express.

Ce qui est très agaçant, c’est qu’ils sont tous méga-forts. Vous attendez un livre sans super-pouvoirs ? Ils vont quand même courir sur les murs, réussir des tirs à l’arbalète improbables, enchainer les flip arrière dans les autocars (… cette scène mon Dieu), combattre avec leur chi, se projeter dans des salles pour entrer dans les rêves des gens (oui oui ouiiii)… Bref, non, ils sont pas normaux. C’est le retour de Numéro Quatre.

Et puis ils ont TOUS fait la même chose. Ils sont tous imbattables… Ils sont surtout tous imbuvables. En voulant les rendre incroyables, l’auteur les a juste rendu identiques. De fait plutôt fades… Et inconstant.

Parce qu’au final, eux qui disent tous au début avoir été assez conditionnés pour refuser les alliances… passent leur temps à en faire (ou a tomber amoureux n’importe comment, hein, au choix. L’amour éternel on y a droit à tord et à travers et c’est de plus en plus invraisemblable). Comme si l’auteur avait réalisé après coup qu’en fait c’était trop facile pour eux de tuer les autres, et qu’il fallait trouver une parade pour qu’ils ne se tuent pas vraiment ou pas tout de suite. Too bad, ça ne passe pas.

Mais vraiment, la palme du personnage horripilant va à Christopher Vanderkamp (c’est le type de persos où tu DOIS ajouter le nom derrière le prénom). Ses points de vue se résumé à rappeler qu’il aime Sarah. Et sérieux… c’est lourd, ultra-lourd, méga-lourd.

Je pense que la critique est assez longue déjà, pas la peine d’en rajouter (j’hésitais à donner des détails spoils pour ceux qui veulent, mais bon, franchement, on en a pas besoin). Vous aurez compris qu’il vaut mieux lire Hunger Games.

J’ai quand même une question, une vraie, pour ceux qui auraient lu ce livre. Y’a un truc que je n’ai vraiment pas compris, c’est cette histoire de lignée. J’avais cru comprendre que les habitants de la Terre descendaient de 12 lignées originelles, et qu’il y a un joueur pour chaque lignée. Outre le fait que ça soulève pleins de questions auxquelles on a pas de réponse (Comment savoir qui sauver à la fin vu que toutes les lignées se sont mélangées ? Ou encore : Si une lignée a pas son Joueur entre 13 et 18 ans quand Endgame démarre comment on fait ?) eh bien je me demande :

Quand on dit que Sarah est la Cahokienne de la 233eme lignée… ça veut dire qu’en fait y’en a au moins 233 ? Que Endgame en sélectionne que douze ? Que y’en a qui ont juste pas la chance de participer ?

Je suis très curieuse de la réponse, c’est pas ironique, j’aimerais bien comprendre.

Néanmoins, je me dois de déconseiller un livre où des aliens enferment des gens sous-vide pour les téléporter. Désolée.

Trop de sapins.

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Voici venir la plus longue critique de mon existence… elle m’a un peu échappée, je l’avoue…

Histoire :

À 18 ans, Cassiopée est contrainte de quitter l’orphelinat dans lequel elle vit depuis ses 6 ans.
Seule au monde, l’adolescente est lâchée dans la ville. Alors qu’elle vient de se faire violemment agresser par deux inconnus, elle fait la connaissance du mystérieux et séduisant Gabriel. Grâce à lui, Cassiopée découvre sa véritable nature : elle fait partie des Myrnes, un peuple ailé doté d’incroyables pouvoirs sensoriels…

 

Avis :

Dans le cadre d’un concours, France Loisir et Nouvelles Plumes ont sortit ce livre. Le résumé présentait une faute sur le site et l’extrait était ma foi… étrange. Je me suis donc arrangée pour me procurer la bête et ma lecture fut laborieuse. Je tiens à préciser que je ne l’ai pas lu seule, je n’ai donc pas le monopole des blagues. Sur ce…

Laissez-moi d’abord vous faire une présentation exhaustive des principaux personnages des ailes d’émeraudes (l’histoire se passant aux État-Unis, on est en droit de se demander pourquoi certains prénoms ont des accents (Cassiopée, Marlène, Manassée). On peut aussi se demander pourquoi leurs surnoms sont Gab et Cass et non pas Gabe/Gaby ou Cassie… mais nous ne le ferons pas) :

Tout d’abord nous avons Cassiopée, la fille douce-mais-forte (oui, comme le PQ) qui ne sait jamais ce qu’elle veut, ne pose jamais de questions sauf quand c’est pas le moment et qui a de sérieux penchants pour la violence (elle traite tout le monde de psychopathe mais, en fait, c’est elle qui l’est…). Cass a les cheveux marrons, est « maigre avec une poitrine proéminente » mais ne se trouve pas belle (bien sûr). Le but ultime de chaque perso de ce livre sera de lui rappeler à quel point elle est maigre (mais bien foutue. Garce.)

Gabriel le Cabillaud, l’Homme du livre qui passe de « grand » à « gigantesque » (j’estime donc qu’il atteint les 3 mètres entre le début et la fin du bouquin), dont la peau devient soudain mate à la page 450 (pour coller avec ses origines Espagnoles et son nom de famille « Paricio » (qui pour le coup fait surtout Italien)), qui est trop fort, trop beau, trop vilain mais qui aime les enfants.

Camille le Gentil mais Rival. Camille est grand (lui aussi), beau (lui aussi) mais Camille est gentil donc non, c’est pas le même que Gabriel.

Saphira l’Insupportable, dont les monologues peuvent aller jusqu’à une demi page de rien du tout (mais on essaye de nous faire avaler qu’elle est très intelligente. Je suppose que le pari est louable, d’une certaine façon…). Saphira sait calculer de la mitose… si c’est pas une forme de génie ça.

L’histoire commence sur un pont. Cass, notre héroïne, a 6 ans et compte le temps que mettra le feu rouge à passer au vert. Il pleut, en face y’a un camion, sa moman aime sa petite fille et tout va bien. Mais tout d’un coup la maman parfaite se met à conduire comme une folle (on veut nous faire comprendre qu’elle a peur du gars dans le camion et qu’elle le fuit… mais personne ne conduit comme elle le fait quand on fuit), du coup sa voiture fait des roulés-boulés (sur un pont, oui), casse la rambarde (en fait ce devait un tank-twingo) et plonge dans l’eau (ballot).

Là, Cass est en mauvaise posture : la vitre arrière s’est brisée et un gros éclat s’est coincé dans son ventre, juste sous la ceinture de sécurité qui le pousse consciencieusement ! Ohlala va-t-elle survivre ?

Ce qui est surtout intrigant, en fait, c’est cet éclat à tête-chercheuse… Dans les voitures les vitres se cassent pas comme une fenêtre, justement. Et vous allez nous faire croire qu’un morceau de l’arrière s’est glissé devant, a trouvé la ceinture, est passé dessous juste pour que Cass ait une vilaine cicatrice sur le bidou ? On doit en être à la page 2 ou 3…

Le temps a passé et, orpheline de mère depuis l’accident, Cass souffre dans un orphelinat de style victorien. C’est abominable, ça lui donne l’impression d’être une sans-abris avec les tapis persans du salon, les canapés en velours et les salles de bain en marbre. En plus, les fenêtres sont mal isolées ! (je tiens à signaler que je cite ce qu’elle dit, là. Elle se compare vraiment à une sans-abris dans un logement précaire). Dans son orphelinat disposant de fenêtres à tous les étages (précisé dans la description, oui oui) où elle a passé son enfance à s’amuser à grimper dans le sequoia jouxtant le chêne du grand parc (sans commentaire…) Cass souffre.

Mais Cass est une fille forte qui ne pleure jamais, que tout le monde aime, sauf les gens de son âge parce que, vous comprenez, elle n’est pas branchée mode et fringues et petits copains comme TOUTES les ados de 18 ans qui logent avec elles !

Oui, Cass est un cliché. Et nous annoncer tout ça d’entrée de jeu ne l’empêchera pas :

  1. de chialer à TOUS les chapitres.
  2. d’être aimée par des gens de son âge en plus des enfants.
  3. De s’organiser une séance shopping « parce qu’on est une fille, on se refait pas » (citation exacte ou presque) quand elle sera poursuivie…

Ce qui en arrive à un autre détail de ce texte… Non, pas les listes comme je viens de faire, même si elles pullulent, mais à l’esprit de contradiction de Cass. Cette fille n’aura jamais le même avis de la page 1 à la page 700. Et c’est pas de l’évolution, mais de la méconnaissance (ou de l’emmerdement, je me tâte encore…)

La directrice veut la convoquer et, pfff, Cass râle parce que la directrice la gonfle mais elle l’aime bien. Elle lui en est reconnaissante mais scrogneugneuh comment lui être reconnaissante de sa vie ? C’est comme grandir sans maman mais en fait la directrice fait un peu la maman de tout le monde alors peut-être grandit-elle comme avec une maman ? Contradictoire, vous disais-je…

« La directrice était grande et mince » (les descriptions, c’est pour les morts…) et conversation :

  • Cass, ma p’tite Cass. Il va falloir que tu te barres bientôt. Tu es trop vieille.
  • Je sais. Et je peux pas poursuivre mes études parce que cet orphelinat n’est pas géré par l’état, vous utilisez votre seul argent d’héritière richissime qui a décidé de construire un orphelinat comme d’autres aurait envie d’aller au cinoche.
  • Exactement. Du coup, maintenant, mes moyens sont limités.
  • J’aurais dû faire un CAP…
  • Mais je te chasse pas, hein ? Oh et au fait, tu te souviens de Martin Kirk ? Le gars qui conduisait le camion à cause duquel ta maman est morte ? Il est sortit de prison pour bonne conduite.

Cass a donc compris : elle devra partir le lendemain matin. Le soir, comme elle est trop gentille et aimée de tous, elle s’occupe de tous les marmots de moins de 13 ans et leur raconte une dernière fois l’histoire qu’elle-même entendait avant de dormir. L’histoire d’un peuple dont des ailes de papillon leur poussaient au contact d’une fleur : OHO.

Un câlin à Tiphaine, sa petite sœur de cœur qu’elle aime trop, et au lit. Mais les adieux en plein jour, Cass est pas sûre de les supporter, alors Cass se barre en plein milieu de la nuit.

Cette fille est une sale égoïste…

Cass se carapate à Philadelphie pour faire sa vie. Elle trouve un job de caissière en claquant des doigts et crèche dans un motel miteux parce que… … bah on sait pas trop pourquoi : pour le plaisir d’être un motel pourri ? Nous découvrons alors une face insoupçonnée de Philadelphie : rues glauques qui se suivent, sales odeurs, clodos qui pullulent, jeunes avec mine patibulaire et chaînes autour du cou (on a UNE description de la populace locale et c’est celle-là quand même : magique. Même les feuilletons de TF1 ne nous offre pas tel cliché), chats faméliques, ruines et j’en passe… Oui, Philadelphie c’est en fait une espèce de vaste téci où le trafic de drogue et la prostitution semblent des boulots tout à fait honorables.

On en est presque déçu que Cass ne soit que caissière, tiens.

Après moult agressions de jeunes et la découverte qu’un type magnifique la zieute quand elle mange le midi à la cafét’ du coin, Cass rentre un soir chez elle. Enfin, à son motel. Elle prend alors la rue glauque et dangereuse de base et tombe sur… sur deux clodos qui veulent la violer et la voler (ou l’inverse, ils avaient pas l’air frais. Je pense qu’ils se partageaient un neurone)

Cass s’y oppose. Cass a peur. Et comme les clochards deviennent un peu trop entreprenants elle leur… casse la gueule…

Genre vraiment. Genre tibia explosé, mâchoire déboîtée et côtes brisées : VRAIMENT. Puis elle se prend un trop sale coup, s’effondre et un gus en marcel surgit de l’obscurité pour achever les deux types.

Laissant deux clodos pour morts il l’embarque plus loin : c’est le beau gosse du Casino-Cafétéria ! Là il l’engueule pour s’être mise en danger et s’en va.

La vie reprend son cours, parce qu’on est d’accord qu’elle va pas s’arrêter pour si peu (…) et… pardon ? Cass a-t-elle prévenue les autorités qu’un homme la stalke (un homme beau, certes, mais quand même ?) et que deux clodos lui ont sauté dessus dans la rue ? Non. Pourquoi me demandez-vous ? « Parce que » répondrait l’auteur. Reprenons :

Cass n’ose plus aller dans les ruelles glauques et dangereuses, ce qui est embêtant parce que c’est plus rapide pour atteindre le motel dans lequel elle sera sûre de chopper une maladie sous peu. Donc, elle décide d’affronter sa peur et de retourner sur le lieu de son agression : là le beau-gosse surgit à nouveau (je répète qu’il est beau à peu près aussi souvent que Cass tient à nous le rappeler) :

  • Mais t’es conne de traîner dans les rues qui craint ! Tu veux te refaire faire le portrait ?
  • Tu me suis, non ?
  • Oui.
  • OMG alors tu les as regardé me tabasser sans rien faire la dernière fois ?
  • Bah, tu te débrouillais bien. Tu les as pratiquement tué. J’ai attendu que tu sois au sol pour intervenir parce que bon, quand même, voilà.
  • Oh, OK. T’es vraiment trop con, je te hais, t’es con !
  • Un « merci » ça passe aussi.
  • Je ne te dirai jamais « merci » en 700 pages de bouquin. Et ce même si tu me sauveras encore 30 fois.
  • Me voici prévenu.
  • Tu t’appelles ?
  • Gabriel.
  • Moi c’est…
  • Cassiopée O’Brien. Ouais j’te salke depuis longtemps en fait. Je sais plein de trucs sur toi sauf ton âge, c’est bête, hein ? Allez, bye bye !

Et à peine a-t-elle le temps de voir que ses yeux sont bizarres qu’il disparaît. Wouah. Quel homme.

Dans un sursaut d’on ne sait trop quoi, Cass décide de partir définitivement (trop d’agressions certainement). Elle retourne donc à l’orphelinat pour voir Tiphaine. Ti… qui ? Mais si, Tiff, sa petit sœur de cœur qu’elle aimait tellement qu’elle est partie sans lui dire au revoir. Attention, hein : elle va pas voir la dirlo et les autres avec qui elle a grandit. Juste Tiff. Qui, c’est ballot, lui fait la tronche : mais deux minutes suffisent à les rabibocher et Cass part.

Elle longe euh… à la lecture ça ressemblait à une autoroute, quand Gabriel surgit dans une bagnole (mais où a-t-il eu son permis au fait ?) :

  • Vas-y grimpe.
  • En voiture avec toi ? Toi le salaud trop magnifique qui me stalke ?
  • Zy-va grimpe.
  • Je t’ai dit que je te déteste ?
  • Oui.
  • Que tu es immonde ?
  • Oui.
  • Que je te fais pas confiance et que tes yeux sont louches ?
  • Ouais.
  • Bon je grimpe, mais parce que je sais pas où aller.

Gabriel la conduit jusqu’à un hôtel de luxe et la lâche là en lui disant que c’est déjà payé, qu’elle doit lui faire confiance et n’ouvrir la lettre qu’il lui met entre les mains qu’une fois dans la chambre. Là, sûrement, elle aura des explications. Cass prend l’enveloppe et pénètre le Ritz.

Après une description incompréhensible d’un escalier décoratif (on a vérifié sur le site du Ritz (que l’auteur a dû consulter) et l’escalier est parfaitement praticable), Cassiopée est conduite à sa suite royale effectivement réservée (et maintenant que j’y pense je me demande bien où ils ont trouvé le fric pour ça…). La chambre est magnifique, une baie vitrée qui va du sol au plafond couvre le salon (et on s’en fiche que ce soit la description même d’une baie vitrée, dans le doute on précise).

Cass estime que les explications, bah, c’est pas pressé (n’est-ce pas… toi ça fait déjà 200 pages que tu veux te tirer une balle mais non, prenons d’abord une douche…). Après une description de l’enveloppe (oui.) où tu ne sais plus dans quel sens elle finit par la prendre, Cass y découvre une fleur fanée scotchée dans le fond. Elle la touche et VLAN : piqûre.

Elle lâche l’enveloppe, va se pieuter, et se réveille plus tard malade comme un chien. Nous sommes ravie d’apprendre qu’elle dégueule et se tape une chiasse de tous les Diables (encore une fois, malheureusement, je n’invente rien). Le lendemain soir elle va un peu mieux mais quelqu’un entre dans la chambre.

S’en suit une rencontre fumeuse avec une armoire à glace russe qui l’agresse et tente de la tuer. Cass riposte avec son tazer, qui fonctionne, et s’enfuit par la fenêtre à l’aide d’un drap.

Oui oui oui… n’allons pas plus loin dans les détails.

Ah oui, elle a brûlé la fleur avant. Bref, Cass se barre et va… dans un motel miteux… …

Cass doit se cacher. Elle rencontre Bob-le-clochard n° 33 (c’était pas Bob mais on s’en fiche) à qui elle file sa carte de crédit pour qu’il retire un peu partout et qu’on perde sa trace. Avant ça elle a passé la JOURNEE à faire du shopping et traîner chez le coiffeur ou Mike, gay cliché de son état, refuse sa demande de la teindre en rousse pour lui faire une teinture noire et lui couper les cheveux au carré.

Fa-sci-nant. Épique. Ridicule au possible.

Durant la journée, quelque chose gêne Cass dans le dos mais bon, comme à chaque fois, elle s’en fout et attend le soir, dans son motel qui craint, pour vérifier ça avant de prendre sa douche.

Cass a des ailes. De grandes ailes de papillon vert émeraude (oh tiens, le titre) qui font l’épaisseur d’une main, ont des os (…) mais qu’elle ne… sent pas… Genre… rien du tout. (plus tard on apprendra que ce sont des muscles qui fonctionnent pas comme les autres muscles et que c’est comme Peter Pan, il faut une pensée heureuse pour qu’elles battent. Des ailes vachement pratiques donc)

De grosses recherches ont été menées sur cette histoire.

Cass cache ses ailes sous son t-shirt (oui mais oui BIEN SUR. Remarquez ce sera de pire en pire ces ailes. Jusqu’au pull « Tiendé » qui est en fait un gilet à l’envers.) et file vers sa chambre où elle n’est pas au bout de ses surprises. Un mal de crâne horrible la frappe et, quand elle s’en remet, elle voit vachement mieux. Elle compte les pattes de la mini-araignée au plafond, détaille la poussière par terre et voit les… les acariens sur le lit ?

L’auteur elle-même aura trouvé ça too much parce qu’on parlera plus d’un seul acarien après ça. Sa vue revient à la normale et Cass s’endort. Narmol.

Dans l’enveloppe, avec la fleur, y’avait un bout de papier avec des indications incompréhensibles. Mais, à l’aide de sa super-vue, Cass y lit une adresse. L’adresse d’un hangar sur le port (on connait tous l’adresse des hangars sur les ports) et la miss retour à l’orphelinat dire adieu à Tiff avant de s’y rendre.

Là, Gabriel ne lui apprend… rien. Tout ce qu’on peut constater c’est que ses yeux font nawak : Cass dit que la pupille fait comme celle des chats mais, en fait, lumière ou pas, les yeux de Gabriel sont juste noirs quand c’est classe qu’ils soient noirs. Logique. Mais Cass voit aussi très bien dans le noir maintenant… et elle accepte que Gabriel lui explique tout.

Du coup, Gabriel l’assomme et lui plante une aiguille pour la droguer. Hem.

Elle ouvre les yeux un coup en bagnole, mais il la re-drogue aussi sec.

Elle se réveille dans un, OUI, vous avez deviné ! Un motel miteux. Attachée au lit, avec Gabriel qui la regarde à côté. On a tous pensé ce qu’on vient de penser.

  • T’es VRAIMENT un salaud en fait !
  • Nan mais c’est la procédure normal pour pas que tu saches où on va.
  • Et tu pouvais pas me prévenir ?
  • Ah ouais didonc, j’y ai pas pensé. Dans la formation on trouve ça plus drôle d’agresser.
  • Nan mais je serai sage maintenant. Me drogue pas.
  • Hmmm non.
  • ARG, bon OK, mais je le fais.
  • Tu t’es déjà piqué ?
  • Nan, mais je le fais quand même.
  • OK.

Donc Cass se drogue et se rendort.

Elle se réveille dans un chalet, en pleine tempête de neige, sous les yeux d’un môme qui se met à brailler « ELLE EST REVEILLEE ». Voilà, vous venez de rencontrer Max, 7 ans, incarnation même du gamin insupportable.

Sa mère débarque, Marlène (tiens, encore un prénom avec un accent), 25 ans. Marlène explique à Cass qu’elle est en sécurité, qu’elle lui ferait bien visiter mais qu’il y a trop de neige, qu’elle a accepté de l’héberger et que tadah ! Bienvenue dans ton nouveau chez-toi.

Entre alors Camille. Camille à la vingtaine, Camille est blond, Camille est magnifique, mais Camille doit être le mari de Marlène, non ? Et bah non ! C’est son fils !

  • Mais on dirait que t’as juste 25 ans ! s’exclame Cass.
  • Oh bah ihihih oui c’est vrai mais euh voilà tu verras que je suis pas la seule comme ça ici.
  • Comme quoi ?
  • Comme… ohlala non je peux pas dire.
  • Moi je serai ton Tuteur, intervient Camille.
  • Donc toi tu peux me le dire ?
  • Non. Ce sera ton prof. Dans une semaine, à la rentrée. Oui, tu vas en classe.
  • Mais alors à quoi tu sers si tu réponds pas à mes questions ?
  • Oh, sur le papier c’est ce que je dois faire ! Mais en vrai je te répondrai pas pendant 700 pages.
  • Oh.
  • De toute façon tu vas vite arrêter de poser des questions.
  • C’est vrai. Hop, voilà, plus de questions ! C’est coquet chez vous.

Bon j’exagère, on apprend quand même finalement un truc : la fleur qui était dans l’enveloppe s’appelait la Caïna (ou caillette pour les intimes) et a permis à Cass sa métamorphose… en Myrme. Les Myrmes sont un peuple de gens aux ailes de papillons avec des super-sens. Comme ils ne sont pas humains, ils se cachent dans cette zone sujette aux tempêtes de neige : on sait pas où c’est, mais le « village » (qui est en fait une série de chalets) s’appelle Tornwalker.

Ce sera le nom le plus anglais du livre, ce qui le rend étrangement ridicule… (enfin c’est « Tornwalker » quoi… « tordu qui marche » ?)

Cass a donc atterrit dans l’endroit où les hommes sont les moins virils possibles (sérieux, des gus avec de grosses ailes de papillons dans le dos !). Enfin des ailes de mites plutôt, parce que Cass apprend les ¾ des gens ont les ailes grises/argentés. Ceux qui, comme elle, ont de belles ailes colorées sont appelés Siléas et, très souvent, les Siléas disposent de plusieurs « Sens-Phare ». Plusieurs sens exacerbés.

  • Mais moi j’ai que la vue, assure Cassiopée.

Mais oui, une Mary-Sue comme toi qui sera une Myrme de base ? Bien sûr.

Camille explique qu’il ne faut surtout pas sortir en pleine tempête de neige. Au contact de la neige, les ailes s’émiettent.

Oui oui. Mais pas de l’eau, hein ? Juste la neige. C’est bien connu que c’est pas pareil. Vous êtes donc sensibles à l’eau (pardon, à l’eau très froide) mais vous vivez au nord, dans les région enneigées. On apprendra d’ailleurs à la toute fin, entre « passe moi le sel » et « y’a plus de PQ » que les Myrmes ne supportent pas la chaleur.

Votre propre corps essaye de vous flinguer en fait.

Mais au final, on s’en fout, parce qu’ils passent leur temps à rouler dans la neige et ça ne fait rien. Pourquoi sortir cette info alors ? Bah on sait pas. Comme la majorité des détails de ce livre, ils sont malheureusement balancés sans logique et, surtout, sans relecture. Les explications s’annulent dans ce livre, c’est fantastique.

J’envisageais de continuer et de faire tout le livre mais… soyons francs… ça va être très long. Là j’ai pas résumé la moitié de la chose, et j’en suis déjà à 5 pages open office, cessons le massacre.

Je n’évoquerai donc que très brièvement les chapitres qui ne servaient à rien, avec en tête celui du match de basket. Cass et ses potos font un match de basket ball et c’est tout. Ça ne mène à rien, ça n’arrive à rien, on apprend rien.

J’aurais pu vous parler de Jeanne, Espagnole de 1500 qui ne tue pas les araignées (passionnant hein ?), de Nathan a qui on a coupé les cordes vocales (sans lui ouvrir la gorge et sans le tuer, chapeau les mecs), de la copine d’enfance qui roule des patins à son copain d’enfance comme ça, sans raison, et du sapin tombé inopinément sur son chalet et qui la pousse à pieuter chez le-dit copain.

J’aurais pu parler des descriptions qui ne vont jamais plus loin que « la forêt est verte et marron et la neige est blanche », des loups qui ne comportent pas en loups (à savoir attaquent des humains sans raisons), de Goliath l’ours que Cass sauve du piège d’un trappeur à 100 mètres du village hyper-caché (mais non, c’est pas grave, ça inquiète personne) et qui devient son meilleur pote (l’ours, pas le village). Il y avait aussi le GPS magique qui permet de cacher complètement le village des Myrmes aux yeux du monde entier (satellites compris). Il y avait aussi Tiphaine qui se glisse dans la voiture de Gab, débarque chez les Myrmes et y crèche parce que c’est vachement mieux que chez nous…

Il y avait les super-sens mal utilisés qui fait que certains entendaient ce qu’ils devaient pas entendre et vice-versa. Les scientifiques fous surgit du néant. Les révélations qu’on avait deviné en page 5. Le couple insupportable que Cass forme avec… allez, vous le savez je suis sûre. J’aurais pu aussi longuement m’attarder sur les tests permettant d’identifier la puissance du Sens-Phare des nouveaux Myrmes (et qui n’étaient ni plus ni moins que des missions commandos : mais là encore, sans réelles raisons). Il y avait Morgane, qui devenait Morgan le temps de deux paragraphes, comme si l’auteur s’était souvenue que son histoire se passait aux États-Unis. Il y avait LUC Skywalker et FranCKstein…

Et depuis que j’ai écris cette critique, il y a eu la fin. A ce stade je me permet de spoiler, si vous n’y tenez pas, passez de suite au paragraphe suivant. Mais comme ne pas réagir à cette… non-conclusion ? Jusqu’au bout il n’y aura pas eu de but, pas d’objectif, pas d’accomplissement. Par contre, l’Homme aura demandé Cass en mariage (lui, 25 ans, elle 18. Ils se connaissent depuis 4 mois, sont sortit ensemble 1 jour avant qu’ils ne se perdent de vue 3 mois. Par pitié dites-moi que vous comprenez à quel point ça me hérisse le poil !). Cass bien sûr, hésite un paragraphe puis dit oui. A aucun moment elle ne réalise que… je ne sais pas… que vous ne vous connaissez pas ? Le mec à le nom d’une fille tatoué sur la peau mais on s’en fiche. Il roule des patins à son amie d’enfance mais… mais non.

C’est l’un des gros soucis de cette histoire, cette absence de réflexion et de logique. Comme si chaque chapitre n’était pas lié aux précédents, comme si chaque piste sous-entendue mourait la seconde d’après. C’est un livre avec des idées, je ne le nie pas, mais trop mal-exploitées et encore trop peu travaillées pour en faire un vrai bon livre qu’on aime, auquel on repense et qui nous fait voyager.

Mais, surtout, ce qui est affligeant, c’est qu’il n’y a eu aucune relecture. Les ailes d’émeraudes sont issus d’un concours qui, si j’ai bien compris, était basé sur le vote des lecteurs. Pour faire simple, avec beaucoup d’amis, il était possible de gagner.

Ça, d’accord. Je trouve ce système bancal dans la mesure où, si la maison d’édition ne se réserve pas le choix final ou la possibilité de mettre un véto sur le gagnant, c’est très risqué. Mais certes, c’est un choix.

Ce qui est plus grave c’est que rien n’a été relu. L’histoire ne marche pas, les incohérences se succèdent, les fautes de français s’empilent et ne parlons pas des répétitions. C’est un premier roman à qui on a même pas daigné offrir de vraies corrections. Pour France Loisir et Nouvelles Plumes, c’est du suicide-marketing (vous pouvez être sûrs que je n’achèterai plus de livres Nouvelles Plumes après ça… surtout que j’ai lu que laisser des fautes était courant chez-eux (y’a mieux comme marque éditoriale, non ?…)).

Pour l’auteur c’est horriblement triste et dégradant. Pour les lecteurs c’est du gaspillage d’argent. Bravo les gars.

Mais je suis d’autant plus surprise du succès de ce livre et du nombre d’excellentes critiques que j’ai pu lire. Vous voulez de la jeunesse déjà un peu plus réfléchie ? Quelque chose de bien écrit, avec de vraies descriptions et des personnages qui vous laissent une marque ? Lisez la 5éme Vague, Hunger Games, Divergent, Harry Potter, Nos étoiles contraires, Hantée, Instinct, la Passe-Miroir, Dis-moi qu’il y a un ouragan, Saskia, BZRK, Gone, Percy Jackson… puis repensez à ce que vous avez dit.