Archives de Tag: Critique

Féo aurait aimé pouvoir lui expliquer que la beauté du monde est en elle-même une sorte de compagnie

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Histoire :

Féo habite avec sa mère, au milieu des bois, là où la neige peut lui parler et où hurlent les loups. Elles sont maître-loup, leur travail consiste à rendre sauvages des bêtes élevées dans des salons mondains pour amuser la galerie.

Mais quand le terrible général Rakov vient les menacer toutes deux, ainsi que les loups qu’elles ont sauvés, leur monde change brutalement.

Avis :

Le livre est BEAU. Si le thème me plaisait beaucoup, ce qui m’a décidé à l’acheter immédiatement et pas plus tard c’est le soin apporté à la couverture (si belle, si douce, sans surajout de paillettes sur le titre), mais aussi à l’intérieur du livre. Chaque chapitre est orné d’une illustrations, et d’autres pavent le récit (quand ce n’est pas des dessins de jolis flocons ou de sapins en bas des pages <3)

Mais ç’aurait été tout naze si l’histoire ne suivait pas, hein ? Eh bien l’histoire suit. Elle a l’allure d’un conte, clairement, mais les rapports entre les personnages et le temps consacré à l’histoire de chacun offre davantage de profondeur. C’est un très joli mélange bercé par le hurlement des loups.

Féo est une gamine sauvage et sûre d’elle qui m’aurait fasciné étant gamine. Je suis sûre que j’aurais joué à être elle, à braver le froid et la peur au nom de mes convictions. C’est le genre de jeune héroïne qui font voyager. Elle est en plus accompagnée de ses loups, quoi de mieux pour rêver ?

Le récit parle et dénonce l’oppression, les meurtres, le désir d’impressionner autrui en arrachant des animaux sauvages à leur monde. Féo n’a pas la langue dans sa poche et entraîne pleins de monde derrière elle.

Une belle histoire, à lire sous la couette pour se protéger du froid.

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J’ai claqué toutes les portes, mais l’ombre du père s’est infiltrée en moi.

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Histoire :

Un nouveau jeu télévisé fait sensation : la pyramide des besoins humains. Christopher, sur un coup de tête, décide de s’inscrire. Lui qui vit dans la rue ne se voit pas escalader les échelons, il a cependant des choses à dire au monde.

Avis :

Attaqué en début d’après midi et bouclé le soir. Autant vous dire que ça se lit vite. Il démarre sur ce qui ressemble à un témoignage, et le ton ne se perd pas une seconde, ce qui rend la lecture encore plus intéressante. Ce que vous avez dans les mains, ce pourrait être le récit de dizaine et dizaine d’ados vivant dans les rues.

Christopher ne se plaint jamais, il jette un regard cynique sur les passants. On se plaint à sa place de ses conditions de vie, de la condescendance des gens, de la solitude qui l’étreint de plus en plus en dépit de ses copains de galère. Jimmy, le vendeur de hot-dog, et Suzy la prostitué nous deviennent très familiers en peu de pages tant son affection pour eux est clair.

Ce qu’il crache sur sa page de jeu, ce qu’il exprime, fait cogiter. C’est brut, c’est bref, ça mérite qu’on y jette un œil.

Devenir, c’est ce que je suis en train de faire.

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Histoire :

Robin Ménard vient d’être viré du collège. Pour sa mère, c’en est trop, elle l’envoie vivre chez son père. « Que va-t-on faire de toi ? » se demandent-ils tous. Robin n’en sait rien. Alors, en attendant, les journées s’écoulent entre le kébab du coin et les repas chez la nouvelle copine de son père.

« Que va-t-on faire de toi ? » Robin aussi aimerait bien le savoir

Avis :

Une lecture intéressante et bien menée. L’aspect « tranche de vie » m’a particulièrement plu ; on ne découvre pas un personnage avec des problèmes qui n’en aura plus du tout à la fin. L’histoire raconte le virage de Robin, ce moment où on passe d’un point à un autre. Et le récit se fait assez optimiste (ce qui est agréable) sans pour autant tomber dans le bisounours.

Certains soucis évoqués à la lecture ne trouvent pas de solution et c’est plutôt intéressant. Ça donne une fin « heureuse » si on veut la voir telle quelle, mais sinon plutôt douce-amère.

Cet ado pas fait pour l’école mais pas encore prêt à travailler est vraiment touchant. Certaines conversations serrent vraiment le cœur. L’histoire ne plonge pas dans le pathos mais aborde sans détour des sujets plus sombres, et c’est ce qui a rendu la lecture intéressante. On oscille sans-cesse entre le positif et le négatif. C’est une fenêtre ouverte sur les gamins en difficultés pour lesquels on choisit une voie parce que c’est plus simple ainsi.

Ça fait réfléchir, c’est bien écrit et ça se lit vite : trop de bonnes raisons pour passer à côté.

« La pensée de l’hiver tout proche emplissait Kiyoyori de mélancolie. »

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Histoire :

Après la tentative d’assassinat de son oncle, Kazumaru se fait recueillir par un vieux sorcier. Celui-ci lui confectionne un masque de cerf et le renomme Shikanoko – l’enfant du cerf. Grâce au masque, Shikanoko ne fait qu’un avec la forêt et les esprits, et devient un être convoité.

 

Avis :

(Cette chronique est sponsorisée par les travaux de mes voisins du haut. Merci à eux pour cet accompagnement sonore inestimable.)

Entre Lian Hearn et moi, comme pour beaucoup d’autres, y’a eu le clan des Otoris. Une épopée dans le Japon médiéval qui comprend (si je ne me trompe pas) une trilogie et une préquelle. Je garde un souvenir fort du premier tome, j’ai été embarquée avec cette histoire de ninjas et de parquet du rossignol ! C’était beau et fascinant et prenant !

La suite, malheureusement, ne m’a pas accroché mais je crois que c’était entièrement ma « faute ». A l’époque, au final, je ne lisais pas tant que ça, je me lassais facilement (Internet et ma GameBoy Advance m’occupait vachement mieux).

Néanmoins, quand j’ai vu que Lian Hearn sortait une nouvelle série, j’ai été aimantée. Je savais son potentiel de narration. Je savais qu’elle m’emmènerait loin dans ce Japon d’un autre temps. Et quand le résumé évoquait la magie et les shamans, je l’ai glissé sous mon bras et direction la caisse !

Mentionnons déjà à quel point la couverture de ce livre est belle ! Avec ces reliefs et sa texture, c’est un immense plaisir de le glisser dans sa bibliothèque ! (un jour je vous ferai un post avec mon idée de la couverture moche, parce qu’on tombe parfois sur des perles)

Mais et l’histoire ? L’histoire est, comme je m’y attendais, prenante. Là où l’auteur a fait fort, c’est de nous faire intégrer une dizaine de prénoms et de clans sans que l’on se perde. Il y a des rappels au bon moment, des tournures impeccables pour nous remémorer que Truc est le cousin de Chose et tout va bien de ce côté-là ! (pourtant, ça aurait clairement pu être un point négatif. Même avec mon passé de dévoreuse de mangas et d’animés, et j’ai eu un moment de panique à l’afflux de noms (et des noms à rallonges hein, elle n’a pas fait dans la simplicité))

Mais du coup, on s’y retrouve, et l’immersion n’en est que plus forte. C’est une plongée dans les traditions autant que dans la culture occulte. La magie, ici, est loin d’être mignonne. Elle conduit au meurtre, au viol et à la domination de l’autre. Mais elle est aussi fascinante de mystères et de possibilités.

Une écriture simple pour un récit profond, des personnages prometteurs (les filles, en particulier, s’imposent sans se perdre dans une badasserie ridicule (je suis pour l’égalité, mais y’a des héroïnes qui, en voulant se montrer fortes, se cassent juste la gueule. Gianna, tu m’entends ?)). Je suis très curieuse de ce qui va se passer car les intrigues vont bien finir par se rejoindre, et ça promet du lourd !

Un livre aussi beau dehors que dedans, en somme. Vivement la suite !!

 

« Le lycée a beaucoup de points communs avec la prison »

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Histoire :

Besoin de drogue, d’alcool pour votre soirée, de trouver une copine ou de virer un élève ? Jesse est l’homme qu’il vous faut. Lycéens comme enseignant, personne n’hésite à le payer grassement pour obtenir ce qu’il veut.

Un jour, on vient trouver Jesse pour gagner un rencard avec Bridget. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’était de tomber amoureux d’elle.

 

Avis :

Le résumé m’a donné envie de hurler. Forcément FORCEMENT il doit tomber amoureux de la fille, pourquoi faire un roman cynique, hein ?

Mais comme on me l’a prêté et qu’il était court, je n’allais pas non plus cracher dessus. Une fois n’est pas coutume, le marketing n’appuie pas sur mes points sensibles. Cet amour de Jesse pour Bridget n’est pas si central, pas si omniprésent… ce qui est très agréable finalement ! (pourtant, avec ce résumé, je n’aurais jamais dépensé de sous pour le lire. C’est triste de pas suivre la tendance ahaha)

Cet amour de Jesse pour Bridget (qu’il doit caser avec le sportif sexy du lycée) lance l’action mais ne la mange pas. J’ai été de toute façon bien plus intéressée par la foule de persos qui gravitent autour de Jesse que par Bridget qui, en dépit des efforts notables de l’auteur, en ressort plutôt fade. Dommage.

Mais un mal pour un bien, le frère de Bridget n’en est que plus mis en avant, ainsi que Joey, l’amie de Jesse, ou les différents dealers… Si j’ai parfois grincé des dents quand on tombait dans le cliché général (Bridget n’est pas comme les autres filles parce qu’elle ne glousse pas stupidement, ne profite pas de sa grande beauté et dit bonjour avec sincérité. Moui, bon, n’exagérons pas non plus. Notez quand même qu’elle est très belle, hein ? Ce serait con qu’elle soit banale) j’ai tout de même passé un bon moment, et ça je ne peux pas le nier.

Le rythme est bon, la voix de Jesse piquante, son évolution plutôt bien faite, le frère de Bridget détonne agréablement… Non, vraiment, sans être le livre du siècle il m’a bien plu. Je suivrai cette auteur du coin de l’œil :) (je ne lui reproche vraiment que la toute fin parce qu’elle aurait PU faire quelque chose d’original mais non, ça m’a frustré !)

 

« Scélérats, prenez garde ! »

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La collection R me fait souvent de l’oeil, un truc dans les couvertures et les pitchs qui m’attirent à chaque fois… Malheureusement ça fait cher et la mention d’histoires d’amour dans les résumés m’empêchent de sortir le porte-monnaie pour tenter le coup aussi souvent que je voudrais.

Heureusement, une libraire m’a gentiment prêté quelques exemplaires presses, et parmi eux les Clans Seekers qui m’attirait ! Alooooors :

Histoire :

Quin, Shinobu et John touchent au terme de leur formation de Seekers. Toute leur enfance a été bercée par les récits d’héroïques Seekers sauvant la veuve et l’orphelin, par les aventures de leurs pères qui sont aujourd’hui leurs instructeurs.

Et si la vérité n’était pas si belle ?

 

Avis :

Beaucoup de chouettes éléments sont à souligner dans ce premier tome. La galerie de personnages « secondaires » tout d’abord, entre les familles de chacun, la place discrète mais forte des mères, les Effraies, ceux que nos héros croisent sur leur route… Ils m’ont presque plus accroché que le trio principal (exception faite de Shinobu, mais j’y reviendrai). Cette chevalerie des temps modernes, entre magie, technologie évoluée et âme de Robin des Bois, était aussi vraiment sympa ; le mélange fonctionne étrangement et donne envie de savoir l’origine des artefacts des Seekers. Le rythme, enfin, m’a bien plu. J’ai ouvert le livre sans savoir à quoi m’attendre (pas de résumé sur mon exemplaire presse, ce qui est cool en fait) et la découpe des parties m’a agréablement surprise. Plutôt qu’une quête linéaire, l’auteur a tranché en trois étapes pour ce premier tome, permettant un développement original des personnages.

Bon, parlons du trio infernal. Là il y a du bon et du moins bon (voire très maladroit). Déjà il est dit à peu près en ces mots que « Quin est belle », « John est beau » et « Shinobu est d’une beauté parfaite ». Hem… Que Quin trouve John beau et inversement passe, car ils sont en couple (no spoil, c’est l’ouverture du livre, chose que je trouve chouette d’ailleurs (qu’ils démarrent ensemble)). Même si bon, on apprécierait que ce soit plus subtil. En ce qui concerne Shinobu, sachant qu’il est japonnais et roux (combinaison parfaite de ses deux parents) il y avait de quoi accentuer sur cette originalité plutôt que sa perfection. Dommage donc.

Restons sur Shinobu tiens, je l’ai beaucoup aimé, de très loin, et pourtant il partait mal. Le livre commence et on guette les trois points de vue équitablement répartis entre Quin, John et Shinobu. En fait on lira surtout John et Quin sur toute la partie 1, jetant Shinobu dans la case « le type qui n’a pas eu la fille et a les nerfs ». Hmmm Sachant que ce personnage a passé son enfance ENTIERE avec Quin et quand même plusieurs années aux côtés de John on aurait aimé avoir un peu plus à se mettre sous la dent. C’est vraiment dommage et maladroit. Franchement, il se sauve plus tard, mais l’absence totale de relation entre John et Shinobu m’a beaucoup gêné.

Pris séparément Quin et John sont sympathiques. John surtout parce que son background est accrochant. Quin est plus classique en un sens, mais ça aurait pu passer si elle ne se retrouvait pas en permanence au centre de préoccupations amoureuses.

Le livre parle de choses assez dures, quand même. De morts, de trahisons, de magie, de mystères… je vous jure qu’on s’en fiche royalement de leurs papillons dans le ventre (surtout quand ça sort de nulle part…)

Dernier point négatif, moins fort mais tout de même : il manque un contexte. On ne connait ni l’époque, ni la dimension. Est-ce un univers alternatif ? Est-ce dans le futur ? La technologie est-elle juste celle des Seekers ? Pourtant on parle d’ambulance, il est donc assez surprenant qu’aucun n’ait un téléphone portable, par exemple. Il manque vraiment un gros morceau pour nous situer, ce qui m’a souvent perdue quand on sortait de l’action.

MAIS ça reste une lecture sympathique (Shinobu, vous dis-je, est vraiment un personnage plaisant, qui se détache de ses pairs dans ce bouquin. Maud est aussi très originale), et je mettrai avec plaisir la main sur le tome 2 pour voir où ça nous mène.

Pas d’énorme coup de cœur, donc, mais un attachement notable malgré tout :)