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 » La force n’est pas tout, et tu es rapide et agile. Un défaut cache souvent une qualité. »

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(Cet article est publié en parallèle sur le journal de la Plume d’Argent, dans le cadre du thème « le couple »)

Histoire :

Depuis toujours, Claris et Jad, qui sont jumeaux, peuvent communiquer dans l’esprit l’un de l’autre. Ils vivent à Salicande, une vallée isolée ou la vie semble paisible. Pourtant, quelques années plus tôt, la mère des jumeaux a disparu de façon mystérieuse ; Blaise, le précepteur, sent que la forêt s’agite étrangement et les migraines de Jad gagnent en intensité.

 

Avis :

  • Qu’est-ce que tu as contre l’amour ?

Claris s’arrêta net, exaspérée.

  • Mais on s’en fout de l’amour ! Le problème, c’est que les choses vraiment intéressantes, comme les dragons, les quêtes, les épées, les batailles, les stratagèmes, tout ça, ce n’est jamais pour les filles.

C’est par le plus pur des hasards que je me suis lancée dans les Éveilleurs. Le résumé parlait de jumeaux aptes à communiquer télépathiquement l’un avec l’autre… Quel meilleur lancement pour parler de couples, de pairs ?

Clairement, oui, l’univers des Éveilleurs repose sur des liens extrêmement forts tissés entre chaque personnages (et il y en a !). Claris et Jad, d’abord, qui lancent l’histoire ; Claris et Jad, les jumeaux complémentaires. Handicapé par sa maladie de cœur, Jad a grandi dans le calme ; expert en méditation, garçon patient et attentif, il aime s’occuper de ses bonsaïs et lutte contre son mal en pratiquant L’Unir, une méthode de relaxation de leur monde. Puisque son frère ne pouvait plus faire de cheval ou pratiquer l’escrime, c’est Claris qui s’y est jetée corps et âme, ne cessant de courir que pour dévorer des romans, perchée sur une petite corniche.

Aussi blond que l’autre est brune, leur relation est à mi-chemin entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Le mystère qui les entoure est esquissé par touches ; si les capacités de Jad deviennent vite évidentes, celles de Claris demeurent plus nébuleuses. Sont alors abordés des sujets plus communs – le passage à l’âge adulte, le dépassement de soi, la peur d’être laissé derrière – avec une grande délicatesse et justesse, les peurs d’un jumeaux toujours soutenues par l’autre.

Jad s’en voulut de sa véhémence. On n’obtenait jamais rien de Claris en la prenant de front ou en la contraignant. Elle se braquait […] Contrairement à lui, il ne suffisait pas de la raisonner pour la convaincre. […] De surcroît, procéder autrement aurait été stupide, car quiconque avait vu Claris agir avec passion, avait vu ses yeux étinceler et entendu son rire, n’avait qu’une hâte : se faire éclabousser de nouveau par cet enthousiasme.

Plus on avance, plus les pairs se multiplient. L’auteur prend son temps, les développe, passe d’un point de vue à un autre sans que cela choque. Ainsi les parents des jumeaux sont régulièrement évoqués, mais nous passons aussi beaucoup de temps avec Blaise, personnage fantasque à la longévité incroyable. L’amitié de Blaise et Eben – le Duc de Salicande, père de Claris et Jad – est aussi prenante qu’agréable. Tout comme le couple Borges, qui apparaît peu après, on réalise qu’il est parfaitement possible de lire un livre jeunesse en accordant la moitié de son temps aux adultes.

Je pourrais aussi m’attarder sur les filles Borges, sur Ugh, sur Chandra, sur Blanc-Faucon… mais passons à un autre point.

Le monde à lui seul vaut un petit détour. Salicande est une vallée isolée de tout, dominée par un phare rempli de livres et le château. On nous parle de Syzifs, d’arbres-églises, de chococaf, de dulcepiels… Tout semble être une plongée dans un monde étrange et très vert, un lieu agréablement Moyenâgeux où on imagine déjà des combats à l’épée et des cérémonies au goût d’ancienneté. Sauf qu’on évoque aussi Harry Potter et Star Wars, et on doit accepter que Salicande est une vision d’avenir.

Pas si lointaine d’ailleurs. Les Éveilleurs se passe peu de temps après l’effondrement de notre monde, nous en sommes aux balbutiements de la reconstruction.

Le tome 1, plus qu’une aventure, est un voyage. Un voyage aux côtés de Claris qui n’accepte pas le changement et de Jad qui s’émancipe. Il est difficile de résumer autrement qu’ainsi, et c’est ce qui a fait, pour moi, l’originalité de la lecture. L’auteur prend son temps, vraiment beaucoup de temps (le tome 2 m’a donné l’impression d’une vaste réflexion sur un tome entier avec, en parallèle, la découverte d’un nouveau lieu) mais c’est très intéressant et très bien fait. La plume de Pauline Alphen est d’une fluidité et une légèreté à faire pâlir de jalousie. On enchaîne les pages comme un rien, profitons d’une longue promenade à Salicande, Vieil-Ambre, jusque dans les montagnes, le tout ponctué d’informations sur la catastrophe du passé.

Le tout arrosé de réflexions sur la nature, sur le vivre-ensemble, sur les différences filles-garçons, sur le deuil, sur l’amour, sur le vivre-ensemble… Une belle découverte.

  • Bouger ? Nous l’avons fait, ne t’en souviens-tu pas ? Nous nous sommes levés et nous avons marchés sur Saroumane pour aider les hommes à vaincre le Mordor. Cela nous a-t-il valu plus de considération ? Non. Nous sommes retournés à la forêt et, aux yeux des hommes, nous sommes redevenus des arbres « plantés là ».

« De nombreuses fois, nous avons essayé d’établir avec vous un vrai contact. Oh, nous avons eu de grands et merveilleux émissaires : Tolkien, Lewis Caroll, Stevenson, Crowley, Spielberg, Lucas, Fakhouri, Fontenelle, Fetjane, Barker, Swift, Cameron, Mary Poppins, les frères Wachowski, Kuschner, Balthazar Sot, Mine Dancre, Sérélène ![…] »

Il était la lumière et la beauté, et il était le mal.

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Ohlalà j’ai mis tellement de temps à poster ! Je lis déjà très lentement en ce moment, mais si je traîne la patte en plus ça ne va plus…

Alors donc :

Résumé :

La maison du vieux Kessler était perdue dans les bois…
Une ferme splendide et pleine de recoins, où Phil et Gloria pensaient trouver le calme, loin de la ville et de l’agitation. Mais ce que trouvent leurs trois enfants est bien différent : d’étranges histoires de clairières hantées, de lueurs qui dansent dans la forêt et de trésors enfouis…
Tout un monde secret, enchanté par l’ancienne magie celtique et habité par de mystérieuses présences. S’agit-il des fées et du vieux peuple des légendes? Ou d’êtres plus dangereux, animés de désirs inquiétants ?…
Bientôt, ce qui avait la couleur du rêve se change en un terrifiant cauchemar. Des puissances oubliées se sont réveillées et convoitent les enfants. Pire encore: leurs âmes.

 

Avis :

Avec un résumé aussi alléchant et sombre, on s’attend à des attaques à tous les coins de cette histoire : que nenni ! Adoptant un rythme tranquille, le récit prend des allures de thriller (qui était ce vieux Kessler ?) et de chasse aux trésors. Différents personnages viennent se greffer à la famille principale, chacun animé de sa propre quête.

Mauvais rythme ? Je ne pense pas. J’ai pris du plaisir à ce que le quotidien se charge d’une telle importance. Je l’ai trouvé d’autant plus efficace que l’incursion du fantastique se fait vraiment progressivement, comme une maladie qui toucherait d’abord les plus jeunes avant de frapper les adultes. Il y a des moments forts et très efficaces dans ce roman. L’écriture me rend plus dubitative. Globalement, c’est bien écrit, mais l’auteur a parfois semblé s’emballer, a voulu en faire des tonnes dans certains passages et ça donne des répétitions à n’en plus finir pour une chose qui aurait pu être dite plus efficacement (je crois que c’était le mot « désir » qui pullulait sur une page entière).

La fin m’a bizarrement moins emballée que tout le reste. La résolution m’a paru trop soudaine en comparaison, le changement de genre un peu maladroit (le côté suspens/horreur du début laissant place à une espèce que quête initiatique plus « enfantine »). Quant au long dialogue explicatif, il arrivait un peu tard, comme si l’auteur avait soudain voulu donner pleins de détails alors qu’on se serait satisfait d’une grosse part de mystère persistant (et puis bon, le classique « je vais vous donner les dernières informations avant que sonnent la fin des douze coups de minuit » ça ne marche pas si les-dites explications semblent prendre 15 minutes…)

Les personnages étaient très sympa. Je trouvais dommage que les passages du point de vue des enfants n’adoptent pas un style plus enfantin, justement, mais il y avait une certaine justesse dans les actes et les réactions alors ça restait très agréable. J’ai beaucoup aimé l’adolescente (même si la conclusion de sa relation amoureuse était si improbable que je n’y ait pas cru jusqu’à ce qu’on en parle comme d’un fait accompli… je ne dis rien de plus) mais les adultes avaient particulièrement mon affection. Leurs personnages étaient franchement intéressants.

En bref, ce livre très chouette m’a fait réaliser que je ne lisais jamais de fantasy, et que c’était dommage. J’ai eu l’impression d’entrapercevoir un univers grouillant de possibilités et ça m’a donné l’eau à la bouche.

« Promets-moi que tu veilleras sur eux. »

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J’ai terminé cette très chouette trilogie ! L’histoire de Kate, Michael et Emma, frère et sœurs, que leur parents déposent à l’orphelinat alors qu’ils sont très jeunes, promettant qu’ils se reverront un jour. Un beau récit de fantasy bien plus adulte qu’il n’y parait.

Le Dernier Grimoire offrait une très bonne conclusion, qui s’est permis de ne pas aller trop vite et dont l’intensité fait tourner les pages. J’aurais tout de même tiqué sur une habitude de l’auteur (qui ne m’a pas marqué dans les deux premiers tomes, donc le faisait-il déjà autant ?) : les retours en arrière. Régulièrement on attaque une scène par sa fin, mais l’auteur nous en réécrit tout de même les moindres détails/bout de dialogues. Ça rend ces instants parfois confus, et parfois on se demande clairement pourquoi avoir attaqué par la fin.

Ça n’empêche pas que ces livres, qui n’ont pas forcément une grosse visibilité je crois, valent le coup d’être découverts <3

 

En ce moment je me fais une petite cure de Marie-Aude Murail parce qu’on m’a prêté la série des Emilien (Baby-sitter blues & cie.) Je ferai certainement une petite pause pour caser un roman qu’un de mes libraires préférés m’a conseillé, puis la fin de la Voix de la Meute m’attend, puis un roman de zombie (-ish… je me base sur les infos du résumé pour ça) qui me tente depuis longtemps… Bref, c’est la foulie (et je ne vous liste même pas les textes sur Internet qui me font de l’œil ! Arg !)

Et vous, c’est quoi vos lectures/envies du moment ? (dites-moi tout mouhahaha)

« On ne le voit que pour mourir, sa faux vient nous décapiter »

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De l’auto-édition aujourd’hui ! Ce qui veut dire que ce roman ne s’achète que sur Internet, il faut donc me faire confiance (mais, de cette façon, ces auteurs encore un peu dans l’ombre sont reconnus <3)

Histoire :

Cela fait cinq cents ans que le Royaume de Brocéliande et le Royaume de l’Est sont en paix. Des festivités toutes particulières sont organisées à Brocéliande le soir de la Samain pour célébrer cet anniversaire. C’est à cette occasion qu’Erwan Segame, jeune sylphe en devenir, fait la rencontre de Luan. Sans elle, ses pouvoirs de sylphe resteront enfouis à jamais. Il est clair, cependant, que Luan en sait plus qu’elle ne veut en dire sur les évènements macabres survenus depuis l’arrivée des invités de la Samain. Tentant de tirer cette affaire au clair, Erwan se retrouve projeté aux premières loges d’un conflit que rien ne semble pouvoir désamorcer.

 

Avis :

La première fois que j’ai lu « Les invités de la Samain », ça portait un autre titre. C’est un chouette hasard qui m’a poussé à relire une de mes fanfic Harry Potter préférées, à le signaler à son auteur avec qui je me suis mise à correspondre. « Quel est ce projet de livre sur lequel tu travailles ? » avais-je demandé ; et quelques années après le voici. Tout beau tout neuf sous le soleil, pour le moment auto-édité mais, je l’espère, un jour disponible dans les librairies !

Wouah… pour de l’intro lyrique, c’en est une… Il n’empêche que je suis sincère : ce livre mérite de se faire connaître ! Les réécritures effectuées dessus ont été plutôt impressionnantes : je me souvenais d’autres points de vue, aujourd’hui disparus pour donner la pleine place au seul narrateur qu’est Erwan Segame.

Brocéliande se dévoile tout au long de ce tome à travers ses créatures, sa végétation luxuriante, sa magie qui vrombit dans chaque chapitre et sa culture à la fois ancestrale et bon enfant. À la Sylve, on côtoie les gnomes, les fées et les korrigans. À la Sylve, on adore faire courir les rumeurs, bien boire et bien manger ! Comment ne pas s’attacher à cette terre chargée de traditions et pourtant d’une agréable simplicité ?

Sous la plume travaillée de Louknaille se dessinent des paysages enchantés, des événements qui s’emballent de plus en plus et des personnages attachants.

Je m’arrête d’abord sur eux puisqu’ils portent très bien le récit. Les actions arrivent à jongler entre tous, au terme de ce premier tome ce sont déjà des amis, des gens qu’on désire retrouver, qui nous ont fait sourire par leur humanité. Erwan, demi-sylphe, est un jeune homme désireux de faire ses preuves, courageux mais parfois tête de mule, patriote, hargneux vis-à-vis de son père mais toujours là pour ses amis. Je dois reconnaître que s’il m’est très sympathique, il n’est pas non plus mon favori. Je le trouve néanmoins très bien pour faire le pont avec les autres personnages, plus piquants. De Yan Adali, cavalier talentueux mais fragile, à sa fille, la douce Kannaïg (qui n’est pourtant pas laissé de côté et se dévoile au fur et à mesure !) ; De Galba, l’ami attentif, à Guillaume, l’étudiant fasciné… Et puis, n’oublions pas Luan, n’oublions pas Anne, Muinremur, Adiatumara, Cathbad, Maelan, Glitonea… Bref, vous l’aurez compris, une sacré galerie ! On ne s’y perd pourtant pas et chacun trouve sa place, son rôle, dans l’intrigue.

Mention spéciale aux filles, en ce qui me concerne. J’ai un gros coup de cœur pour Anne et Luan <3 (mais aussi pour les personnages de Guillaume et Namanto (que j’espère voir davantage dans les autres tomes (Louknaille si tu m’entends :p))

Je tiens aussi à saluer le rythme du roman. Je crois qu’aucun chapitre, personnage, moment, histoire, objet… n’est inutile. J’aime ces histoires où les trois-quart de ce qu’on te dit ou montre est réutilisé. C’est le cas ici, rythmé par une intrigue qui ne trouve de repos qu’à la fin (et encore…). Pas de longueurs, dans ce roman, mais une perpétuelle découverte (personnage, culture ou légende).

Il traînait encore quelques coquilles dans les premiers exemplaires, mais Louknaille corrige quand on les pointe (ça ne me paraît pas dérisoire de le citer). La langue est belle, parfois peut-être un peu pompeuse mais globalement très accordée au ton du roman. Et si certains passages nous laisse entrevoir qu’il y a eu de sérieuses découpes dans la réécriture, ça ne gâche cependant pas le plaisir de cette lecture <3

Je vous ais convaincu ? Vous voulez poser les yeux dessus ? C’est par ici alors !

« comment redouter quelque chose qui faisait depuis toujours partie d’elle ? »

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« Pourquoi tu ne fais pas de critiques de textes en ligne sur ton blog ? » m’a demandé une amie il y a peu.

C’est vrai ça… pourquoi ? Bah… parce que j’y ai jamais pensé en fait. Mais c’est une excellente idée, et je vais tâcher de m’y mettre !

Les communautés d’écriture se multiplient sur Internet, pleines d’histoires diverses et variées, parfois à reprendre, parfois très mauvaises, parfois génialissimes… Ce n’est qu’une vaste librairie en fait, où le travail des éditeurs est remplacé par la collaboration des uns et des autres (je sais, c’est beau, on chante Kumbaya en session Skype quand l’inspiration nous lâche :p)

Vous allez me dire « tu parles des fanfictions, hein ? ». Et bien, oui et non.

Il y a effectivement un nombre de fanfic (= textes de fans centrés sur un univers existant, comme Harry Potter, Thor, Mon Petit Poney ou Avatar (je déconne pas, tout se trouve)) assez hallucinant. Elles sont d’ailleurs parfois un peu mal vues parce qu’il y en a tellement qu’on associe souvent les fanfics avec des textes pleins de fautes, bourrés du fantasme des ados qui les ont écrit parce que crotte, Bella elle aurait dû finir avec Jacob !

Là je dis « attention ». Des fanfics, on peut en trouver des fabuleuses <3 Des fanfics riches, creusées, qui ont simplement poussées plus loin ce qu’un film ou un livre n’auront qu’esquissés. J’ai lu des histoires incroyables sur l’univers d’Harry Potter. Amateurs, certes, mais recherchées, bien écrites et pleines d’amour de l’auteur pour le travail de JK Rowling <3

Mais il n’y a pas que des fanfictions ! Internet recèle aussi de coins tout chaleureux où les auteurs amateurs (auteurs d’histoires originales donc, pas que auteurs de fanfics) rêvent à plusieurs de la possibilité de se faire éditer. Et comme c’est un chemin long et laborieux, ils postent leurs écrits en ligne et récoltent les avis des autres.

Voilà le genre de critiques que je vais donc essayer d’ajouter, les critiques de ces textes que j’ai eu la chance de lire, qui sont disponibles en ligne (les bouquins, on est d’accord, ça coûte bonbon) et qui ont l’avantage de permettre une communication directe avec l’auteur !

Ce ne sera pas forcément des histoires terminées, mais c’est aussi un petit plaisir de lire deux chapitres et de devoir attendre que l’auteur poste la suite (un plaisir un peu maso, ok, parce que parfois l’attente est dure…)

Bon alors… c’est partit :

 

DP

Derrière les Portes par Neila

Disponible ici : http://www.plumedargent.com/viewstory.php?sid=737 ou ici http://www.alleedesconteurs.fr/fictions/derrierelesportes/

Histoire en cours. Le premier Mouvement (tome) est terminé et actuellement en cours de réécriture (les 8 premiers chapitres sont à ce jour actualisés)

Le premier Mouvement fait 38 chapitres, l’histoire est prévues en 8 Mouvements (longue épopée donc <3)

 

~Histoire :

Imaginez une ville d’une blancheur éblouissante, où les hommes n’ont pas seulement rêvé la société parfaite mais l’ont créée. L’endroit au monde où le taux de criminalité est le plus bas, où famine, misère, meurtre et convoitise sont des mots étrangers, où tous se respectent et vivent selon les préceptes religieux et moraux les plus vertueux qui soient. Mais même la perfection à un prix : la tolérance zéro.

Maintenant imaginez des individus capables de tuer d’un seul regard, d’ouvrir la terre en deux, de répandre le chaos autant que la justice, s’affranchissant sans vergogne des lois qui régissent depuis toujours l’univers façonné par Dieu. Jusqu’où croyez-vous alors les hommes susceptibles d’aller pour défendre leur monde idyllique ? Jusqu’où croyez-vous que ce désir maladif de perfection les ait poussés ?

Peut-être jusqu’à l’irréparable…

~Avis :

Quand j’ai mis le pied dans le monde des communautés d’écritures, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Derrière les Portes (DP pour les intimes) est un de mes premiers gros coup de cœur. J’ai dévoré les chapitres en me coupant totalement de la réalité, ouvrant de gros yeux à chaque détail, le cœur battant au même rythme que celui d’Hayalee.

Hayalee, c’est notre narratrice et l’un des personnages principaux. Hayalee, c’est la fille qu’on ne peut pas détester, c’est la preuve qu’un personnage d’histoire peut nous sembler vrai. Tout dans ses gestes, ses réflexions et ses actions sonne authentique. Elle est timide mais têtue, avide de bien faire et a un cœur gros comme ça. Mieux, elle évolue sur tout le premier Mouvement. Neila a su faire en sorte que ce que vit son personnage la fasse grandir et changer sa vision du monde ; ça paraît couler de source, dit comme ça, mais c’est très difficile et, parfois, on lit des bouquins où le personnage nous semble rater une étape dans son évolution.

Pas là. Pas dans DP où le monde se dévoile à travers Hayalee, à travers ce qu’elle croyait savoir et ce qu’elle doit ré-apprendre.

Mais j’ai bien dit « l’un des personnages principaux ». Ils seront nombreux, et je refuse de vous parler de tous pour que vous les découvriez petit à petit (arg il y en a pourtant un sur lequel je pourrais m’étaler :p), mais je ne peux pas évoquer Hayalee sans citer Saru. C’est le tandem de base, qui porte le récit sur 38 chapitres qu’on ne voit pas passer. Si elle est souriante et douce, il est ronchon et cassant. Pourtant, on ne fait pas meilleur duo. Saru et Leelee sont drôles, touchants et tellement humain <3 Je ne compte pas les fois où j’ai sourit de les voir juste ensemble. Il en arrive un stade où même leurs silences sont parlant.

Le monde n’est qu’entraperçut dans ce premier Mouvement ; mais nul doute qu’on le verra au maximum sur l’ensemble de l’histoire. Ce premier coup d’œil est déjà riche, on en redemande rapidement !

Ajoutez cela à une galerie de personnages sur lesquels on a encore pleins de trucs à apprendre, à une histoire prenante, à des secrets qui s’attardent, à une écriture vive, jolie et fluide… Vous obtenez une excellente histoire de fantasy ! Pleine d’originalité et de tendresse <3

À découvrir sans attendre !

~Extrait :

Oubliant son rêve, Hayalee s’arracha au cocon douillet de ses couverture et s’assit sur le rebord du lit. Le froid de la pièce la fit grimacer. Sur sa droite, les premières lueurs du jour s’engouffraient déjà par la fenêtre.

Sa chambre n’était pas bien grande, à l’image de la maison, mais Hayalee n’avait pas besoin de beaucoup d’espace pour se sentir bien. La haute armoire confectionnée par son grand-père près de la porte, ses chaussettes qui traînaient sur le tapis, son bureau en chêne ou encore son étagère qui ployait sous le poids des livres étaient autant d’éléments qui lui rappelaient qu’elle était chez elle. Dans sa modeste chambre d’adolescente ou régnait un joyeux bazar.

Un véritable bric-à-brac s’étalait sur le bureau : une brosse à cheveux, des plumes, des bouteilles d’encre ouvertes, des feuilles de parchemin couvertes de runes parfois accompagnées de graffitis, des manuels empilés à la hâte et des bougies dont la cire s’était collée au bois. À côté de ça les vêtements entassés sur la chaise commençaient à former une belle masse de tissu qu’Hayalee s’était promis de ranger… une dizaine de jours plus tôt.

Trop de sapins.

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Voici venir la plus longue critique de mon existence… elle m’a un peu échappée, je l’avoue…

Histoire :

À 18 ans, Cassiopée est contrainte de quitter l’orphelinat dans lequel elle vit depuis ses 6 ans.
Seule au monde, l’adolescente est lâchée dans la ville. Alors qu’elle vient de se faire violemment agresser par deux inconnus, elle fait la connaissance du mystérieux et séduisant Gabriel. Grâce à lui, Cassiopée découvre sa véritable nature : elle fait partie des Myrnes, un peuple ailé doté d’incroyables pouvoirs sensoriels…

 

Avis :

Dans le cadre d’un concours, France Loisir et Nouvelles Plumes ont sortit ce livre. Le résumé présentait une faute sur le site et l’extrait était ma foi… étrange. Je me suis donc arrangée pour me procurer la bête et ma lecture fut laborieuse. Je tiens à préciser que je ne l’ai pas lu seule, je n’ai donc pas le monopole des blagues. Sur ce…

Laissez-moi d’abord vous faire une présentation exhaustive des principaux personnages des ailes d’émeraudes (l’histoire se passant aux État-Unis, on est en droit de se demander pourquoi certains prénoms ont des accents (Cassiopée, Marlène, Manassée). On peut aussi se demander pourquoi leurs surnoms sont Gab et Cass et non pas Gabe/Gaby ou Cassie… mais nous ne le ferons pas) :

Tout d’abord nous avons Cassiopée, la fille douce-mais-forte (oui, comme le PQ) qui ne sait jamais ce qu’elle veut, ne pose jamais de questions sauf quand c’est pas le moment et qui a de sérieux penchants pour la violence (elle traite tout le monde de psychopathe mais, en fait, c’est elle qui l’est…). Cass a les cheveux marrons, est « maigre avec une poitrine proéminente » mais ne se trouve pas belle (bien sûr). Le but ultime de chaque perso de ce livre sera de lui rappeler à quel point elle est maigre (mais bien foutue. Garce.)

Gabriel le Cabillaud, l’Homme du livre qui passe de « grand » à « gigantesque » (j’estime donc qu’il atteint les 3 mètres entre le début et la fin du bouquin), dont la peau devient soudain mate à la page 450 (pour coller avec ses origines Espagnoles et son nom de famille « Paricio » (qui pour le coup fait surtout Italien)), qui est trop fort, trop beau, trop vilain mais qui aime les enfants.

Camille le Gentil mais Rival. Camille est grand (lui aussi), beau (lui aussi) mais Camille est gentil donc non, c’est pas le même que Gabriel.

Saphira l’Insupportable, dont les monologues peuvent aller jusqu’à une demi page de rien du tout (mais on essaye de nous faire avaler qu’elle est très intelligente. Je suppose que le pari est louable, d’une certaine façon…). Saphira sait calculer de la mitose… si c’est pas une forme de génie ça.

L’histoire commence sur un pont. Cass, notre héroïne, a 6 ans et compte le temps que mettra le feu rouge à passer au vert. Il pleut, en face y’a un camion, sa moman aime sa petite fille et tout va bien. Mais tout d’un coup la maman parfaite se met à conduire comme une folle (on veut nous faire comprendre qu’elle a peur du gars dans le camion et qu’elle le fuit… mais personne ne conduit comme elle le fait quand on fuit), du coup sa voiture fait des roulés-boulés (sur un pont, oui), casse la rambarde (en fait ce devait un tank-twingo) et plonge dans l’eau (ballot).

Là, Cass est en mauvaise posture : la vitre arrière s’est brisée et un gros éclat s’est coincé dans son ventre, juste sous la ceinture de sécurité qui le pousse consciencieusement ! Ohlala va-t-elle survivre ?

Ce qui est surtout intrigant, en fait, c’est cet éclat à tête-chercheuse… Dans les voitures les vitres se cassent pas comme une fenêtre, justement. Et vous allez nous faire croire qu’un morceau de l’arrière s’est glissé devant, a trouvé la ceinture, est passé dessous juste pour que Cass ait une vilaine cicatrice sur le bidou ? On doit en être à la page 2 ou 3…

Le temps a passé et, orpheline de mère depuis l’accident, Cass souffre dans un orphelinat de style victorien. C’est abominable, ça lui donne l’impression d’être une sans-abris avec les tapis persans du salon, les canapés en velours et les salles de bain en marbre. En plus, les fenêtres sont mal isolées ! (je tiens à signaler que je cite ce qu’elle dit, là. Elle se compare vraiment à une sans-abris dans un logement précaire). Dans son orphelinat disposant de fenêtres à tous les étages (précisé dans la description, oui oui) où elle a passé son enfance à s’amuser à grimper dans le sequoia jouxtant le chêne du grand parc (sans commentaire…) Cass souffre.

Mais Cass est une fille forte qui ne pleure jamais, que tout le monde aime, sauf les gens de son âge parce que, vous comprenez, elle n’est pas branchée mode et fringues et petits copains comme TOUTES les ados de 18 ans qui logent avec elles !

Oui, Cass est un cliché. Et nous annoncer tout ça d’entrée de jeu ne l’empêchera pas :

  1. de chialer à TOUS les chapitres.
  2. d’être aimée par des gens de son âge en plus des enfants.
  3. De s’organiser une séance shopping « parce qu’on est une fille, on se refait pas » (citation exacte ou presque) quand elle sera poursuivie…

Ce qui en arrive à un autre détail de ce texte… Non, pas les listes comme je viens de faire, même si elles pullulent, mais à l’esprit de contradiction de Cass. Cette fille n’aura jamais le même avis de la page 1 à la page 700. Et c’est pas de l’évolution, mais de la méconnaissance (ou de l’emmerdement, je me tâte encore…)

La directrice veut la convoquer et, pfff, Cass râle parce que la directrice la gonfle mais elle l’aime bien. Elle lui en est reconnaissante mais scrogneugneuh comment lui être reconnaissante de sa vie ? C’est comme grandir sans maman mais en fait la directrice fait un peu la maman de tout le monde alors peut-être grandit-elle comme avec une maman ? Contradictoire, vous disais-je…

« La directrice était grande et mince » (les descriptions, c’est pour les morts…) et conversation :

  • Cass, ma p’tite Cass. Il va falloir que tu te barres bientôt. Tu es trop vieille.
  • Je sais. Et je peux pas poursuivre mes études parce que cet orphelinat n’est pas géré par l’état, vous utilisez votre seul argent d’héritière richissime qui a décidé de construire un orphelinat comme d’autres aurait envie d’aller au cinoche.
  • Exactement. Du coup, maintenant, mes moyens sont limités.
  • J’aurais dû faire un CAP…
  • Mais je te chasse pas, hein ? Oh et au fait, tu te souviens de Martin Kirk ? Le gars qui conduisait le camion à cause duquel ta maman est morte ? Il est sortit de prison pour bonne conduite.

Cass a donc compris : elle devra partir le lendemain matin. Le soir, comme elle est trop gentille et aimée de tous, elle s’occupe de tous les marmots de moins de 13 ans et leur raconte une dernière fois l’histoire qu’elle-même entendait avant de dormir. L’histoire d’un peuple dont des ailes de papillon leur poussaient au contact d’une fleur : OHO.

Un câlin à Tiphaine, sa petite sœur de cœur qu’elle aime trop, et au lit. Mais les adieux en plein jour, Cass est pas sûre de les supporter, alors Cass se barre en plein milieu de la nuit.

Cette fille est une sale égoïste…

Cass se carapate à Philadelphie pour faire sa vie. Elle trouve un job de caissière en claquant des doigts et crèche dans un motel miteux parce que… … bah on sait pas trop pourquoi : pour le plaisir d’être un motel pourri ? Nous découvrons alors une face insoupçonnée de Philadelphie : rues glauques qui se suivent, sales odeurs, clodos qui pullulent, jeunes avec mine patibulaire et chaînes autour du cou (on a UNE description de la populace locale et c’est celle-là quand même : magique. Même les feuilletons de TF1 ne nous offre pas tel cliché), chats faméliques, ruines et j’en passe… Oui, Philadelphie c’est en fait une espèce de vaste téci où le trafic de drogue et la prostitution semblent des boulots tout à fait honorables.

On en est presque déçu que Cass ne soit que caissière, tiens.

Après moult agressions de jeunes et la découverte qu’un type magnifique la zieute quand elle mange le midi à la cafét’ du coin, Cass rentre un soir chez elle. Enfin, à son motel. Elle prend alors la rue glauque et dangereuse de base et tombe sur… sur deux clodos qui veulent la violer et la voler (ou l’inverse, ils avaient pas l’air frais. Je pense qu’ils se partageaient un neurone)

Cass s’y oppose. Cass a peur. Et comme les clochards deviennent un peu trop entreprenants elle leur… casse la gueule…

Genre vraiment. Genre tibia explosé, mâchoire déboîtée et côtes brisées : VRAIMENT. Puis elle se prend un trop sale coup, s’effondre et un gus en marcel surgit de l’obscurité pour achever les deux types.

Laissant deux clodos pour morts il l’embarque plus loin : c’est le beau gosse du Casino-Cafétéria ! Là il l’engueule pour s’être mise en danger et s’en va.

La vie reprend son cours, parce qu’on est d’accord qu’elle va pas s’arrêter pour si peu (…) et… pardon ? Cass a-t-elle prévenue les autorités qu’un homme la stalke (un homme beau, certes, mais quand même ?) et que deux clodos lui ont sauté dessus dans la rue ? Non. Pourquoi me demandez-vous ? « Parce que » répondrait l’auteur. Reprenons :

Cass n’ose plus aller dans les ruelles glauques et dangereuses, ce qui est embêtant parce que c’est plus rapide pour atteindre le motel dans lequel elle sera sûre de chopper une maladie sous peu. Donc, elle décide d’affronter sa peur et de retourner sur le lieu de son agression : là le beau-gosse surgit à nouveau (je répète qu’il est beau à peu près aussi souvent que Cass tient à nous le rappeler) :

  • Mais t’es conne de traîner dans les rues qui craint ! Tu veux te refaire faire le portrait ?
  • Tu me suis, non ?
  • Oui.
  • OMG alors tu les as regardé me tabasser sans rien faire la dernière fois ?
  • Bah, tu te débrouillais bien. Tu les as pratiquement tué. J’ai attendu que tu sois au sol pour intervenir parce que bon, quand même, voilà.
  • Oh, OK. T’es vraiment trop con, je te hais, t’es con !
  • Un « merci » ça passe aussi.
  • Je ne te dirai jamais « merci » en 700 pages de bouquin. Et ce même si tu me sauveras encore 30 fois.
  • Me voici prévenu.
  • Tu t’appelles ?
  • Gabriel.
  • Moi c’est…
  • Cassiopée O’Brien. Ouais j’te salke depuis longtemps en fait. Je sais plein de trucs sur toi sauf ton âge, c’est bête, hein ? Allez, bye bye !

Et à peine a-t-elle le temps de voir que ses yeux sont bizarres qu’il disparaît. Wouah. Quel homme.

Dans un sursaut d’on ne sait trop quoi, Cass décide de partir définitivement (trop d’agressions certainement). Elle retourne donc à l’orphelinat pour voir Tiphaine. Ti… qui ? Mais si, Tiff, sa petit sœur de cœur qu’elle aimait tellement qu’elle est partie sans lui dire au revoir. Attention, hein : elle va pas voir la dirlo et les autres avec qui elle a grandit. Juste Tiff. Qui, c’est ballot, lui fait la tronche : mais deux minutes suffisent à les rabibocher et Cass part.

Elle longe euh… à la lecture ça ressemblait à une autoroute, quand Gabriel surgit dans une bagnole (mais où a-t-il eu son permis au fait ?) :

  • Vas-y grimpe.
  • En voiture avec toi ? Toi le salaud trop magnifique qui me stalke ?
  • Zy-va grimpe.
  • Je t’ai dit que je te déteste ?
  • Oui.
  • Que tu es immonde ?
  • Oui.
  • Que je te fais pas confiance et que tes yeux sont louches ?
  • Ouais.
  • Bon je grimpe, mais parce que je sais pas où aller.

Gabriel la conduit jusqu’à un hôtel de luxe et la lâche là en lui disant que c’est déjà payé, qu’elle doit lui faire confiance et n’ouvrir la lettre qu’il lui met entre les mains qu’une fois dans la chambre. Là, sûrement, elle aura des explications. Cass prend l’enveloppe et pénètre le Ritz.

Après une description incompréhensible d’un escalier décoratif (on a vérifié sur le site du Ritz (que l’auteur a dû consulter) et l’escalier est parfaitement praticable), Cassiopée est conduite à sa suite royale effectivement réservée (et maintenant que j’y pense je me demande bien où ils ont trouvé le fric pour ça…). La chambre est magnifique, une baie vitrée qui va du sol au plafond couvre le salon (et on s’en fiche que ce soit la description même d’une baie vitrée, dans le doute on précise).

Cass estime que les explications, bah, c’est pas pressé (n’est-ce pas… toi ça fait déjà 200 pages que tu veux te tirer une balle mais non, prenons d’abord une douche…). Après une description de l’enveloppe (oui.) où tu ne sais plus dans quel sens elle finit par la prendre, Cass y découvre une fleur fanée scotchée dans le fond. Elle la touche et VLAN : piqûre.

Elle lâche l’enveloppe, va se pieuter, et se réveille plus tard malade comme un chien. Nous sommes ravie d’apprendre qu’elle dégueule et se tape une chiasse de tous les Diables (encore une fois, malheureusement, je n’invente rien). Le lendemain soir elle va un peu mieux mais quelqu’un entre dans la chambre.

S’en suit une rencontre fumeuse avec une armoire à glace russe qui l’agresse et tente de la tuer. Cass riposte avec son tazer, qui fonctionne, et s’enfuit par la fenêtre à l’aide d’un drap.

Oui oui oui… n’allons pas plus loin dans les détails.

Ah oui, elle a brûlé la fleur avant. Bref, Cass se barre et va… dans un motel miteux… …

Cass doit se cacher. Elle rencontre Bob-le-clochard n° 33 (c’était pas Bob mais on s’en fiche) à qui elle file sa carte de crédit pour qu’il retire un peu partout et qu’on perde sa trace. Avant ça elle a passé la JOURNEE à faire du shopping et traîner chez le coiffeur ou Mike, gay cliché de son état, refuse sa demande de la teindre en rousse pour lui faire une teinture noire et lui couper les cheveux au carré.

Fa-sci-nant. Épique. Ridicule au possible.

Durant la journée, quelque chose gêne Cass dans le dos mais bon, comme à chaque fois, elle s’en fout et attend le soir, dans son motel qui craint, pour vérifier ça avant de prendre sa douche.

Cass a des ailes. De grandes ailes de papillon vert émeraude (oh tiens, le titre) qui font l’épaisseur d’une main, ont des os (…) mais qu’elle ne… sent pas… Genre… rien du tout. (plus tard on apprendra que ce sont des muscles qui fonctionnent pas comme les autres muscles et que c’est comme Peter Pan, il faut une pensée heureuse pour qu’elles battent. Des ailes vachement pratiques donc)

De grosses recherches ont été menées sur cette histoire.

Cass cache ses ailes sous son t-shirt (oui mais oui BIEN SUR. Remarquez ce sera de pire en pire ces ailes. Jusqu’au pull « Tiendé » qui est en fait un gilet à l’envers.) et file vers sa chambre où elle n’est pas au bout de ses surprises. Un mal de crâne horrible la frappe et, quand elle s’en remet, elle voit vachement mieux. Elle compte les pattes de la mini-araignée au plafond, détaille la poussière par terre et voit les… les acariens sur le lit ?

L’auteur elle-même aura trouvé ça too much parce qu’on parlera plus d’un seul acarien après ça. Sa vue revient à la normale et Cass s’endort. Narmol.

Dans l’enveloppe, avec la fleur, y’avait un bout de papier avec des indications incompréhensibles. Mais, à l’aide de sa super-vue, Cass y lit une adresse. L’adresse d’un hangar sur le port (on connait tous l’adresse des hangars sur les ports) et la miss retour à l’orphelinat dire adieu à Tiff avant de s’y rendre.

Là, Gabriel ne lui apprend… rien. Tout ce qu’on peut constater c’est que ses yeux font nawak : Cass dit que la pupille fait comme celle des chats mais, en fait, lumière ou pas, les yeux de Gabriel sont juste noirs quand c’est classe qu’ils soient noirs. Logique. Mais Cass voit aussi très bien dans le noir maintenant… et elle accepte que Gabriel lui explique tout.

Du coup, Gabriel l’assomme et lui plante une aiguille pour la droguer. Hem.

Elle ouvre les yeux un coup en bagnole, mais il la re-drogue aussi sec.

Elle se réveille dans un, OUI, vous avez deviné ! Un motel miteux. Attachée au lit, avec Gabriel qui la regarde à côté. On a tous pensé ce qu’on vient de penser.

  • T’es VRAIMENT un salaud en fait !
  • Nan mais c’est la procédure normal pour pas que tu saches où on va.
  • Et tu pouvais pas me prévenir ?
  • Ah ouais didonc, j’y ai pas pensé. Dans la formation on trouve ça plus drôle d’agresser.
  • Nan mais je serai sage maintenant. Me drogue pas.
  • Hmmm non.
  • ARG, bon OK, mais je le fais.
  • Tu t’es déjà piqué ?
  • Nan, mais je le fais quand même.
  • OK.

Donc Cass se drogue et se rendort.

Elle se réveille dans un chalet, en pleine tempête de neige, sous les yeux d’un môme qui se met à brailler « ELLE EST REVEILLEE ». Voilà, vous venez de rencontrer Max, 7 ans, incarnation même du gamin insupportable.

Sa mère débarque, Marlène (tiens, encore un prénom avec un accent), 25 ans. Marlène explique à Cass qu’elle est en sécurité, qu’elle lui ferait bien visiter mais qu’il y a trop de neige, qu’elle a accepté de l’héberger et que tadah ! Bienvenue dans ton nouveau chez-toi.

Entre alors Camille. Camille à la vingtaine, Camille est blond, Camille est magnifique, mais Camille doit être le mari de Marlène, non ? Et bah non ! C’est son fils !

  • Mais on dirait que t’as juste 25 ans ! s’exclame Cass.
  • Oh bah ihihih oui c’est vrai mais euh voilà tu verras que je suis pas la seule comme ça ici.
  • Comme quoi ?
  • Comme… ohlala non je peux pas dire.
  • Moi je serai ton Tuteur, intervient Camille.
  • Donc toi tu peux me le dire ?
  • Non. Ce sera ton prof. Dans une semaine, à la rentrée. Oui, tu vas en classe.
  • Mais alors à quoi tu sers si tu réponds pas à mes questions ?
  • Oh, sur le papier c’est ce que je dois faire ! Mais en vrai je te répondrai pas pendant 700 pages.
  • Oh.
  • De toute façon tu vas vite arrêter de poser des questions.
  • C’est vrai. Hop, voilà, plus de questions ! C’est coquet chez vous.

Bon j’exagère, on apprend quand même finalement un truc : la fleur qui était dans l’enveloppe s’appelait la Caïna (ou caillette pour les intimes) et a permis à Cass sa métamorphose… en Myrme. Les Myrmes sont un peuple de gens aux ailes de papillons avec des super-sens. Comme ils ne sont pas humains, ils se cachent dans cette zone sujette aux tempêtes de neige : on sait pas où c’est, mais le « village » (qui est en fait une série de chalets) s’appelle Tornwalker.

Ce sera le nom le plus anglais du livre, ce qui le rend étrangement ridicule… (enfin c’est « Tornwalker » quoi… « tordu qui marche » ?)

Cass a donc atterrit dans l’endroit où les hommes sont les moins virils possibles (sérieux, des gus avec de grosses ailes de papillons dans le dos !). Enfin des ailes de mites plutôt, parce que Cass apprend les ¾ des gens ont les ailes grises/argentés. Ceux qui, comme elle, ont de belles ailes colorées sont appelés Siléas et, très souvent, les Siléas disposent de plusieurs « Sens-Phare ». Plusieurs sens exacerbés.

  • Mais moi j’ai que la vue, assure Cassiopée.

Mais oui, une Mary-Sue comme toi qui sera une Myrme de base ? Bien sûr.

Camille explique qu’il ne faut surtout pas sortir en pleine tempête de neige. Au contact de la neige, les ailes s’émiettent.

Oui oui. Mais pas de l’eau, hein ? Juste la neige. C’est bien connu que c’est pas pareil. Vous êtes donc sensibles à l’eau (pardon, à l’eau très froide) mais vous vivez au nord, dans les région enneigées. On apprendra d’ailleurs à la toute fin, entre « passe moi le sel » et « y’a plus de PQ » que les Myrmes ne supportent pas la chaleur.

Votre propre corps essaye de vous flinguer en fait.

Mais au final, on s’en fout, parce qu’ils passent leur temps à rouler dans la neige et ça ne fait rien. Pourquoi sortir cette info alors ? Bah on sait pas. Comme la majorité des détails de ce livre, ils sont malheureusement balancés sans logique et, surtout, sans relecture. Les explications s’annulent dans ce livre, c’est fantastique.

J’envisageais de continuer et de faire tout le livre mais… soyons francs… ça va être très long. Là j’ai pas résumé la moitié de la chose, et j’en suis déjà à 5 pages open office, cessons le massacre.

Je n’évoquerai donc que très brièvement les chapitres qui ne servaient à rien, avec en tête celui du match de basket. Cass et ses potos font un match de basket ball et c’est tout. Ça ne mène à rien, ça n’arrive à rien, on apprend rien.

J’aurais pu vous parler de Jeanne, Espagnole de 1500 qui ne tue pas les araignées (passionnant hein ?), de Nathan a qui on a coupé les cordes vocales (sans lui ouvrir la gorge et sans le tuer, chapeau les mecs), de la copine d’enfance qui roule des patins à son copain d’enfance comme ça, sans raison, et du sapin tombé inopinément sur son chalet et qui la pousse à pieuter chez le-dit copain.

J’aurais pu parler des descriptions qui ne vont jamais plus loin que « la forêt est verte et marron et la neige est blanche », des loups qui ne comportent pas en loups (à savoir attaquent des humains sans raisons), de Goliath l’ours que Cass sauve du piège d’un trappeur à 100 mètres du village hyper-caché (mais non, c’est pas grave, ça inquiète personne) et qui devient son meilleur pote (l’ours, pas le village). Il y avait aussi le GPS magique qui permet de cacher complètement le village des Myrmes aux yeux du monde entier (satellites compris). Il y avait aussi Tiphaine qui se glisse dans la voiture de Gab, débarque chez les Myrmes et y crèche parce que c’est vachement mieux que chez nous…

Il y avait les super-sens mal utilisés qui fait que certains entendaient ce qu’ils devaient pas entendre et vice-versa. Les scientifiques fous surgit du néant. Les révélations qu’on avait deviné en page 5. Le couple insupportable que Cass forme avec… allez, vous le savez je suis sûre. J’aurais pu aussi longuement m’attarder sur les tests permettant d’identifier la puissance du Sens-Phare des nouveaux Myrmes (et qui n’étaient ni plus ni moins que des missions commandos : mais là encore, sans réelles raisons). Il y avait Morgane, qui devenait Morgan le temps de deux paragraphes, comme si l’auteur s’était souvenue que son histoire se passait aux États-Unis. Il y avait LUC Skywalker et FranCKstein…

Et depuis que j’ai écris cette critique, il y a eu la fin. A ce stade je me permet de spoiler, si vous n’y tenez pas, passez de suite au paragraphe suivant. Mais comme ne pas réagir à cette… non-conclusion ? Jusqu’au bout il n’y aura pas eu de but, pas d’objectif, pas d’accomplissement. Par contre, l’Homme aura demandé Cass en mariage (lui, 25 ans, elle 18. Ils se connaissent depuis 4 mois, sont sortit ensemble 1 jour avant qu’ils ne se perdent de vue 3 mois. Par pitié dites-moi que vous comprenez à quel point ça me hérisse le poil !). Cass bien sûr, hésite un paragraphe puis dit oui. A aucun moment elle ne réalise que… je ne sais pas… que vous ne vous connaissez pas ? Le mec à le nom d’une fille tatoué sur la peau mais on s’en fiche. Il roule des patins à son amie d’enfance mais… mais non.

C’est l’un des gros soucis de cette histoire, cette absence de réflexion et de logique. Comme si chaque chapitre n’était pas lié aux précédents, comme si chaque piste sous-entendue mourait la seconde d’après. C’est un livre avec des idées, je ne le nie pas, mais trop mal-exploitées et encore trop peu travaillées pour en faire un vrai bon livre qu’on aime, auquel on repense et qui nous fait voyager.

Mais, surtout, ce qui est affligeant, c’est qu’il n’y a eu aucune relecture. Les ailes d’émeraudes sont issus d’un concours qui, si j’ai bien compris, était basé sur le vote des lecteurs. Pour faire simple, avec beaucoup d’amis, il était possible de gagner.

Ça, d’accord. Je trouve ce système bancal dans la mesure où, si la maison d’édition ne se réserve pas le choix final ou la possibilité de mettre un véto sur le gagnant, c’est très risqué. Mais certes, c’est un choix.

Ce qui est plus grave c’est que rien n’a été relu. L’histoire ne marche pas, les incohérences se succèdent, les fautes de français s’empilent et ne parlons pas des répétitions. C’est un premier roman à qui on a même pas daigné offrir de vraies corrections. Pour France Loisir et Nouvelles Plumes, c’est du suicide-marketing (vous pouvez être sûrs que je n’achèterai plus de livres Nouvelles Plumes après ça… surtout que j’ai lu que laisser des fautes était courant chez-eux (y’a mieux comme marque éditoriale, non ?…)).

Pour l’auteur c’est horriblement triste et dégradant. Pour les lecteurs c’est du gaspillage d’argent. Bravo les gars.

Mais je suis d’autant plus surprise du succès de ce livre et du nombre d’excellentes critiques que j’ai pu lire. Vous voulez de la jeunesse déjà un peu plus réfléchie ? Quelque chose de bien écrit, avec de vraies descriptions et des personnages qui vous laissent une marque ? Lisez la 5éme Vague, Hunger Games, Divergent, Harry Potter, Nos étoiles contraires, Hantée, Instinct, la Passe-Miroir, Dis-moi qu’il y a un ouragan, Saskia, BZRK, Gone, Percy Jackson… puis repensez à ce que vous avez dit.