Archives de Tag: lycée

« Si on veut que quelqu’un nous connaisse, il faut lui parler. « 

Par défaut

 

Histoire :

Quand sa prof d’Anglais donne comme devoir d’écrire une lettre à quelqu’un de décédé, Laurel choisit Kurt Cobain. Mais, plutôt que rendre son travail, elle continue. Par le biais de ces étranges destinataires, Laurel raconte : son nouveau lycée, sa famille, ses sentiments, cette nuit-là…

 

Avis :

Beaucoup de douceur dans cette histoire, et une fin qui, même attendue, ne peut que retourner tout en faisant sourire. Love Letters to the Dead aborde des sujets difficiles, mais parfois grâce au filtre du lycée et le choix épistolaire (qui fonctionne vraiment bien !) trouve peu à peu sa force.

Laurel ne parle pas que d’elle, elle a même tendance à éviter d’aborder le fond du problème. Laurel parle de ses nouvelles amies, de ce garçon qui lui plaît, de leurs problèmes à eux ; à travers ces personnages il est question de nostalgie, d’amour et de souffrance.

Mais à côté, petit à petit, Laurel se dévoile. Elle dévoile sa famille éclatée et cette douleur qu’elle tente de cacher au fond d’elle.

En bref, un roman très juste et très beau. Il y a une belle alchimie qui s’opère entre ces lettres et les personnages qui y sont dépeint. On se sent comme ces stars décédées qui ne peuvent que recevoir sans répondre, ça donne de l’importance au lecteur, ça le rend présent sans devenir actif.

C’est embêtant d’en dire si peu alors qu’il y aurait de quoi s’attarder sur pas mal de choses, mais je refuse de vous spoiler (j’encourage même à ne pas lire le résumé qui se trouve sur le rabat du roman, histoire de s’immerger totalement et de TOUT découvrir via le contenu des lettres).

 

Publicités

« Ce n’est pas seulement un réseau, Maldita. C’est le territoire de nos rêves. « 

Par défaut

Histoire :

Sur la Toile, tout le monde se connait. Ou, du moins, tout le monde croit se connaitre. Avec la naissance du DKB, réseau social où les gens archivent et partagent leurs rêves, cette connaissance de l’autre semble aller plus loin encore. Sixtine en use particulièrement, une façon pour elle-même de moins souffrir de ses cauchemars.

Elle qui n’est rien de plus qu’une lycéenne de Bruxelles va attirer l’attention de plusieurs personnes.

 

Avis :

« Vous verrez, le début risque de vous perdre. Il y a pas mal de personnages et on ne sait pas immédiatement ce qui les relie » : voilà grosso-modo ce que m’a dit l’auteur quand je suis allée lui faire dédicacer mon exemplaire tout neuf. Loin de m’inquiéter, ça m’a surtout beaucoup intriguée : le début est-il si alambiqué que ça ?

Et bien… non. Ou en tout cas, moi, ça m’a pas marqué.

Pas mal de personnages s’enchaînent en effet dans ce début. Sixtine, bien sûr, avec son cercle de copains et sa famille, mais aussi des policiers et, plus mystérieux, le drôle de Nada#1, star du web. J’ai trouvé qu’on pouvait partager tous ces persos en trois pans (qui finissent bien sûr par se rejoindre) : Sixtine, la police (gros coup de cœur pour ce coin-là qui mélange suspects, famille des flics et flics eux-mêmes !) et le groupe de Nada#1. Beaucoup de monde, donc, mais dans un ballet artistiquement orchestré !

Autant vous le dire de suite : j’ai vraiment beaucoup aimé ! Loin de me perdre, je me suis laissée porter, multipliant mes questions à chaque page. On sourit un peu dans ce livre, mais on a surtout un pincement au cœur. La relation entre Abel Fanelli et sa fille Justine fend l’âme, on ne sait pas trop où se poser par rapport à elle ce qui la rend très humaine, en fait.

Humains, voilà. Sixie, Jérémy, Theo, Abel, Alice et j’en passe sont humains dans leurs gestes, leurs inquiétudes et leurs réactions. Le tout dans une histoire qui semble les dépasser.

Vincent Villeminot aime jouer avec nos nerfs, il aime faire peur et surprendre. Et ça marche ! Je trouvais qu’Instinct était assez innovant pour ce mélange « lecture ado » et « dure réalité », mais Réseau(x) va plus loin. J’ai eu la sensation d’un texte accomplit et tout simplement très réussi <3

Et avec les sales évènements de la semaine dernière… Réseau(x) est aussi très réaliste dans ce qu’il raconte. Dans la façon, surtout, dont les nouvelles se développent sur Internet et grossissent dans les réseaux sociaux. Le livre semble formuler un avertissement avec ce qu’on divulgue, rappelant que s’il y a une bonne partie de gens biens intentionnés, et d’artistes révélés par la Toile, il y a aussi un pourcentage de personnes qui peuvent être tordues.

Série en deux tomes que je conseille donc :) (et la couverture déchire (comment ça, ça compte pas vraiment ?))

« On a tous des secrets »

Par défaut

Bon ça date mais… vous vous souvenez du concours Gallimard ? Celui qui a vu couronné le roman « la Passe-Miroir » de Christelle Dabos (<3) après une première sélection de trois finalistes ?

Et bien, comme on peut s’en douter avec un concours de cette ampleur et le travail qui a été fourni sur chaque manuscrit, les autres finalistes auront aussi droit à leur publication. En fait, pour le deuxième, c’est chose faite ! Je suis ainsi tombée sur « Dis moi qu’il y a un ouragan » à la librairie.

Je rappelle que les trois romans étaient disponibles en lecture libre sur Internet. C’était aux lecteurs de voter pour le grand gagnant. Je n’ai personnellement pas eu le temps de lire celui-ci (j’avais choisi de lire « TK ») mais j’en avais eu pleins de bons retours. Ces retours disaient vrai :

 

Histoire :

Après un soucis dans son précédent lycée, Léa devient la nouvelle de l’école Camille Claudel. Suite à un projet de leur prof, les élèves doivent se mettre en groupe pour faire un film qui sera présenté en fin d’année dans le cadre d’un concours. Léa se retrouve coincée contre son gré avec les exclus locaux.

 

Avis :

On est d’accord : une histoire gentillette de lycéens c’est pas ce que je lis vraiment d’ordinaire. Je n’ai absolument rien contre des petites romances et du copinage mais faut avouer que ça m’attire moins qu’un bon sujet fantastique de base (wouah, formulé ainsi ça donne vachement de crédit à mes choix littéraires !)

Mais les bons avis mènent souvent à de belles découvertes : et dis moi qu’il y a un ouragan en est une.

Déjà parce que chaque personnage amène un sujet assez creusé sur le tapis : qu’il s’agisse de Léa ou de ses nouveaux camarades, l’auteur a su piocher des background plausibles et les exploiter au mieux. Sous un ton mordant qui tire plus d’un sourire, on sera donc obligé de retrouver un petit peu de nous, de nos années lycées, dans cette tranche de vie de Léa.

Et puis il faut avouer que cette héroïne est terriblement attachante, autant dans ses coups de gueules que ses coups de cœur. Elle est pleine de bonne volonté, rafraichissante, énergique… Elle porte son récit avec dynamisme et les pages s’envolent comme un rien ! Les autres personnages ne sont bien sûr pas en reste et les interactions sont souvent savoureuses, chose rare il y a même une place pour les personnages tertiaires (ceux qui sont trop souvent à peine évoqués ont ici un certain relief très appréciable).

On peut (encore une fois) remercier Gallimard pour son concours <3 J’espère que Fabrice Emont nous offrira une nouvelle histoire à l’avenir !