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« Il faut beaucoup de silence pour entendre une note. »

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Histoire :

Une cité de phares noyée par des marées d’asphalte où la lumière est un langage. Une ville saturée de capteurs qui dématérialise les enfants qui la traversent. Un monde où la totalité du lexique a été privatisée. Un amant qui marche sur sa mémoire comme dans une rue…
En dix nouvelles ciselées dans une langue poétique et neuve, Alain Damasio donne corps à cet enjeu crucial : libérer la vie partout là où on la délave, la technicise ou l’emprisonne.

 

Avis :

Moi qui ne court d’ordinaire pas après les recueils de nouvelles, je me suis totalement laissée embarquer dans celui-ci ! Le monde d’Alain Damasio est si fou, si imagé, si original… qu’on y aperçoit presque des similitudes, des points ça et là qui pourraient nous faire penser que tout ceci se passe dans le même univers de dingue. Ce recueil m’a ainsi donné un grand sentiment de cohérence, de plusieurs histoires tirées d’une seule et même planète.

Après, bien sûr, certaines nouvelles nous plairont plus que d’autres. Elles fourmillent cependant toutes d’idées formidables, ce qui fait qu’on ne peut pas décider d’en lâcher une au milieu pour voir la suivante. On doit voir où cela nous mène. Et on s’y laisse entraîner au rythme de phrases incroyables, d’essais scripturaux, de dialogues improbables…

C’est beau. Magnifique même. Alain Damasio est un chef d’orchestre de la langue française, un joueur poétique. Il invente et réorganise mots comme syntaxes, et ça marche ! Mes coups de cœur vont à so phare away, C@pch@ et aucun souvenir assez solide.

Merci pour ces voyages tous plus forts les uns que les autres !

« Dans le monde, il y avait ceux qui donnaient des soucis aux autres et ceux qui se faisaient du souci. »

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Houlà ça fait un bail… Plusieurs fois je me suis dit « t’as cette critique à écrire » (en laissant le bouquin sur mon bureau pour pas oublier) ou « tiens je pourrais parler de ça » « ou de ça »… Mais finalement j’ai laissé la fin de l’année arriver, parce que c’était assez épuisant et qu’écrire sur ce blog ne doit pas être une contrainte. Donc je me suis permise d’attendre et voilà, maintenant que je suis en vacances, le temps et l’envie se sont trouvés tout seul :)

Je vous présente donc :

 

Histoire :

Un homme divorcé et toujours en colère contre son ex-femme se retrouve un beau matin en état d’érection permanente ; une ravissante jeune femme qui rêve de célébrité s’imagine que tous les hommes la suivent dans la rue ; un lycéen redoute tellement de ne pas avoir d’amis qu’il envoie deux cents textos par jour… Tels sont quelques-uns des patients qui viennent –par hasard – consulter le docteur Irabu, un psychiatre obèse et fétichiste des piqûres, au complexe d’Œdipe assez mal résolu, et qui roule dans une magnifique Porsche caca d’oie. Il est assisté de Mayumi, une infirmière aussi sexy que revêche et exhibitionniste…

 

Avis :

Livre de nouvelles, certes, mais toutes reliées entre elles à travers le personnage d’Irabu. Du coup, on a plutôt l’impression de lire un roman qu’un recueil (je ne vais pas d’instinct vers la lecture de nouvelle, donc cet entre-deux me convenait assez bien).

C’est très drôle, faut l’avouer ! Un humour mordant, parfois un peu noir. On rit de ces pauvres patients qui s’enfoncent dans leur problème, se voilent la face et, parfois, ne s’en sortent pas totalement. L’ensemble est porté par Irabu qui, dans son incongruité, laisse songeur. Est-ce un véritable génie de la psychanalyse ou un idiot qui s’ignore ? Peut-être un peu des deux, au final. Il est en tout cas doué d’une étrange empathie qui lui fait absorber les psychoses de ses patients, obligés après coup de se faire face.

J’ai été un peu ennuyé par la répétition de certains phrasés. Certes, le lancement de la nouvelle reste le même : la personne va à la clinique et tombe sur Irabu qui, naturellement, ne change pas de physique entre deux chapitres. Mais la façon de le présenter étant rigoureusement identique, on a toujours ce moment de flottement où on se lasse (avant que la particularité du cas ne retienne notre attention)

Mais ce n’est qu’un petit point noir sur une lecture originale et savoureuse. Vous reprendrez bien un peu de sarcasme avec votre piquouze !