Archives de Tag: Réaliste

Vous prendrez bien un peu d’Opium ?

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Histoire :

El Patron dirige Opium, une contrée entre le Mexique et les Etats-Unis qui cultive le pavot et gère les traffics de drogue. El Patron voudrait 9 vies, comme les chats, et mourir dans la splendeur des anciens pharaons.

C’est dans cet univers que grandi Matt, son clone. Habituellement, les clones se voient privés de toute intelligence à la naissance, mais pas lui.

 

Avis :

(La première fois, Firefox a bugué et m’a perdu mon article… On va espérer que ça ne recommence pas, hein.)

J’ai essayé de faire un résumé concis et vous encouragerait volontier à ne pas lire celui du roman. On y donne un détail que j’aurais aimé découvrir seule (parce que si on peut éventuellement le deviner, il n’est évoqué qu’assez tard dans le livre).

Ca me permet d’aborder le premier point : le rythme. Les chapitres sont courts, orientent résolument l’action et les conversations vers la fin du livre, on ne se perd pas en élucubrations quelconques… Mais l’auteur a tout de même sû prendre son temps et j’admire toujours ça ! Le domaine de la famille Alacran (qui veut dire scorpion) n’aura plus de secret pour vous comme il n’en a plus pour Matt. De la même façon, on voit Matt passer par tous les stades de l’enfance, et son évolution (mentale et physique) sont bien traitées.

Plusieurs personnages l’entourent, certains plus développés que d’autres pour la simple raison que Matt n’est pas aimé et que beaucoup l’évitent. Les clones ne sont pas désirés dans ce monde, et ça me fait sauter au deuxième point : la violence. Ce livre est dur par pleins d’aspects. Il y a le rejet psychologique de Matt, mais aussi physique. Là où c’est bien écrit, c’est qu’on souffre avec lui, mais que le récit ne plonge pas dans la pathos totale ou la violence pour la violence. On ne cache rien, mais on écrit assez bien pour que cela continue de s’adresser à un « jeune » public (à partir de 13 ans je dirais).

La suite est sortie il y a peu, je vais donc devoir l’ajouter à ma longue liste de séries à poursuivre cette année !

 

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Au cas où vous vous poseriez la question : non, les trèfles à quatre feuilles trafiqués à la colle, ça ne marche pas.

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Histoire :

Jude et Noah sont jumeaux. Elle est sociale et radieuse, il est observateur et timide. Elle se dispute de plus en plus avec leur mère, il tombe amoureux de leur nouveau voisin. Ils partagent un amour pour la création – sculpture et dessin – et visent l’école d’art de leur ville.

 

Avis :

Écrire ce résumé a été une vraie plaie car je ne voulais pas trop en dire. L’histoire est partagée entre deux timeline ; l’été de leurs 13 ans avec la voix de Noah et leurs 16 ans du côté de Jude. Le soleil est pour toi parle de famille et d’amour, parle de la vie et du nombre de fois où on se casse la figure.

Le tout est raconté avec une grande sensibilité et de belles images. L’esprit de Noah est un véritable musée, à travers ses yeux les scènes se peignent et s’ornent de nouvelles couleurs, d’une seconde lumière ; Jude fait preuve de sarcasmes et d’une colère rentrée extrêmement touchante. Les deux, incontestablement, se complètent.

La lecture est porteuse d’espoir malgré tout ce qui peut s’y passer et fait du bien. Je ne dirais pas que tout le monde s’y retrouverait, mais les situations de Noah et/ou de Jude ont de quoi réveiller les souvenirs. Premiers émois, perte de courage, chagrins, inquiétudes pour ceux qu’on aime… l’une des situations fera forcément écho.

Sans en faire un récit fantastique, on le sent planer au-dessus des personnages, comme près à les récupérer au besoin. Ça rend l’ensemble intrigant et poétique. Ça adoucit peut-être l’aspect réaliste, mais nous rappelle en même temps qu’il ne tient qu’à nous d’ajouter une goutte d’improbable dans notre univers cartésien. Le monde est libre d’interprétation, et ça peut être très doux.

« Papa dit que les gens qui vont mal, ils t’apprennent pleins de choses sur toi »

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Histoire :

Quand on s’appelle Sauveur Saint-Yves, devenir psy est presque une évidence. Dans son cabinet, Sauveur s’occupe de Margaux qui se scarifie, d’Ella qui fait de la phobie scolaire, de Cyrille qui se fait encore pipi dessus à neuf ans, de Gabin l’ado mal dans sa peau, des filles Augagneurs qui ne supportent pas que leur mère se soit remise en couple avec une femme…

Et quand il ne fait pas le psy, Sauveur est le papa de Lazare, et il se rend compte qu’il est parfois plus simple de s’occuper des problèmes des autres.

 

Avis :

Au premier abord, le sujet pourrait rebuter. L’histoire d’un psy et de ses patients, ça va forcément glisser dans le pathos… Eh bien, en réalité, ce premier tome fait du bien. Il colle la banane toutes les deux pages parce que malgré tout ce qui se passe et se raconte, il y a un fond très optimiste.

Marie-Aude Murail a un don pour les dialogues. Un don pour se glisser dans la peau d’un enfant, d’un ado, d’un adulte, d’une femme ou d’un homme et le/la faire vivre. J’en suis toujours béate d’admiration. Les personnages parlent avec un tel naturel qu’ils en deviennent palpable à la première description.

Mais Sauveur&Fils ce n’est pas juste les consultations, c’est aussi la vie quotidienne. La routine de Lazare, le fils, qui va à l’école et discute avec son seul mais meilleur copain, Paul. C’est la maman de Paul qui aimerait ne plus penser à son ex-mari, c’est Gabin qui cherche de l’attention avec le dédain adolescent.

Sauveur&Fils m’est apparu comme une succession de portraits plus touchants les uns que les autres (combien de fois j’ai eu le cœur serré ?), tous liés par un fil conducteur emmêlé dans le cœur de Sauveur. Ne dit-on pas que les médecins sont les plus mal soignés ?

Je le recommande chaudement pour quitter son quotidien, ou pour se rappeler qu’il est toujours possible d’aller bien, tout simplement.

Féo aurait aimé pouvoir lui expliquer que la beauté du monde est en elle-même une sorte de compagnie

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Histoire :

Féo habite avec sa mère, au milieu des bois, là où la neige peut lui parler et où hurlent les loups. Elles sont maître-loup, leur travail consiste à rendre sauvages des bêtes élevées dans des salons mondains pour amuser la galerie.

Mais quand le terrible général Rakov vient les menacer toutes deux, ainsi que les loups qu’elles ont sauvés, leur monde change brutalement.

Avis :

Le livre est BEAU. Si le thème me plaisait beaucoup, ce qui m’a décidé à l’acheter immédiatement et pas plus tard c’est le soin apporté à la couverture (si belle, si douce, sans surajout de paillettes sur le titre), mais aussi à l’intérieur du livre. Chaque chapitre est orné d’une illustrations, et d’autres pavent le récit (quand ce n’est pas des dessins de jolis flocons ou de sapins en bas des pages <3)

Mais ç’aurait été tout naze si l’histoire ne suivait pas, hein ? Eh bien l’histoire suit. Elle a l’allure d’un conte, clairement, mais les rapports entre les personnages et le temps consacré à l’histoire de chacun offre davantage de profondeur. C’est un très joli mélange bercé par le hurlement des loups.

Féo est une gamine sauvage et sûre d’elle qui m’aurait fasciné étant gamine. Je suis sûre que j’aurais joué à être elle, à braver le froid et la peur au nom de mes convictions. C’est le genre de jeune héroïne qui font voyager. Elle est en plus accompagnée de ses loups, quoi de mieux pour rêver ?

Le récit parle et dénonce l’oppression, les meurtres, le désir d’impressionner autrui en arrachant des animaux sauvages à leur monde. Féo n’a pas la langue dans sa poche et entraîne pleins de monde derrière elle.

Une belle histoire, à lire sous la couette pour se protéger du froid.

J’ai claqué toutes les portes, mais l’ombre du père s’est infiltrée en moi.

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Histoire :

Un nouveau jeu télévisé fait sensation : la pyramide des besoins humains. Christopher, sur un coup de tête, décide de s’inscrire. Lui qui vit dans la rue ne se voit pas escalader les échelons, il a cependant des choses à dire au monde.

Avis :

Attaqué en début d’après midi et bouclé le soir. Autant vous dire que ça se lit vite. Il démarre sur ce qui ressemble à un témoignage, et le ton ne se perd pas une seconde, ce qui rend la lecture encore plus intéressante. Ce que vous avez dans les mains, ce pourrait être le récit de dizaine et dizaine d’ados vivant dans les rues.

Christopher ne se plaint jamais, il jette un regard cynique sur les passants. On se plaint à sa place de ses conditions de vie, de la condescendance des gens, de la solitude qui l’étreint de plus en plus en dépit de ses copains de galère. Jimmy, le vendeur de hot-dog, et Suzy la prostitué nous deviennent très familiers en peu de pages tant son affection pour eux est clair.

Ce qu’il crache sur sa page de jeu, ce qu’il exprime, fait cogiter. C’est brut, c’est bref, ça mérite qu’on y jette un œil.

Devenir, c’est ce que je suis en train de faire.

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Histoire :

Robin Ménard vient d’être viré du collège. Pour sa mère, c’en est trop, elle l’envoie vivre chez son père. « Que va-t-on faire de toi ? » se demandent-ils tous. Robin n’en sait rien. Alors, en attendant, les journées s’écoulent entre le kébab du coin et les repas chez la nouvelle copine de son père.

« Que va-t-on faire de toi ? » Robin aussi aimerait bien le savoir

Avis :

Une lecture intéressante et bien menée. L’aspect « tranche de vie » m’a particulièrement plu ; on ne découvre pas un personnage avec des problèmes qui n’en aura plus du tout à la fin. L’histoire raconte le virage de Robin, ce moment où on passe d’un point à un autre. Et le récit se fait assez optimiste (ce qui est agréable) sans pour autant tomber dans le bisounours.

Certains soucis évoqués à la lecture ne trouvent pas de solution et c’est plutôt intéressant. Ça donne une fin « heureuse » si on veut la voir telle quelle, mais sinon plutôt douce-amère.

Cet ado pas fait pour l’école mais pas encore prêt à travailler est vraiment touchant. Certaines conversations serrent vraiment le cœur. L’histoire ne plonge pas dans le pathos mais aborde sans détour des sujets plus sombres, et c’est ce qui a rendu la lecture intéressante. On oscille sans-cesse entre le positif et le négatif. C’est une fenêtre ouverte sur les gamins en difficultés pour lesquels on choisit une voie parce que c’est plus simple ainsi.

Ça fait réfléchir, c’est bien écrit et ça se lit vite : trop de bonnes raisons pour passer à côté.

Si si, je suis là

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2017 roule déjà depuis 16 jours et je n’ai jamais fait une critique creusée de « Tant que nous sommes vivants » (pourtant, j’avais des choses à en dire…) : autant dire que je ne gère pas une cacahuète. Mais bon, on fera avec, hein.

~ En ce qui concerne Tant que nous sommes vivants, de Anne-Laure Bondoux, je suis sortie très perplexe de ma lecture. Oui, perplexe.

Le livre s’ouvre sur une sorte de ville-usine. On croit comprendre que la guerre s’est étendue sur le pays, l’usine qui fait vivre la ville tourne nuit et jour et on nous décrit un quotidien gris et morne. Et soudain, Bo rencontre Hama, et tout devient plus beau.

Ma petite présentation le montre peut-être mal, mais ce livre démarre comme un conte. Une guerre sans-nom qui jette son ombre sur tout un univers et l’amour presque simple des deux héros. C’est mignon, très bien écrit, et ça fonctionne. D’autres éléments viendront ajouter leur graine de conte : des malheurs en veux tu en voilà, une étrange famille vivant dans les bois, l’amour presque magique de Bo et Hama…

Mais (et c’était un gros mais) ça se casse un peu la figure vers la fin. Certaine choses qu’on croyait certaines sont prises à revers, l’aspect conte semble laisser sa place au réaliste, puis revenir vers le conte… Ce qui embrouille complètement. Et le pire, je crois, c’est toutes les données magiques qui sont glissées et jamais jamais exploitées. Le livre m’aurait davantage plu sans, en fait, car ils n’apportent rien et ont contribué à me perdre. Est-ce qu’on est sur un texte métaphorique, réaliste, un conte, une légende, une dénonciation… Bref, c’est bien dommage.

D’autant plus que c’est très bien écrit. Le récit est cyclique, ce que j’ai bien aimé, et la plume très belle, sans aucun doute !

Bon, du coup, j’ai présenté ce livre brièvement. Un bilan des lectures de 2016 suivra, puis la critique des Pâtes Froides, puis… moui, ne nous avançons pas davantage pour le moment.