Archives de Tag: Science-Fiction

Vous prendrez bien un peu d’Opium ?

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Histoire :

El Patron dirige Opium, une contrée entre le Mexique et les Etats-Unis qui cultive le pavot et gère les traffics de drogue. El Patron voudrait 9 vies, comme les chats, et mourir dans la splendeur des anciens pharaons.

C’est dans cet univers que grandi Matt, son clone. Habituellement, les clones se voient privés de toute intelligence à la naissance, mais pas lui.

 

Avis :

(La première fois, Firefox a bugué et m’a perdu mon article… On va espérer que ça ne recommence pas, hein.)

J’ai essayé de faire un résumé concis et vous encouragerait volontier à ne pas lire celui du roman. On y donne un détail que j’aurais aimé découvrir seule (parce que si on peut éventuellement le deviner, il n’est évoqué qu’assez tard dans le livre).

Ca me permet d’aborder le premier point : le rythme. Les chapitres sont courts, orientent résolument l’action et les conversations vers la fin du livre, on ne se perd pas en élucubrations quelconques… Mais l’auteur a tout de même sû prendre son temps et j’admire toujours ça ! Le domaine de la famille Alacran (qui veut dire scorpion) n’aura plus de secret pour vous comme il n’en a plus pour Matt. De la même façon, on voit Matt passer par tous les stades de l’enfance, et son évolution (mentale et physique) sont bien traitées.

Plusieurs personnages l’entourent, certains plus développés que d’autres pour la simple raison que Matt n’est pas aimé et que beaucoup l’évitent. Les clones ne sont pas désirés dans ce monde, et ça me fait sauter au deuxième point : la violence. Ce livre est dur par pleins d’aspects. Il y a le rejet psychologique de Matt, mais aussi physique. Là où c’est bien écrit, c’est qu’on souffre avec lui, mais que le récit ne plonge pas dans la pathos totale ou la violence pour la violence. On ne cache rien, mais on écrit assez bien pour que cela continue de s’adresser à un « jeune » public (à partir de 13 ans je dirais).

La suite est sortie il y a peu, je vais donc devoir l’ajouter à ma longue liste de séries à poursuivre cette année !

 

 » La force n’est pas tout, et tu es rapide et agile. Un défaut cache souvent une qualité. »

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(Cet article est publié en parallèle sur le journal de la Plume d’Argent, dans le cadre du thème « le couple »)

Histoire :

Depuis toujours, Claris et Jad, qui sont jumeaux, peuvent communiquer dans l’esprit l’un de l’autre. Ils vivent à Salicande, une vallée isolée ou la vie semble paisible. Pourtant, quelques années plus tôt, la mère des jumeaux a disparu de façon mystérieuse ; Blaise, le précepteur, sent que la forêt s’agite étrangement et les migraines de Jad gagnent en intensité.

 

Avis :

  • Qu’est-ce que tu as contre l’amour ?

Claris s’arrêta net, exaspérée.

  • Mais on s’en fout de l’amour ! Le problème, c’est que les choses vraiment intéressantes, comme les dragons, les quêtes, les épées, les batailles, les stratagèmes, tout ça, ce n’est jamais pour les filles.

C’est par le plus pur des hasards que je me suis lancée dans les Éveilleurs. Le résumé parlait de jumeaux aptes à communiquer télépathiquement l’un avec l’autre… Quel meilleur lancement pour parler de couples, de pairs ?

Clairement, oui, l’univers des Éveilleurs repose sur des liens extrêmement forts tissés entre chaque personnages (et il y en a !). Claris et Jad, d’abord, qui lancent l’histoire ; Claris et Jad, les jumeaux complémentaires. Handicapé par sa maladie de cœur, Jad a grandi dans le calme ; expert en méditation, garçon patient et attentif, il aime s’occuper de ses bonsaïs et lutte contre son mal en pratiquant L’Unir, une méthode de relaxation de leur monde. Puisque son frère ne pouvait plus faire de cheval ou pratiquer l’escrime, c’est Claris qui s’y est jetée corps et âme, ne cessant de courir que pour dévorer des romans, perchée sur une petite corniche.

Aussi blond que l’autre est brune, leur relation est à mi-chemin entre l’ordinaire et l’extraordinaire. Le mystère qui les entoure est esquissé par touches ; si les capacités de Jad deviennent vite évidentes, celles de Claris demeurent plus nébuleuses. Sont alors abordés des sujets plus communs – le passage à l’âge adulte, le dépassement de soi, la peur d’être laissé derrière – avec une grande délicatesse et justesse, les peurs d’un jumeaux toujours soutenues par l’autre.

Jad s’en voulut de sa véhémence. On n’obtenait jamais rien de Claris en la prenant de front ou en la contraignant. Elle se braquait […] Contrairement à lui, il ne suffisait pas de la raisonner pour la convaincre. […] De surcroît, procéder autrement aurait été stupide, car quiconque avait vu Claris agir avec passion, avait vu ses yeux étinceler et entendu son rire, n’avait qu’une hâte : se faire éclabousser de nouveau par cet enthousiasme.

Plus on avance, plus les pairs se multiplient. L’auteur prend son temps, les développe, passe d’un point de vue à un autre sans que cela choque. Ainsi les parents des jumeaux sont régulièrement évoqués, mais nous passons aussi beaucoup de temps avec Blaise, personnage fantasque à la longévité incroyable. L’amitié de Blaise et Eben – le Duc de Salicande, père de Claris et Jad – est aussi prenante qu’agréable. Tout comme le couple Borges, qui apparaît peu après, on réalise qu’il est parfaitement possible de lire un livre jeunesse en accordant la moitié de son temps aux adultes.

Je pourrais aussi m’attarder sur les filles Borges, sur Ugh, sur Chandra, sur Blanc-Faucon… mais passons à un autre point.

Le monde à lui seul vaut un petit détour. Salicande est une vallée isolée de tout, dominée par un phare rempli de livres et le château. On nous parle de Syzifs, d’arbres-églises, de chococaf, de dulcepiels… Tout semble être une plongée dans un monde étrange et très vert, un lieu agréablement Moyenâgeux où on imagine déjà des combats à l’épée et des cérémonies au goût d’ancienneté. Sauf qu’on évoque aussi Harry Potter et Star Wars, et on doit accepter que Salicande est une vision d’avenir.

Pas si lointaine d’ailleurs. Les Éveilleurs se passe peu de temps après l’effondrement de notre monde, nous en sommes aux balbutiements de la reconstruction.

Le tome 1, plus qu’une aventure, est un voyage. Un voyage aux côtés de Claris qui n’accepte pas le changement et de Jad qui s’émancipe. Il est difficile de résumer autrement qu’ainsi, et c’est ce qui a fait, pour moi, l’originalité de la lecture. L’auteur prend son temps, vraiment beaucoup de temps (le tome 2 m’a donné l’impression d’une vaste réflexion sur un tome entier avec, en parallèle, la découverte d’un nouveau lieu) mais c’est très intéressant et très bien fait. La plume de Pauline Alphen est d’une fluidité et une légèreté à faire pâlir de jalousie. On enchaîne les pages comme un rien, profitons d’une longue promenade à Salicande, Vieil-Ambre, jusque dans les montagnes, le tout ponctué d’informations sur la catastrophe du passé.

Le tout arrosé de réflexions sur la nature, sur le vivre-ensemble, sur les différences filles-garçons, sur le deuil, sur l’amour, sur le vivre-ensemble… Une belle découverte.

  • Bouger ? Nous l’avons fait, ne t’en souviens-tu pas ? Nous nous sommes levés et nous avons marchés sur Saroumane pour aider les hommes à vaincre le Mordor. Cela nous a-t-il valu plus de considération ? Non. Nous sommes retournés à la forêt et, aux yeux des hommes, nous sommes redevenus des arbres « plantés là ».

« De nombreuses fois, nous avons essayé d’établir avec vous un vrai contact. Oh, nous avons eu de grands et merveilleux émissaires : Tolkien, Lewis Caroll, Stevenson, Crowley, Spielberg, Lucas, Fakhouri, Fontenelle, Fetjane, Barker, Swift, Cameron, Mary Poppins, les frères Wachowski, Kuschner, Balthazar Sot, Mine Dancre, Sérélène ![…] »

« Et voilà le dossier qui a failli avoir ma peau »

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Histoire :

Quand la Kerenza IV – petite planète glacée et isolée – se fait attaquer par la compagnie BeiTech, Kady Grant et Ezra Mason trouvent refuge sur l’un des trois vaisseaux venus les secourir.

Kady, informaticienne de génie, cache ses talents et son chagrin à bord de l’Hypatia.

Ezra se trouve forcé d’intégrer l’escadron militaire de l’Alexander.

L’Hypatia, l’Alexander et le Coppernicus essayent d’atteindre la station Heimdall, et le trou de ver qui pourrait leur sauver la vie. À leur trousse, le vaisseau de BeiTech se rapproche inexorablement.

Pour ne rien arranger, l’Intelligence Artificielle de l’Alexander commence à se comporter étrangement.

Avis :

À ma décharge, ce livre est DUR à résumer. Les infos giclent dans tous les sens, les enjeux sont multiples, les personnages n’en parlons pas.

Ce qui le différencie d’office de ce que j’ai pu lire jusque là, c’est son format. Illuminae n’est en fait qu’une succession de dossiers compilés pour expliquer la tragédie de Kerenza IV et ce qui s’est produit après. Nous avons donc des dossiers d’inscriptions, des retranscriptions d’entretiens, des analyses de caméras de surveillance et des captures d’écran de conversations chat.

À feuilleter, c’est une horreur. Je me souviens de ma grimace d’incompréhension : certes c’était très original, mais comment peux-t-on lire ça et en tirer une histoire ?

Beh, à la lecture, ça marche hyper bien !

Pour être honnête, le lancement ne fonctionne pas à mon sens. Il s’agit d’une retranscription des entretiens de Kady et Ezra, où on leur demande de raconter ce qu’il s’est passé et comment ils ont réussi à atteindre l’Hypatia pour l’une, l’Alexander pour l’autre.

Les infos sont là, mais le naturel non. J’ai donc grincé des dents sur quelques pages… avant de me laisser emporter dans la suite. Tout le reste fonctionne très bien. Les chats, notamment, sont très justes. Fautes de frappe, smiley, absence de majuscules… tout y est et rend l’ensemble crédible. À travers les dialogues décomplexés des différents personnages, on rit beaucoup et on réussi à se figurer le vaisseaux selon leur regard.

Enfin, « on rit »… au début quoi.

Après ce n’est qu’une succession d’ennuis et je refuse d’en dire plus pour ne rien spoiler.

Je dirais seulement que je me suis pris une claque scénaristique avec ce livre et que ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Ce qui fait plaisir ! (après je suis très mitigée sur la fin de ce tome 1. La moitié me plaît bien, la seconde m’a déçu : mais c’est très personnel comme ressenti. Je pense que d’autre aimeraient beaucoup ce qui m’a agacé.)

Mais franchement, à lire ! Au moins pour l’audace du projet, c’est un très beau livre !

« Question : Racontez-moi ce qui s’est passé hier. »

Méli-mélo de mots

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A présent, parlons lectures. Ma liste de lectures 2016 est à jour, mais pas les articles. Je vais aujourd’hui condenser !

Pierre contre ciseaux – Inès Garland

Alma habite à Buenos Aires. Chaque week-end, elle retrouve Carmen et Marito dans une île du delta. Avec eux, elle découvre la liberté, l’amour et la vie dure.
Mais le coup d’État du 24 mars 1976 et l’instauration d’un régime de terreur les éloignent. Le temps de l’innocence où on pouvait tout résoudre en jouant à pierre, feuille, ciseaux est révolu. Marito l’aide à ouvrir les yeux. Révoltée et amoureuse, Alma se dégage de la gangue familiale, de son égoïsme de nantis, découvre la lutte sociale, mais aussi le visage hideux de la violence politique. Et la tragédie s’invite dans leur vie.

–> J’aurais pu être tellement réceptive à ce genre de livre ! Les thèmes abordés me plaisaient parce que je n’y connaissais rien et le début était vraiment prometteur. Un décor qui me changeait, une héroïne naïve qui se confronte assez violemment à la pauvreté de ces amis… Après une première partie sur l’enfance, j’attendais le régime de terreur de la période adolescente avec fébrilité.

Eh bien… on pouvait l’oublier. L’héroïne reste naïve et totalement en-dehors, ce qui fait qu’on ne comprend pas ce qui se passe (j’ai eu besoin du mot de l’auteur, à la fin, pour saisir certaines choses qu’on ne nous racontait pas), les relations du début de roman passent un peu à la trappe, on nous promet la révolte et l’horreur, nous n’avons que l’horreur… et encore. Une horreur simplifiée, trop dénuée d’empathie pour qu’elle me noue les tripes.

Déçue, donc. (et j’adore conclure comme ça et réaliser, en cherchant l’image et le résumé, que ce livre a d’excellents avis ahaha)

« J’ai su alors qu’il y a des choses que l’on porte en soi que les autres ne peuvent pas voir et que la vraie solitude est de se taire sans trouver aucun réconfort en personne, et sans même le chercher. Comme si le silence était le destin des choses qui font le plus souffrir. « 

Comme un feu furieux de Marie Chartres

Tout au nord de la Sibérie, au bord de l’Arctique, se trouve Tiksi : une ville dont la moitié des habitants sont partis. Que reste-t-il à présent ? Des maisons vides, la mer de glace, les jeux dans la neige, la magie des aurores boréales et de vieux hommes qui se souviennent de tout et parlent par énigmes. Mais il y a aussi Lazar, l’enfant qui ne trouve pas le sommeil. Et Gavriil, le poète qui ne parle plus. Et puis il y a moi, leur soeur, Galya Bolotine, qui me débats avec ma silencieuse colère et mes rêveries océaniques. Moi qui voudrais comprendre ce qui se joue sous le ciel noir. Espérant le retour du brise-glace majestueux qui nous emporterait loin de cette étouffante immensité.

–> Superbe, poétique, crève-cœur et bourré d’espoir. Presque un conte sur ces poignées d’individus habitant encore des lieux désolés. Un appel à la liberté : liberté physique comme psychique. Se libérer du froid et de ses démons intérieurs.

Petit bijou.

« J’étais presque certaine que les mots étaient enfermés dans de gros blocs de glace et que je n’aurais jamais la force de les briser ou de les pulvériser. « 

 

Testament à l’anglaise de Jonathan Coe

Tabitha Winshaw a 81 ans et elle est folle. Démence sénile ? Pas du tout. Elle a perdu l’esprit un soir de l’hiver 1942 quand son frère préféré, Godfrey, a été abattu par la DCA allemande au-dessus de Berlin. Le chagrin alors ? Ce n’est pas cela non plus. Elle est persuadée que la mort de Godfrey a été commanditée par son frère aîné, Lawrence, qu’elle déteste.
Une folle dans la famille, l’aristocratie britannique en a vu d’autres. Mais voilà que Tabitha se mêle de commander à Michael Owen, un jeune homme dépressif, une histoire de la dynastie des Winshaw qui occupe tous les postes-clés dans l’Angleterre des années quatre-vingt.

–> La narration mêle les passages de ce fameux livre, sur la famille Winshaw, à son écrivain, Michael. Parfois drôle, souvent horrible, l’histoire est prenante du début à la fin. A mi-chemin entre un roman policier, un scénario de film et une chronique familiale ; bienvenue dans la terrible famille Winshaw !

« – Est-ce que vous faites de l’exercice, Michael ? Est-ce que vous allez au gymnase, ou quelque chose de ce genre ?
– Non, pourquoi me demandez-vous ça ?
– Oh, c’est simplement que vous avez des fesses exceptionnellement fermes. Pour un écrivain, veux-je dire. C’est la première chose que j’ai remarquée chez vous.
– Merci, fis-je à défaut de savoir vraiment quoi répondre.
– Si vous sentez mes mains s’égarer dans cette direction durant notre entretien, n’hésitez pas à réagir. Je suis un tripoteur de plus en plus incorrigible, je le crains. »

 

La dernière étoile de Rick Yancey

–> Je ne résume pas les troisième tomes : le but n’est pas de vous spoiler la série entière. La 5éme Vague, c’est l’histoire d’une invasion extra-terrestre, de la survie de Cassie dans un monde ravagé (faites-moi plaisir et ne voyez pas le film, tristement fade et trop rapide pour n’en dire que ça). La trilogie a ses petits hic (je mets l’histoire d’amour dans ce sac, mais elle a aussi ses bons côtés) mais aussi des qualités.

Son ambiance, d’abord. Sa prose parfois très jolie (et parfois confuse, je dois l’avouer). Ses personnages très ordinaires et les extraordinaires plutôt moqués, de fait. L’histoire favorise l’Humanité et les souvenirs, et c’est ce qui rend la trilogie touchante selon moi.

Sans être totalement bouleversée par la fin, elle sonne néanmoins assez juste et force est de constater que cette série me manquera.

Va-t-on avoir « The Monstrumologist« , du même auteur, dans notre pays maintenant ? (s’il vous plaît s’il vous plaît s’il vous plaît ?)

« La faille fondamentale de l’humanité était justement son humanité. Cette tendance humaine autodestructrice et inutile, déconcertante, à éprouver de l’empathie, à se sacrifier, à avoir confiance, à imaginer quoi que ce soit en dehors des frontières de son propre organisme, a conduit l’espèce au bord de la destruction. Et pire, cela a menacé la survie de toute espèce sur la Terre. « 

 

***

Dans ma Pile à Lire (tellement de choses !) :

Harry Potter and the Cursed Child, par JK Rowling, John Tiffany et Jack Thorne

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, par Benjamin Alire Saenez

Opération Sweet Tooth, par Ian McEwan

Broken Soup, par Jenny Valentine

An Abundance of Katherines, par John Green (Le théorème des Katherines, en français)

Phobos 1 et 2, par Victor Dixen (pour peur que j’achète le 1)

« Juliette se demanda si elle allait se mettre à parler aux objets. »

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J’en ai marre de me laisser avoir par le temps…

Histoire :

Pour échapper à une atmosphère hautement toxique, ce qu’il reste de l’humanité s’est mise à l’abri dans un Silo gigantesque. Là, depuis plusieurs génération, la vie s’est faite dans le respect des lois, n’accordant au monde extérieur qu’un coup d’œil curieux via les caméras qu’il faut régulièrement nettoyer.

 

Avis :

Ah, pourquoi j’ai mis si longtemps à faire cet article ? (peut-être proportionnellement à ma vitesse de lecture… hem). Silo était fascinant, tant dans son monde que dans sa construction !

Le monde d’abord. Cet immense silo, perdu au milieu d’un monde ravagé et invivable, où partir en vacances signifie descendre ou monter 20 étages, où les morts servent d’engrais aux cultures, où on ne connait ni le Passé, ni les étoiles…

Ici, l’ordre est maintenu par des règles établies, la séparation des castes et le port d’un même vêtement (une salopette) dont la couleur indique le métier. Dès le plus jeune âge, on instruit sur la suffisance du Silo et l’importance de ne JAMAIS envisager de sortir. Ce sont ces idées folles qui, quelques générations plus tôt, ont conduit à l’insurrection qui a failli coûter la vie de tous.

L’harmonie réside dans l’obéissance. Se satisfaire du silo et de ses lois, c’est vivre heureux.

En soit, ça marche. Les gens sont malheureux quand ils ne sont pas tiré à la loterie (unique possibilité d’avoir des enfants, puisqu’un contrôle de la population aide à maintenir l’équilibre) mais ils savent que c’est pour leur bien.

Et même si, de temps à autre, il y a des réfractaires condamnés à sortir pour payer de leurs actes ou paroles, ce n’est pas si grave. Ceux qui meurent dehors prennent d’abord le temps de nettoyer les caméras, éclaircissant la vue du monde dans la cafétéria du premier étage.

Mais c’est dans sa construction que le roman m’a captivé, et là-dessus je pourrais nettement moins en dire pour ne pas spoiler. Mentionnons simplement que les narrateurs se passent le relais, petit à petit, et que du coup c’est trop bien (conclusion formidable, merci merci.) Si, au début, on ne sait pas exactement où on va au niveau de l’intrigue, on se laisse saisir par les personnages qui prennent la paroles et ça suffit amplement.

Et puis, au bout d’un moment, la vraie intrigue se lance, et là…

 

« Il faut beaucoup de silence pour entendre une note. »

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Histoire :

Une cité de phares noyée par des marées d’asphalte où la lumière est un langage. Une ville saturée de capteurs qui dématérialise les enfants qui la traversent. Un monde où la totalité du lexique a été privatisée. Un amant qui marche sur sa mémoire comme dans une rue…
En dix nouvelles ciselées dans une langue poétique et neuve, Alain Damasio donne corps à cet enjeu crucial : libérer la vie partout là où on la délave, la technicise ou l’emprisonne.

 

Avis :

Moi qui ne court d’ordinaire pas après les recueils de nouvelles, je me suis totalement laissée embarquer dans celui-ci ! Le monde d’Alain Damasio est si fou, si imagé, si original… qu’on y aperçoit presque des similitudes, des points ça et là qui pourraient nous faire penser que tout ceci se passe dans le même univers de dingue. Ce recueil m’a ainsi donné un grand sentiment de cohérence, de plusieurs histoires tirées d’une seule et même planète.

Après, bien sûr, certaines nouvelles nous plairont plus que d’autres. Elles fourmillent cependant toutes d’idées formidables, ce qui fait qu’on ne peut pas décider d’en lâcher une au milieu pour voir la suivante. On doit voir où cela nous mène. Et on s’y laisse entraîner au rythme de phrases incroyables, d’essais scripturaux, de dialogues improbables…

C’est beau. Magnifique même. Alain Damasio est un chef d’orchestre de la langue française, un joueur poétique. Il invente et réorganise mots comme syntaxes, et ça marche ! Mes coups de cœur vont à so phare away, C@pch@ et aucun souvenir assez solide.

Merci pour ces voyages tous plus forts les uns que les autres !

« Ce rendez-vous, j’y vais parce que j’y crois. »

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20 jours plus tard, Elka se tira des limbes…

En plus, ce post ne sera même pas logique puisqu’au lieu de parler du cas Jack Spark de Victor Dixen, je vais me concentrer sur U4-Jules, de Carole Trébor, que j’ai pourtant lu après.

Que donc pourquoi-t-il donc ? En fait je voulais tout simplement essayer d’ajouter un « + » à mes chroniques, quelque chose que j’aime bien faire (à défaut de le faire bien, mais c’est juste du travail ça) : lire. Je vous rassure, c’est optionnel, mais vous pouvez désormais m’écouter lire un extrait du livre critiqué.

Et si je ne commence pas par Jack Spark c’est tout simplement que je ne l’avais pas sous la main. Je pourrai normalement m’en charger ce weekend, néanmoins : j’espère donc fournir la critique suivante sous peu.

Après cette longue introduction, si on attaquait 2016 ?

 

Histoire :

Je m’appelle Jules. Je vis à Paris. La ville que j’observe du haut de mon cinquième étage n’est plus la mienne. J’ai recueilli une petite fille, elle s’appelle Alicia, je ne sais pas quel âge elle a ni pourquoi elle a survécu. C’est pour elle que j’irai au rendez-vous. Parce qu’il nous reste peut-être une dernière chance de sauver le monde.

 

Avis :

Jules est l’un des quatre points de vue que l’on peut choisir pour démarrer la série U4 (on dirait un peu Pokémon : choisies ton point de vue !). J’avais lu Stéphane, de Vincent Villeminot, et si j’ai pris Jules ensuite c’est à la fois parce que son point de vue est à l’opposé de celui de Stéphane (on pourrait mettre Stéphane et Yannis d’un côté et Jules et Koridwen de l’autre), mais aussi par préférence. Au risque de me faire huer, je n’ai vraiment pas aimé Nox, de Yves Grevet, j’ai donc préféré découvrir la plume de Carole Trébor.

Je ne le regrette pas du tout ! M’identifier à Jules a été un jeu d’enfant, on ne se ressemble pourtant pas vraiment. Jules, plutôt bouboule, nounours on a envie de penser, est accroc au jeu de Warrior of Time, au point de lasser ses amis et d’inquiéter ses parents. Quand la catastrophe déboule, néanmoins, c’est en se prenant pour son avatar qu’il réussit à se maîtriser, avant de s’en détacher pour endosser ses nouvelles responsabilités.

C’était un personnage adorable et touchant, que l’on sentait batailler tout du long pour garder la tête hors de l’eau et se trouver une place dans la communauté qu’il rejoint. Jules ne cesse de parler du Avant tout en portant un regard de plus en plus serein sur son Présent. Ça rendait son point de vue très intéressant et son évolution saisissante.

Je vous confirme donc qu’on ne s’ennuie pas en lisant deux U4 dans une période de temps réduite. C’est au contraire très agréable de voir l’envers du décors de certaines scènes et de découvrir ces autres personnages qui entraînent dans leur sillage encore d’autres figures, d’autres souvenirs, d’autres visions des choses.

Et que dire de la fin de ce tome qui me revient de temps à autre. Preuve que, pour moi, elle était parfaite.

Lecture :